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AMAVIAprès la catastrophe du lac Toho constatée ce lundi 21 mai 2018 à Kpinnou dans la commune d’Athiémé, les poissons empoisonnés ont été incinéré ce mardi 22 mai 2018. C’est la principale information donnée par le maire de la commune d’Athiémé, Joseph Amavi anani, joint par la radio Océan Fm. Il parle également dispositions prises pour gérer cette situation en attendant le résultat des prélèvements. Lire ci-dessous l’intégralité de l’entretien.

Comment se porte la commune d’Athiémé 48h après le constat de cette catastrophe ?

On a constaté un phénomène qui paraît encore bizarre pour nous en ce moment parce que les analyses n’ont pas encore permis d’avoir les résultats. Nous attendons donc et il faut dire que nous avons pris des mesures. Hier par exemple, on a procédé à l’incinération des poissons. On a creusé et incinéré tous les poissons. Il y a des policiers, des militaires qui ont monté la garde un peu partout. Le préfet a pris un arrêté pour interdire toute activité sur le lac. Il a également interdit la commercialisation des poissons notamment les Tilapia dans la zone de Lokossa-Athiémé et dans les localités environnantes. Jusque là, le phénomène s’est atténué. L’effet ne se constate plus comme ce qu’on a vécu il y a deux jours.

L’effet, ça s’attenue. C’est-à-dire ?

De plus en plus, les quelques rares poissons qui restent ne meurent plus depuis hier. Donc, je crois que les signes du poison ont commencé par s’atténuer.

Et ces poissons que vous pensez vivants, sont-ils interdits à la consommation ?

Comme je viens de le dire, il est interdit toute activité sur le lac. Les pêcheurs ont été réunis hier soir et on les a sensibilisés, parce que pour les gens, c’est une manne tombé du ciel. C’était un don du ciel, que les poissons viennent à eux, qu’ils ramassent gracieusement. Mais on leur a fait comprendre que l’effet du poison peut être lent et puisqu’ils disent qu’ils consomment depuis quatre jours, et qu’ils n’ont rien eu, on leur a expliqué que l’effet du poison peut ne pas être immédiat. Donc le mieux pour nous tous, c’est d’éviter la consommation de ce type de poisson. On a donc pris des mesures draconiennes pour les obliger à ne pas continuer à consommer ce poisson là.

Avez-vous la garantie qu’entre temps, les poissons n’ont pas été transformés ou fumés pour être commercialiser ou exporter vers d’autres villes ?

Oui évidemment. C’est là le problème puisque avant cela, il y a peut être une bonne quantité qui a été amenée ailleurs. Il y a six jours, on nous a rapporté que quelqu’un a surpris une quantité impressionnante de poisson. Comme il a vu que c’était relativement moins chers, il en a pris suffisamment. Mais actuellement, ce qui est encore sur le territoire de la commune, et dans les communes environnantes comme Lokossa notamment, il est interdit la commercialisation.  On a pris des poissons qu’on a surpris. On a demandé aux pêcheurs qui étaient encore sur le lac de cesser leurs activités. Actuellement il y a une patrouille sur le lac.

Sur le plan sanitaire, avez-vous pensé à des mesures de surveillance pour la prise en charge d’éventuels cas de maladies dû à cette situation ?

Evidemment. Depuis hier, il y a eu une séance avec la direction départementale de la santé avec les agents de la santé. Le directeur départemental, a fait  le tour de tous les centres de  santé qu’il y a dans toutes les localités. Au niveau de Athiémé, ils ont sensibilisé sur la manière dont il faut se comporter face à des cas du genre. Mais jusque là, on n’a encore rien enregistré comme cas qui se plaigne de maux de ventre et qu’on pourrait rattacher à ce phénomène là.

Il y a t-il des dispositions pour atténuer le coût économique que subissent les pêcheurs, les commerçants ou par exemple le promoteur de la ferme qui a perdu des tonnes de poissons dans cette catastrophe?

L’urgence actuellement, c’est d’arrêter la propagation du phénomène. C’est d’éviter que la commercialisation continue, éviter que les populations consomment. Le reste, on va voir ça par la suite. C’est vrai que le promoteur Olivier Zaga, est celui qui a subi le plus grand coup. Les directions qui sont allées le voir, certaines individualités lui promettent peut être des appuis en ce qui concerne du matériel par exemple. Mais de façon formelle, rien n’a été encore décidé par rapport à ça.

Est-ce que c’est la première fois que Athiémé connait une telle situation ?

C’est la première fois que nous constatons un phénomène aussi important.

Propos recueillis par Rachida Houssou

Transcription : Léonce Adjévi