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FIFA-ELECTIONLes candidatures à la présidence de la Fifa se sont multipliées avant la clôture des inscriptions, lundi soir à minuit. De Tokyo Sexwale à Michel Platini (qui n’est pas certain d’être autorisé à briguer le poste), ils sont potentiellement huit à tenter leur chance. Quelles sont leurs forces et leurs faiblesses ?

Le Prince: Ali Ben Al-Hussein (Jordanie, 39 ans)

 Son profil : membre de la famille royale jordanienne, Ali ben al-Hussein est le fils de feu le roi Hussein. Il est l’actuel président de la Fédération jordanienne. Il s’est fait connaître lors de la précédente élection à la présidence de la Fifa, le 29 dernier, en mettant Sepp Blatter en ballottage au 1er tour avant de se retirer.

Ses atouts : il est apparu en mai dernier comme un des opposants majeurs à Sepp Blatter.

Ses défauts : s’il était parvenu à récolter 73 voix (contre 133 à Blatter) lors du précédent scrutin, c’est surtout parce qu’il bénéficiait du soutien de Michel Platini et de l’Uefa. Un soutien qu’il a depuis perdu, notamment après avoir qualifié le Français «d’homme du système». Il ne fait pas non plus l’unanimité au sein de la Confédération asiatique.

Ses chances : il en a beaucoup moins qu’en mai dernier.

 L’inconnu : Jérôme Champagne (France, 57 ans)

 Son profil: il a d’abord mené une carrière de diplomate, en tant que secrétaire des Affaires étrangères. En 1998, lors de la Coupe du monde en France, il rencontre Sepp Blatter. Une fois élu à la présidence de la Fifa, le Suisse l’a nommé conseiller international de l’instance, où il est resté onze années avant d’être évincé en 2010. Il y a un an, le Français, ennemi de Michel Platini a été le premier à annoncer sa candidature à la présidence de la Fifa (pour l’élection de mai), prenant tout le monde de vitesse. Mais il n’était pas parvenu à réunir les cinq parrainages nécessaires pour se présenter.

Ses atouts : le sérieux de son programme, sa connaissance de la Fifa (un potentiel soutien de Blatter), et surtout, il assure cette fois posséder les cinq parrainages.

Ses défauts : son manque de notoriété, son passé à la Fifa, sa proximité avec Blatter, son inimitié avec Platini et l’Uefa.

Ses chances : il en a à peine plus qu’en mai dernier. C’est-à-dire quasiment aucune.

 L’ancien joueur : David Nakhid (Trinité-et-Tobago, 51 ans)

 Son profil: il y a quelques mois, David Ginola et Luis Figo avaient tenté leur chance dans la précédente course à la présidence de la Fifa. Cette fois, David Nakhid est, avec Michel Platini, le seul ancien joueur à se lancer dans la bataille. Mais il n’a pas le même pedigree que ses prédécesseurs. Il a été capitaine de Trinité-et-Tobago dans les années 1990, et a évolué au Grasshopper Zurich et au Paok. Il vit désormais au Liban où il dirige une académie de formation. Son credo ? Un rééquilibrage de la Fifa qu’il juge «actuellement dominée par l’Europe».

Ses atouts : sa connaissance du football, sa proximité avec Sepp Blatter (et ses réseaux)

Ses défauts : son manque d’expérience dans les instances, de notoriété, sa proximité avec Sepp Blatter (et ses affaires)

Ses chances : il n’en a quasiment aucune

 La potentielle surprise : Tokyo Sexwale (Afrique du Sud, 62 ans)

 Son profil: sa vie est un roman. Mosimo Gabriel Sexwale, dit Tokyo Sexwale, qui a annoncé sa candidature samedi, a grandi à Soweto, le township de Johannesburg. Partisan de l’African National Congress (Anc), il a été incarcéré jusqu’en juin 1990. Son compagnon de cellule n’était autre que Nelson Mandela. Plus récemment, il a été ministre du Logement. Il est également devenu un homme d’affaires multimillionnaire. Sexwale était membre du comité de candidature de la Coupe du monde 2010.

Ses atouts : il ne vient pas du monde du foot, et apparaît donc comme un homme neuf, il pourrait compter sur le soutien des fédérations africaines. Il jouit d’une image positive relative à son passé anti-apartheid.

Ses défauts : son expérience à la Fifa est limitée

Ses chances : elles sont réelles, surtout s’il parvient à séduire certaines fédérations européennes.

Le poids lourd : Cheikh Salman (Bahreïn, 49 ans)

 Son profil: Il est membre de la famille royale du Bahreïn. Président de la Confédération asiatique (Afc) depuis 2013, il occupe l’un des postes de vice-président de la Fifa. Après avoir annoncé sa candidature à quelques heures de la clôture des inscriptions, ce lundi, le Cheikh Salman, qui avait soutenu Platini ces derniers mois, a déclaré vouloir «remettre la Fifa sur la bonne voie».

Ses atouts : il est le patron tout puissant de l’Afc, et bénéficiera du soutien des fédérations asiatiques. Il a l’expérience du fonctionnement de la Fifa et des confédérations du foot mondial.

Ses défauts : Il avait été un partisan de l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar, dont les conditions font actuellement l’objet d’une enquête. Son rôle dans la répression du soulèvement démocratique de 2011 dans son pays fait également l’objet de critiques de la part d’organisations de défense des droits de l’Homme.

Ses chances : il fait figure de poids lourd de cette élection, voire de favori si Platini ne peut pas se présenter.

 Le facteur X : Michel Platini (France, 60 ans)

 Son profil: Il a d’abord été un incroyable footballeur, triple Ballon d’Or (1983, 1984 et 1985), champion d’Europe des nations en 1984. Il est ensuite devenu l’un des principaux dirigeants du foot mondial, conseiller spécial de Sepp Blatter en 1998, président de l’Uefa depuis 2007. Lors de l’élection de mai dernier, le Français avait soutenu le Prince Ali. Mais il y a trois semaines, la commission d’éthique de la Fifa l’a suspendu 90 jours (comme Sepp Blatter) pour avoir encaissé 2 millions de francs suisses de la Fifa. Pour le moment, sa candidature est donc gelée. Et le premier de ses deux appels a été rejeté.

Ses atouts : il bénéficie du soutien des fédérations européennes, il connait parfaitement le football et ses instances.

Ses défauts : Pourra-t-il seulement se présenter ?

Ses chances : Il était le grand favori de l’élection jusqu’à sa mise en cause par la justice suisse. S’il parvient à se présenter, Platini a de bonnes chances de remporter le scrutin. S’il parvient à se présenter…

 Le plan B : Gianni Infantino (45 ans, Suisse)

 Son profil: Si vous avez déjà assisté à un tirage au sort d’une compétition européenne, vous avez sûrement aperçu Gianni Infantino. Avocat de profession, ancien secrétaire général du Centre de recherche sur le sport (Cies), le Suisse a intégré l’Uefa en 2000. Il y a gravi les échelons jusqu’à devenir le bras droit de Michel Platini. Il est devenu le plan B de l’Uefa dans la course à la présidence si le Français est suspendu.

Ses atouts : il pourrait avoir le soutien de l’Uefa, il connaît les instances du foot.

Ses défauts : il manque de notoriété, c’est un proche de Platini.

Ses chances : un candidat soutenu par les fédérations européennes a du poids.

 Le candidat de dernière minute : Musa Bility (Libéria, 48 ans)

 Son profil:homme d’affaire qui a fait fortune dans le pétrole et le ciment, Musa Bility est le président de la Fédération du Libéria depuis 2010. À peine Blatter et Platini avaient-ils été suspendus, il y a trois semaines, qu’il avait réclamé leur démission.

Ses atouts : il a visiblement obtenu les cinq parrainages…

Ses défauts : il ne bénéficie pas du soutien de la Confédération africaine. En 2013, il avait été suspendu six mois par la Caf pour avoir eu en sa possession des documents confidentiels de l’instance continentale.

Ses chances : elles sont infimes.