Spread the love
URNE
Plusieurs électeurs empêchés d’accomplir leur devoir civique dimanche prochain

 Avec le report des communales et des locales autorisé par la Cour constitutionnelle, beaucoup pensaient que les questions liées non seulement aux cartes d’électeur qui n’avaient pas été distribuées avant les élections législatives, mais aussi à la prise en compte des citoyens en âge de voter au 28 juin prochain et à l’intégration des électeurs oubliés, comme l’a exigé la Cour constitutionnelle seraient réglées. Erreur! Le Cnt et la Céna n’ont pas pu solutionner ces problèmes à temps. Conséquence : plus de 400 mille électeurs ne pourront aller voter dimanche prochain.

Alors que la campagne électorale pour le compte des élections communales et locales du 28 juin 2015 bat toujours son plein, la Commission électorale nationale autonome (Céna) ne pourra pas lancer une nouvelle opération de distribution des cartes d’électeur. Selon les propos de la vice-présidente de l’Institution, Geneviève Boko Nadjo, elle n’est plus en mesure de le faire malgré que le Cnt lui ait transmis les cartes concernées. La principale raison avancée met en relief la lenteur qui a caractérisé la démarche du Cnt. Ce dernier a attendu une semaine avant le jour du scrutin pour acheminer les cartes à sa possession à la Céna. Plus précisément, c’est le samedi 20 juin que les pièces ont été réceptionnées par la Commission électorale. Il n’y a que huit jours qui séparent l’échéance du 28 juin et la date de réception. La Céna estime que ce délai ne lui permet pas de procéder à une distribution complémentaire et à analyser la position de cette institution, aucune issue n’est plus envisagée pour permettre à plus de 430000 électeurs d’accomplir leur vote. Trois catégories de citoyens sont victimes de cette situation. Le premier groupe est composé des électeurs qui n’avaient pas retiré leurs cartes à l’occasion des élections législatives. Dans le deuxième groupe, il y a les oubliés du fichier électoral mais réintégrés suite à la décision Dcc 15-089 du 14 avril 2015 par laquelle la Cour a sommé le Cnt d’intégrer 600 personnes d’Agonmèkomey à la Lépi. Tout cela fait environ 339000 électeurs. Enfin les derniers concernés sont les citoyens qui auront l’âge de voter à compter du 28 juin prochain, le jour du scrutin. Ils sont entre 92000 et 100000. L’ensemble de ces plus de 430000 électeurs, représente environ 10% de l’électorat. Pour la Céna, ils n’ont pas à s’en prendre à elle, mais au Cnt. Elle dégage toute sa responsabilité en pointant un doigt accusateur sur l’équipe que dirige Kassimou Chabi. Du coup, on se demande ce qui a pu retarder le Cnt à acheminer les cartes à temps, malgré le report qui était l’ultime occasion dont les deux structures auraient pu profiter pour surmonter leurs difficultés. Si la Céna estime qu’elle n’a plus la tête à la distribution des cartes pour raison de temps matériel, c’est pour indiquer que le Cnt ne veut pas lui faciliter le boulot.

 Fidèle Nanga

 Le Cnt, principal accusé

 On l’avait dit et on en est encore convaincu aujourd’hui. Le Centre national de traitement (Cnt) est une boîte à problèmes pour le processus électoral et la démocratie béninoise. Alors que les souvenirs du KO de 2011 de triste mémoire dont il est la cheville ouvrière n’ont pas fini de s’estomper, que déjà il porte de sérieux coups au processus électoral en cours. Amputé de son superviseur qu’est le Cos-Lépi, le Cnt ne fait que cafouiller depuis. Problèmes de maitrise ou preuve de mauvaise foi. Toujours est-ils que le Cnt n’a jamais rassuré. Ceux qui avaient condamné la décision Dcc 15-089 du 14 avril 2015, ont vu juste. C’est dangereux d’avoir écarté le Cos-Lépi et de donner pleins pouvoirs au Cnt de continuer seul le travail. Il est en dessous des attentes et des résultats. Comment ne pas blâmer ce Cnt, machine à fabriquer le KO, quand on se rend compte qu’il fait du tort aux citoyens en les privant de leur devoir civique. Comment ne pas le condamner quand on sait qu’il a attendu la dernière minute avant de livrer les cartes. Comment ne pas lui jeter la pierre, surtout quand il sait que le Code électoral en République du Bénin lui fait obligation qu’après achèvement de la distribution des cartes par ses soins, celles non retirées sont dénombrées, mises sous scellés et entreposées dans des cantines consignées entre les mains du Secrétaire exécutif de la Céna ? Il n’est pas censé ignoré que la liste des personnes concernées est établie par Commune et publiée par voie d’affichage. Pour n’avoir pas respecté toutes ces dispositions de la loi, son comportement est sujet à interrogation. Comment pourrait-il expliquer tout ce retard dans la transmission à la Céna des cartes non retirées par leurs titulaires ? Cela cache des intentions malsaines.

 FN

 Il faut accuser aussi la Céna

 Sa ligne de défense n’est pas si solide qu’elle pense le faire croire. Elle savait que ce processus devrait durer huit jours conformément aux dispositions de l’article 183, alinéa 5 du Code électoral en République du Bénin. Fort de cela, elle devrait mettre en place son dispositif et aussitôt les cartes transmises elle le déploie sur le terrain. Ce qu’elle n’a pas fait. Selon nos informations, la plupart de ses agents et même des membres du bureau étaient à l’intérieur du pays pour former le personnel qui sera utilisé le jour du scrutin. En clair, la Céna même ne s’est pas apprêtée pour faire le travail et si elle devrait être un peu conséquente, elle allait reconnaître qu’elle pourrait organiser la distribution complémentaire dans la mesure du temps dont elle dispose pour ne pas pénaliser cet important nombre d’électeurs.

FN