Spread the love
Honfo-charlemagne
Charlemangne Honfo n’a pas convaincu

Charlemagne Honfo, porte-parole du Parti du renouveau démocratique (Prd), s’est donné à un exercice périlleux dimanche 24 janvier 2016, sur l’une des radios privées de la place. Il a tenté, en vain,  de justifier le choix fait par son parti de supporter la candidature de Lionel Zinsou à l’élection de février. Le  Maire de Sèmè-Podji a  demandé pardon aux militants que ce choix a offusqués.

Les élucubrations de Charlemagne Honfo n’y suffiront pas ! Le Maire de Sèmè-Kpodji, visiblement en mission pour laver l’affront, n’a pas convaincu. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Charlemagne Honfo a, dimanche dernier, usé de toutes les circonvolutions intellectuelles et,  imaginé tous les scénarios possibles. D’habitude convaincant et d’un naturel beau-parleur,  le porte-parole du Prd n’y a pas cru. L’os du choix de Zinsou reste en travers de la gorge des populations. Cette fois-ci, le Prd a tout faux. La saignée et les départs se multiplient. La dernière en date, celui d’un vice-président : Abdel Kader Gbadamassi. Au cours d’un point de presse organisé ce samedi 23 janvier, celui qui a claqué la porte a qualifié  le choix porté sur le Premier ministre de « scandale qui viole les textes qui régissent le parti ». Il dénonce, par ailleurs, le caractère « arbitraire et unilatéral » de la décision. Selon le vice-président démissionnaire, l’alliance Fcbe-Prd-Rb est un « marché de dupes ». Pour  Abdel Kader Gbadamassi,  le « régime ventilateur d’ après nous, c’est nous » ne doit pas être pérennisé. Une rupture s’impose. En réponse, le porte-parole pense qu’au  Prd, on n’invente pas. « Nous sommes restés constants sur notre ligne. Et je pense que Lionel Zinsou a les capacités de gérer le pays,  car nous sommes à une étape de transformation et de transition qui conduira le pays au développement ». Cependant, il sera difficile de dédouaner le Prd pour avoir soutenu le candidat d’un régime qu’il a combattu pendant une dizaine d’années. Et, qui plus est, lui a infligé un  triste « k.o »,   des plus contestés de l’histoire politique du pays, en empêchant son leader d’exercer le pouvoir d’Etat et d’accéder à la magistrature suprême.
« C’est Houngbédji qui supporte un candidat »
L’actuelle antienne du Prd  à savoir que « Lionel Zinsou n’est pas Boni Yayi et que Boni Yayi n’est pas Lionel Zinsou », ne va pas suffire à effacer les scandales des plus effarants commis sous le régime Fcbe. Car, au fond, si, comme ils le prétendent, les leaders du Prd devraient suivre leur logique jusqu’au bout, ils devraient demander des comptes au gouvernement au nom des populations.  Le parti devrait être en première ligne pour exiger des comptes. Dire, comme Charlemagne Honfo le prétend,  que « la gestion de Yayi Boni n’engage pas Lionel Zinsou », cela est faux. Carmême si,Lionel Zinsou « n’a jamais commis une malversation », il sera comptable du bilan des dix pires années que l’économie béninoise, complètement siphonnée, aura connues.Si, par extraordinaire, il devenait chef de l’Etat,  il répondra des crimes politico-financiers de la Refondation. D’ailleurs, en échos à tout ce qu’il a dit, et comme un aveu douloureux, le Maire de Sèmè-kpodji, certainement mal à l’aise et coincé,  va cracher le morceau. Sa confession : « C’est le président Houngbédji qui supporte un candidat et non Boni Yayi ».  Ce choix lui reste donc en travers de la gorge, comme la plupart des militants. Il n’y adhère pas « vraiment ». Mais, qu’est-ce qu’il peut y faire ?C’est le choix unilatéral du chef du parti. Du bout des lèvres, le porte-parole le concède et demande l’indulgence des siens. Il demande pardon au peuple béninois et aux militants et sympathisants du  parti qui se sentent une fois de plus floués : « Je demande une fois de plus pardon au peuple béninois. Nous ne sommes pas devins. Peut-être que le choix a plu ou n’a pas plu, je leur demande de laisser. Celui qui a fait mal aujourd’hui, peut bien faire demain».
Wilfrid Noubadan