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Katari
André Katari conduira le processus éléctoral

(En attendant, André Katari aux commandes)

La nouvelle équipe de la Cour constitutionnelle élit ce jour son président. Election sans suspense, elle révèlera le nom de celui qui conduira les destinées de la Haute juridiction jusqu’en juin 2023. A cette occasion, les débats seront dirigés par le doyen d’âge des sept conseillers, André Katari.

Le compte à rebours pour l’élection du nouveau président de la Cour constitutionnelle a commencé. Quelques heures après leur entrée en fonction hier mercredi 06 juin 2018 à travers le serment prêté  devant le président de la République, les sept nouveaux sages  sont appelés à choisir aujourd’hui leur chef de file. Le résultat du vote déterminera celui qui s’installera dans le fauteuil que vient de laisser Théodore Holo. A la même occasion, ils désigneront le vice-président. En vertu de l’article 06 du règlement intérieur de la Cour constitutionnelle, ces élections doivent  intervenir dans les huit jours suivant l’installation des nouveaux conseillers. Le même dispositif stipule que c’est le doyen d’âge des sages qui  est chargé de convoquer les membres de l’Institution pour organiser le vote. Etant le plus âgé parmi eux, c’est André Katari qui prend les commandes pour diriger le processus. Cadre du ministère de l’Agriculture à la retraite,  il est l’un des représentants  du chef de l’Etat à la Cour constitutionnelle. Tout ira vite en raison de la parfaite entente qu’on a remarqué déjà entre les conseillers. Ce qui devrait empêcher une multitude de candidatures.  En dehors du doyen d’âge, les six membres restant sont tous qualifiés pour postuler. Mais tous n’ont pas les mêmes chances.  Il s’agit de  Joseph Djogbénou, Razaki Amouda Issifou,  Rigobert Azon,  Moustapha Fassassi, (désignés par le Parlement)  Cécile Marie-José de Dravo Zinzindohoué, Sylvain Nouwatin (représentants du chef de l’Etat).

 Le grand favori…….  

 Qui dirigera la Cour constitutionnelle du Bénin pendant les cinq prochaines années? L’heure n’est pas au grand suspense quand on sait que le nom de Joseph Djogbénou échappe à des indiscrétions au sommet de l’Etat. Parmi les sept conseillers, tous capables de porter cette lourde charge, les circonstances de sa désignation et ses accointances avec le chef de l’Etat  le présentent comme le super favori. Ancien ministre de la Justice, précédemment avocat personnel de Patrice Talon, Joseph Djogbénou est  honoré d’une très grande confiance toute présidentielle. Il semble bien être en parfaite intelligence avec celui qui fut son client  dans nombre de procès défendus avec succès.  Devenu  ministre de Patrice Talon après avoir été un artisan de la victoire de ce dernier à la présidentielle de 2016, il s’est déjà vu confier la gestion de plusieurs dossiers chauds qui tiennent à cœur au chef du gouvernement. Du projet de relecture de la constitution à la supervision de la Commission nationale du Ravip en passant par la coordination de la commission en charge de la réorganisation du secteur de la pharmacie, dernière mission qu’il n’a pu démarrer avant d’être appelé à la Cour constitutionnelle, il ne fait pas l’ombre d’un doute, qu’il reste l’homme de confiance du Patron de la Marina. Sauf l’échec de la révision du projet de la Constitution, qui ne dépendait d’ailleurs pas de lui, il a conduit avec plus ou moins de succès les missions qui lui sont confiées. C’est le privilégié des privilégiés qui atterrit à la Cour constitutionnelle. Pas pour jouer les seconds rôles. A moins qu’il s’agisse d’un mauvais coup pour lui, il est promu pour jouer les premiers rôles au sein de la Cour constitutionnelle. Le contraire étonnera  et lui ouvrira la voie d’une descente aux enfers contre laquelle, son statut d’avocat émérite et de loyal serviteur du chef de l’Etat ne peut rien faire. Peut-être que le président de la République a une autre idée derrière la tête qui pourrait se traduire par sa volonté de mettre fin à l’omniprésence de son poulain sur des dossiers et d’arrêter son ascendance sur l’équipe gouvernementale. Dans le cercle fermé du chef de l’Etat, Joseph Djogbénou bénéficie des privilèges qui brisent les élans de ténors du régime, qui ne pouvant pas supporter, tournent dos à l’équipe ou se réduisent au silence. Est-ce que le président de la République a fini par en prendre conscience et a voulu régler la question en mettant fin à sa collaboration ? Peut-être oui ! Si Joseph Djogbénou n’est pas  élu président de la Cour constitutionnelle ce jour, cela veut dire que sa nomination pour  siéger au sein de l’Institution se révèle contre productive pour lui. Alors qu’il était au gouvernement, sa désignation par le bureau de l’Assemblée nationale continue de   susciter beaucoup d’interrogations au sein de l’opinion publique sans que personne ne décrypte le sens de cette manœuvre. Pour ceux qui ne souhaitent pas voir l’avocat à la tête de l’Institution durant les cinq prochaines années, ils rêvent de voir cette désignation avoir raison de l’amitié entre  le promu et Patrice Talon.

 D’autres plans envisageables

 Malgré tous les arguments qui plaident en faveur de l’agrégé de droit, Joseph Djogbénou ne devrait pas dormir sur ses lauriers. On ne manque pas de citer comme joker, Sylvain Nouwatin, désigné par le chef de l’Etat. Magistrat à la retraite, homme de grande discrétion, il connait mieux que quiconque au sein de la nouvelle équipe, les méandres de l’Institution pour y avoir servi en qualité de Secrétaire général. Ancien président de la Commission électorale nationale autonome, (Cena) il ne manque pas d’atouts pour succéder à Théodore Holo. Mais la plus grande surprise pourrait venir d’une femme. Professeur assistant de droit dans les universités  du Bénin, Cécile Marie-José de Dravo Zinzindohoué, tout aussi discrète et femme de caractère, bénéficie d’un faisceau d’atouts qui la  prédisposent à assumer avec honneur, probité et patriotisme cette nouvelle fonction. En soulignant plus haut qu’ils sont tous capables de porter cette charge, c’est parce que ceux qui composent la Cour Constitutionnelle ont à cœur de préserver l’intérêt supérieur de la Nation. Tous prêtent le même serment et sont tenus de se soumettre au secret des délibérations. Maintenant qu’ils sont en fonction, ils doivent prouver au peuple tout le bien qu’il pense d’eux.

 Fidèle Nanga