Spread the love

Severin QuenumLe ministre de la Justice et de la législation, Séverin Quenum, a effectué une sortie médiatique pour apporter quelques clarifications par rapport aux sujets qui défraient actuellement la chronique. C’est à travers une conférence de presse tenue mardi 02 octobre 2018 à Cotonou.

Les derniers développements de l’actualité nationale n’ont pas laissé indifférent le ministre Garde des sceaux. A l’occasion de la conférence de presse qu’il a animée hier à Cotonou, il a tenu, compte tenu des amalgames et opinions tendancieuses enregistrés, à préciser la mission dévolue à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Il a rappelé le processus législatif qui a conduit à l’avènement de la Criet ainsi que son champ de compétence. A l’en croire, celui-ci couvre aussi bien les infractions de détournement de deniers publics, d’abus de biens publics, de blanchiment de capitaux, de fraudes fiscales que le trafic de drogue et le terrorisme. Il a ensuite éclairé la lanterne sur la compétence nationale de la Criet. Selon ses explications, il ressort clairement que si les anciens ministres, ou les ministres en fonction commettent des faits relevant de sa compétence et n’étant pas rattachés à leurs fonctions, sont passibles de cette juridiction qui n’est pas une juridiction d’exception, mais une juridiction spéciale. Concernant le dossier « 18 kg de cocaïne », Sévérin Quenum a expliqué qu’il se retrouve devant la Criet en raison de ce que la loi a prévu que les dossiers relevant de son champ de compétence, et en cours devant les juridictions, lui sont transmis. C’est la raison pour laquelle ce dossier, comme d’autres, relève désormais de la Criet. Selon Sévérin Quenum l’institution de la Criet est une réponse pertinente aux infractions qui menacent la sécurité des Etats (trafic de drogue, blanchiment de capitaux, terrorisme…). Il a fait savoir qu’elle est saluée au-delà des frontières du Bénin.

 Le cas Djènontin

 Le ministre Quenum a également saisi l’occasion de sa sortie médiatique pour se prononcer sur la procédure visant le député Valentin Djènontin et pour laquelle il a été convoqué par l’Office central de répression de la cybercriminalité (Ocrc). Il a fait savoir que c’est pour avoir été cité dans un cas de vol et de divulgation de documents administratifs sur les réseaux sociaux que l’homme est convoqué. En effet, a fait savoir  le ministre, un courrier administratif qu’il a signé, non encore parvenu à son destinataire, s’est retrouvé sur les réseaux sociaux. Il a donc fait ouvrir une enquête qui a conduit des membres de son cabinet, y compris des magistrats, à être entendus. C’est cette procédure qui  a permis d’identifier Linsoussi Gbètondji Landry Barnabé comme auteur du vol. Ayant reconnu les faits, il a déclaré avoir porté le document volé à Valentin Djènontin qui se trouve être son beau-frère. Ce dernier a été recruté en janvier 2014 par Valentin Djènontin, ministre de la justice à l’époque, comme planton. Cet agent, comme bien d’autres trouvés en place à l’arrivée du président Talon, a affirmé Sévérin Quenum, a été maintenu. Mieux, son contrat a été signé en août 2016. Il faut mentionner que le contrat signé spécifie en son article 8 qu’ « il lui est interdit de divulguer, pendant ou après son emploi, tout renseignement de nature confidentielle qu’il aurait pu recueillir pendant ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ». Alors, les éléments de l’enquête permettent de considérer que c’est Valentin Djènontin qui, le premier, a mis ledit courrier sur les réseaux sociaux. C’est donc de cette infraction punie par le code du numérique et le Code pénal qu’il est appelé à répondre. Ce qui relève de la flagrance et ne préjudicie en rien à son statut de député, a précisé le ministre de la Justice. Le dossier n’est pas instruit par la Criet, mais relève du Tribunal de première instance de Cotonou. Au regard de l’actualité, le ministre a invité les professionnels des médias à sensibiliser les utilisateurs des réseaux sociaux afin qu’ils sachent que les infractions qui y sont commises sont punies par les lois de la République. Contrairement à ce qu’il répand, Djènontin n’est pas convoqué par la Criet, mais par l’Office central de répression de la cybercriminalité pour la manifestation de la vérité. Il ne s’agit nullement donc de chasse aux sorcières. Toutefois, il n’est pas bienséant que les anciens dirigeant sactionnent des agents qu’ils ont recrutés comme des taupes tapies dans l’administration. Evidemment, cela arrive parce que le gouvernement actuel n’a pas fait du remplacement systématique de ceux qu’il a trouvés en place une priorité. Car il considère que l’administration doit être républicaine et non politisée.Ce qui donne une fois encore raison au régime du Nouveau départ qui prône la dépolitisation de l’administration. Djènontin doit faire preuve de responsabilité en se présentant devant la justice pour répondre, aux côtés de son beau-frère, de ses actes.

 Abdourhamane Touré