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Les citoyens se plaignent des choix du gouvernement Talon

Ces dernières semaines ont vu le gouvernement acculé sur plusieurs fronts. Du dossier Sécuriport, au cas Ajavon, en passant par le déguerpissement, le gouvernement est interpellé. La question se pose de savoir si sur ces nombreux fronts le gouvernement réussira  à faire passer la pilule, sans commettre trop d’impairs.

Le gouvernement Talon se sent sous pression, parce qu’ayant une obligation de résultat, et ne s’interdit rien pour réussir. Quand on vient après un régime qui a tout foulé aux pieds, et tout désacralisé,   il faut faire mieux que les prédécesseurs, se sentant investis des pouvoirs presque divins et surnaturels.  Il vaut mieux réussir vite et bien,  sinon il n’y a pas de raison d’avoir brigué  la magistrature suprême. L’objectif majeur   en conquérant ce pouvoir, étant d’améliorer les conditions de vie des populations, et de créer des parts de bonheur ci et là. Acculé depuis son arrivée au pouvoir en avril 2016, le chef de l’Etat,  Patrice Talon, n’a de cesse voulu aller vite, imprimer une dynamique positive à son action, et obtenir des résultats probants. On ne peut donc comprendre autrement les nombreuses  réformes en cours. Chaque conseil des ministres  qui passe,  accouchant  de son flot de décisions. Elles sont sans doute toutes opportunes, et se justifient par l’état piteux dans lequel le pays se trouve. Les populations ne demandent que çà. Mais, le hic, c’est de courir un risque d’incompréhension, et pourquoi pas, à terme, d’une implosion sociale. D’ailleurs, même si une théorie de développement veut que l’on puisse faire le bonheur des gens contre leur gré, il vaut mieux y aller avec beaucoup de tact.  C’est pour cela que de  peur que certaines de ses décisions ne soient mal perçues, le gouvernement doit mettre la pédale douce. Par exemple, avec l’opération de déguerpissement des artères illégalement occupés, les  choses  pouvaient être mieux négociées. Tout le monde reconnait la nécessité de l’opération de salubrité qui préfigure un embellissement prochain des grandes villes du pays. Mais, que de souffrances aura à endurer cette population peu préparée et peu sensibilisée à l’avance !  D’ailleurs,  si personne ne dénonce l’opération ni sa mise en œuvre, beaucoup se disent pas prêts à sauter le pas. Mais, raison d’Etat oblige, il va falloir boire le calice jusqu’à la lie. Du côté du pouvoir, on répond invariablement qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Il est à craindre que cet activisme, plutôt salutaire,  du gouvernement ne soit mal compris ou appréhendé. Répondre sur plusieurs fronts  et chantiers en même temps,  est un atout fort louable pour tout régime qui veut réussir. Mais,  le contexte économico-politique actuel est très particulier. Le chef de l’Etat dont l’immense  fortune fait l’objet de beaucoup de fantasmes,  est, parfois à tort ou à raison,  considéré comme un capitaliste pur et dur. Les privations qui s’enchaînent sont de nature à confirmer cet état de fait. Mais, les mesures sociales tardent à venir.  Corollaire possible de la récession qui sévit depuis peu au Nigeria, le panier de la ménagère n’a pas connu une substantielle augmentation.Ce qui ajoute à la tension,  ce sont des emplois en danger en raison des mesures hardies prises contre certaines sociétés. Ce sont aussi les fermetures d’organes de presse, dont Soleil fm. Après la crise liée à l’arraisonnement des 18kg de drogue au Port de Cotonou, et le procès expéditif de Sébastien Ajavon, les dernières décisions de la Haac peuvent être perçues contre un harcèlement contre une personnalité.  D’où des frustrations et d’autres réactions violentes en perspective.
 W.N