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Susuji Béhanzin

Les élèves instituteurs des Ecoles normales de Dogbo, de Porto-Novo, d’Allada et de Kandi sont désormais bien ouillés pour conduire une séquence de classe du conte. A travers une formation organisée la semaine dernière, les Normaliens se sont appropriés de la démarche pédagogique et celle d’enseignement-apprentissage et évaluation du conte.
Cette formation est intervenue dans le cadre de la mise en œuvre de l’axe II du projet programme « Pas sans éclaire» de l’Atelier pensée de Molière. Une initiative de Susuji Béhanzin, l’expert en didactique de conte africain et Malgache, soutenue par le Fonds d’aide à la culture (Fac) et Cotoclo. Elle vise à renforcer la capacité de la cible visée afin que, dans les classes, le conte puisse être enseigné aux enfants. Pendant plusieurs jours, les élèves-maîtres ont compris que le conte se dit et ne se raconte pas. Ils ont également fait la différence entre le conte, le mythe, les légendes, l’épopée, la fable et genres du patrimoine immatériel. Pour le didacticien, les textes du conte peuvent être conçus par l’enseignant. Ils doivent tenir des thématiques liées à la morale et à l’éducation des enfants. Il est le plus souvent adapté à l’environnement de l’apprenant. Lors de la diction du texte de conte, l’enfant est autorisé à y mettre du sien. Dans ses explications, c’est une aberration de voir l’instituteur dire un conte en lieu et place des enfants. Il doit plutôt aider ses apprenants à réussir l’entreprise de conte. Cette noble initiative du conteur Susuji Béhanzin, découle du constat qu’aujourd’hui, la manière dont le conte est enseigné aux apprenants dans les classes n’obéit pas aux objectifs du programme de l’Approche par compétence (Apc) en vigueur au Bénin. Cette attitude des enseignants est due à la non-maîtrise de la démarche pédagogique du conte. Fort de ce constat ahurissant, il a pris la résolution de mettre gracieusement ses connaissances au service de l’éducation. Ainsi, le didacticien a mis en place ce projet en vue de solutionner le problème auquel sont souvent confrontés les acteurs de l’éducation béninoise. « L’art ne bénéficie pas de la même audience que les autres disciplines enseignées dans les classes », a fait observer le Directeur de l’Eni/Dogbo, à la cérémonie de clôture. de cette formation pour souligner la nécessité d’organiser cette rencontre. Selon lui, ladite formation est venue à point nommé dans la mesure où elle prend en compte l’une des recommandations issues des états généraux sur l’éducation. Soulignant l’importance du conte dans le développement mental de l’enfant, Madame Gnacadja, la Directrice du Fac, a exhorté les participants à mettre en pratique les connaissances acquises dans les classes.

Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)