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yayi-soglo-ajavonLes symptômes de la mort de l’opposition avant l’échéance du 28 avril sont assez visibles. A force d’entretenir des querelles inutiles, l’opposition se délite profondément au grand bonheur des partis de la majorité présidentielle.

Les sangsues de l’opposition sont au sein de l’opposition. Ces ténors adeptes de la division ont révélé au grand jour le fond de leurs intentions nocives. Peu à peu, la machine de l’opposition se déstructure sous le sceau de querelles de clocher et de leadership. L’image que l’opinion avait de cette opposition  a vite tourné au cauchemar. Les ‘’grands gaillards politiques’’ n’arrivent toujours pas à cultiver le bon sens pour l’intérêt commun. A cette allure, on se demande fondamentalement ce qu’ils réussiront à construire ensemble, car la confiance, principe de base de toute entreprise est quasiment absente au niveau des leaders de l’opposition. L’ambition de créer un grand parti est étouffée par les manèges de politiciens cyniques, des gens qui ont prouvé pendant des années leur obsession à diviser pour régner. On éprouve de la peine pour cette opposition pleine de sève, mais que le cœur a décimé sans appel. Des hommes sans grandeur ont tué l’ambition de plusieurs militants de faire douter les partis de la majorité présidentielle. Sans être opposant, on éprouve à des moments donnés, de la colère vive et de l’amertume face à cette hécatombe fabriquée par un groupuscule de politiciens adeptes de la division. Un beau présage, une toile neuve de l’unité déchirée et noircie par des leaders possessifs jusqu’au aux entrailles. L’ambition de parti fort enterrée, certains ont essayé de sauver les meubles en optant pour une liste unique au sein de l’opposition. Même si le schéma paraît quelque peu complexe sur le plan de la légalité, il est enviable au regard du bon sens. L’idée était fédératrice, car c’était un appel à l’unité qui devrait permettre de gagner, ensemble, même si on est dispersé. Il est utile de s’arrêter et de féliciter ces esprits du bien qui ont pensé jusqu’à la dernière minute que les acteurs de l’opposition pouvaient trouver dans leur division, les raisons profondes d’unité. L’ambition a été proclamée avec emphase au siège de la Renaissance du Bénin à Vidolé, mais le rêve n’a duré que quelques jours. Le feu allumé a été vite éteint par les mêmes adeptes de la division. Cette gangrène humaine ronge l’opposition et l’empêche de se mouvoir. La faiblesse de l’opposition actuellement conforte royalement les partis de la majorité présidentielle. Au-delà du fait qu’ils sont déjà assez organisés, les grandes forces de la majorité occupent patiemment et aisément le terrain sans bruit. La division des partis de l’opposition donne une longueur d’avance aux partis de la mouvance qui sont, au regard des indices politiques, en avance par. L’opposition aura payé par son inorganisation. Elle paiera durement le coup, car en face les partis de la majorité sont très organisés et actifs sur le terrain. A tout cela s’ajoute leur avantage comparatif en qualité de forces du pouvoir. Tout cela conforte leur présence sur le terrain et leur capacité réelle à tuer dans l’œuf les actions de l’opposition. La réalité politique échappe royalement à l’opposition qui n’a plus assez de moyens pour s’exprimer.

 Abdourhamane Touré