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Michel ADJAKA et ses collèguent renouent avec les grèves.
Michel Adjaka souhaite une élection paisible et crédible

Le président de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab), Michel Adjaka, s’intéresse à l’organisation de la présidentielle qui profile à l’horizon. Dans un post sur sa page facebook h++ier mercredi 16 décembre 2015, Michel Adjaka, rappelle les disfonctionnements qui ont été constatées lors des dernières joutes électorales et souhaite que la Commission électorale nationale autonome (Céna) s’en inspire pour garantir la régularité et la sincérité du vote du 28 février 2016. Au terme du processus, M. Adjaka attend que la Céna puisse publier les tendances quelques heures après la clôture du dernier poste de vote.

Aux termes, de l’article 2 du Code électoral « L’élection est le choix libre par le peuple du ou des citoyens appelés à conduire, à gérer ou à participer à la gestion des affaires publiques.» Elle est gérée au Bénin par une structure administrative permanente dénommée «Commission électorale nationale autonome (Céna).»
La Céna a un budget autonome et dispose de tout pouvoir d’investigations pour assurer la sincérité du vote. Elle jouit d’une réelle autonomie par rapport aux institutions de la République.
Comme structure d’appui de la Céna, le législateur a créé des coordinations d’arrondissement. L’article 28 dudit Code dispose que « Dans chaque arrondissement, pour chaque échéance électorale, l’organisation et la gestion des élections sont assurées par la Commission électorale nationale autonome (Céna) qui désigne un coordonnateur par arrondissement sur toute l’étendue du territoire national.
Le coordonnateur d’arrondissement est chargé de superviser toutes les actions relatives à l’organisation et au déroulement du vote.
Le coordonnateur est désigné prioritairement parmi les magistrats encore en exercice ou à la retraite, les avocats inscrits au barreau, les greffiers en chef titulaires de maîtrise en droit ayant au moins cinq (05) années d’exercice, les greffiers en chef ayant vingt (20) années de pratique professionnelle, les greffiers ayant le niveau de maîtrise en droit (baccalauréat + 4 ans d’études supérieures) et ayant au moins sept (07) ans d’exercice et les greffiers ayant plus de vingt (20) années d’exercice.
A défaut de magistrat, d’avocat ou de greffier, le coordonnateur d’arrondissement peut être désigné parmi les administrateurs civils en fonction ou à la retraite.
A défaut d’administrateur civil, le coordonnateur peut être désigné parmi les cadres de la catégorie A ou équivalent en fonction ou à la retraite.
Les coordonnateurs d’arrondissement sont nommés par la Commission électorale nationale autonome (Céna) et devront rejoindre l’arrondissement dont ils ont la charge sept (07) jours avant le jour du scrutin. Leur mission prendra fin sept (07) jours après le scrutin.»
Suivant la Décision n°045/Céna/Pt/Vp/Cb/Sep/Sp portant nomination et attributions des coordonnateurs d’arrondissement pour les consultations électorales de 2015 en République du Bénin, la Céna a publié la liste des coordonnateurs d’arrondissement au titre de 2015.
Des irrégularités constatées
Cette liste a été établie au mépris de l’article 28 sus-cité en ce qu’elle n’a donné aucune priorité aux magistrats, mis en conflit avec d’autres candidats à la fonction de coordonnateur d’arrondissement.
Des magistrats ont été même évincés, pour des raisons inavouées, au profit de gens au parcours professionnel inconnu et inexistant.
Mieux, des tracasseries administratives de nature à les décourager ont été inventées et imposées aux magistrats. Ceux qui ont réussi à affronter avec succès ces obstacles ont eu une collaboration difficile et douloureuse avec la Céna.
Sur le théâtre de cette mission républicaine, beaucoup de coordonnateurs d’arrondissement ont été confrontés à la défaillance du matériel électoral au point que les élections locales ont dû être reportées dans certaines localités. Les garanties prévues par la loi pour limiter ou éviter la fraude n’ont pas convenablement fonctionné. Les techniques modernes de centralisation des résultats n’ont pas été utilisées. Conséquence, les grandes tendances ou les résultats ont été publiés ou proclamés plusieurs semaines après le vote, alors que dans la sous-région, la plupart des structures organisatrices des élections ont gagné le pari de la publication des résultats dans un temps voisin de la fermeture des bureaux de vote.
En d’autres termes, la Céna a éprouvé la patience du peuple béninois.
Des précautions
Pour éviter que ces dysfonctionnements, qui risquent de déteindre sur l’image de la magistrature béninoise, embarquée par la loi dans cette aventure républicaine, il importe que la Céna :
-évalue la gestion qu’elle a faite des deux dernières élections,
-recrute, conformément à l’article 28 du Code électoral les coordonnateurs d’arrondissement,
-les forme à temps afin qu’ils procèdent à leur tour à la formation des membres des bureaux de vote,
-pourvoit tous les bureaux de vote de représentants de la majorité et de la minorité,
-exige des présidents de bureaux de vote d’afficher les résultats dès le dépouillement terminé, acheminent les plis accompagnés des représentants de la majorité et de la minorité ainsi que des assesseurs,
-exige des coordonnateurs d’arrondissement qu’ils fassent la centralisation des plis scellés en présence des présidents des postes de vote, des représentants de la majorité et de la minorité parlementaires, des représentants des candidats, de listes de candidats ou de partis politiques ou alliances de partis politiques,
-mette les coordonnateurs d’arrondissement en réseau avec elle pour faciliter la transmission des résultats au moyen de techniques modernes avant leur acheminement par les canaux traditionnels,
-donne les moyens nécessaires aux coordonnateurs d’arrondissement afin que les urnes soient convoyées sans délai à son siège.
Nous avons le devoir, pour éviter les crises post électorales, de mieux organiser les élections à venir et d’en publier à temps les résultats.
L’Unamab pour préserver la magistrature béninoise du discrédit qui pourrait résulter d’une présidentielle mal organisée a intérêt a tiré très tôt la sonnette d’alarme afin que la Céna publie l’intégralité de sa feuille de route.
Michel Adjaka