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presidentielle-2016Dans 10 mois, l’alternance interviendra au sommet de l’Etat. De potentiels candidats s’annoncent et le bulletin unique en aura pour son compte. Seulement, à 10 mois de cette échéance qui tournera définitivement la page ouverte depuis 2006 avec Yayi Boni, aucun sondage ne révèle le nom du futur président de la République. Dans ces conditions, il n’est pas exclu qu’un néophyte franchisse le perron de la Marina. Et bonjour les dégâts !

Les Béninois ne savent pas encore qui sera leur prochain chef d’Etat. Ils sont partagés entre l’éventail des candidats composé de ceux qu’on pourrait qualifier de candidats sérieux, de moins sérieux, de plaisantins, et d’éphémères en balade de santé. Les présidentiables aux joutes de 2016 sont nombreux et rivalisent d’opération de charme. Mais la magistrature suprême ne se colle pas encore à un nom. Le jeu est très ouvert. Pressé de s’en aller, le chef de l’Etat a déjà convoqué le corps électoral pour le premier tour de la présidentielle en février 2016. Dans les discussions, reviennent assez souvent les noms tels que Abdoulaye Bio Tchané, Général Gbian Robert, Pascal Irénée Koupaki, Général Fernand Amoussou, Mathurin C. Nago, Joseph Djogbénou, Léhady Soglo, Eric Houndété, Janvier Yahouédéou…Mais, qui de tous ceux-là, sur la base de statistiques et autres arguments, peut prétendre réunir 30% de l’électoral béninois au premier tour ? Dans l’opinion publique, chacun fait des analyses plutôt partisanes. Dans tous les cas, c’est le destin du pays qui se joue ainsi dans cette incertitude. Il est bien dommage qu’à pareil moment, le pays en soit encore à cette étape à chercher dans la fourmilière, le nom de son futur président. A 10 mois avant les élections, on devrait être sûr de trois noms que le scrutin départagerait. Malheureusement, tel n’est pas le cas. Les causes profondes de tels errements résident dans le système partisan béninois. Le sens du multipartisme intégral consacré par la Constitution, ayant été galvaudé, le pays se gère hélas, comme une épicerie.

 Conséquences

 La classe politique n’a préparé personne pour remplacer Yayi Boni dont le dernier mandant constitutionnel arrive à terme le 5 avril 2016 à minuit. Il est d’ores et déjà évident que le futur président de la République, sera l’un de ceux qui auraient eu la chance de parvenir au second tour. Il aurait été gagnant par chance. Il ne sera point le président que la classe politique aurait préparé à cette fonction la plus élevée qui requiert de son titulaire un sens très élevé de responsabilité, de la pondération et un projet de société assorti d’échéances et d’un programme de suivi-évaluation des actions de ses différents gouvernements successifs. Les conséquences premières d’une telle aventure, qui conduit à désigner un président de la République par chance, à l’issue des suffrages électoraux, sont l’improvisation et la médiocrité. Il en découle que pour retrouver ses marques, le nouveau président de la République passe environ 3 ans à se chercher, et dès qu’il s’aperçoit qu’il n’a pas comblé les attentes, au lieu de commencer par se retirer d’affaires, il se lance à la recherche d’un second mandat. Et ainsi, c’est l’éternel recommencement depuis 1991. L’idéal serait de trouver la solution adéquate au système partisan qui se divise en deux tendances majeures, comme en France et aux Etats-Unis d’Amérique. Il est loisible à chaque tendance, de connaître des ramifications en tenant compte des degrés de « sévérité : absolu, centriste, extrême ». Qu’est-ce que la fonction présidentielle ? Qu’est-ce qu’un projet de société ? Qu’est-ce qu’une vision de développement ? Comment s’élabore-t-elle et comment se met-elle en œuvre ? Comment décline-t-on la vision en actions ? Que peut-on faire en un quinquennat ? Quelles sont les priorités pour le peuple ? Les ambitions pour être président de la République, ne doivent pas puiser simplement leur fondement dans le seul fait, qu’au sommet de la hiérarchie sociale, on veut parachever sa vie avec des honneurs. La charge de chef de l’Etat est très lourde pour être une affaire de simple ambition. Le président de la République doit être en mesure de répondre efficacement aux questions précédentes. Cela passe par un apprentissage, un cumul d’expériences dans la gestion des affaires et des crises sociales. La perspicacité du président de la République à réussir son mandat, le prédestine grand homme d’Etat. Au terme de son séjour à la présidence de la République, les impacts sur sa morphologie sont visibles. L’usure du pouvoir en quelques années est imparable. Mais, il faut bien quelqu’un pour assumer ses charges républicaines.

 J-C K