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La ministre Atanasso réussira-t-elle à convaincre définitivement les étudiants?

(Le ministère optimiste, les étudiants dénoncent)

La réorganisation annoncée des associations faîtières des étudiants par le Gouvernement est vraiment en cours. Mais, l’aboutissement risque de ne pas pour maintenant ; car les étudiants semblent maintenir leurs positions, malgré un semblant de volonté affichée. Le processus conduit par le Directeur adjoint de Cabinet du Ministère de l’enseignement supérieur se heurte déjà à obstacles. 

Le monde estudiantin se montre favorable à la réforme. Les responsables estudiantins contactés hier, par appel téléphonique, ont affiché une volonté de voir leur secteur réformé. Ils ont même dit, à l’unanimité qu’ils sont prêts et disponibles pour coopérer.  Et déjà, il y a eu des rencontres entre le ministère et eux, en présence de certains anciens responsables d’étudiants et du Secrétaire Général de l’université d’Abomey Calavi à cet effet. « Ils ont fait des démarches envers nous. On est contact. Nous leur avons demandé un peu de temps pour organiser un séminaire ave nos mandants », a reconnu hier, le président de la fédération nationale des étudiants du Bénin ( Fneb). Seulement, ils ont posé des conditions qui, visiblement, ne sont pas conforme à la démarche adoptée par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.  Josué Azandegbey, Directeur adjoint de cabinet du ministère de l’enseignement supérieur et de la rechercher scientifique, et conducteur en chef du processus de réorganisation des associations faitières des universités du Bénin a expliqué hier, la démarche adoptée. « Nous sommes dans dynamique inclusive. Chacun va se prononcer sur comment les mouvements devraient  désormais se comporter et fonctionner sur les différents campus. Et donc, nous échangeons avec tous les acteurs de la communauté universitaire du Bénin à savoir : le corps enseignant, le corps administratif ; les étudiants eux-mêmes etc… certains acteurs ont déjà répondu à notre demande de propositions dans le cadre de l’élaboration d’un projet de décrets… ». A écouter le Dac du Ministère de l’enseignement supérieur, l’implication de tous les acteurs de la communauté universitaire est nécessaire du moment où tous ceux là sont souvent témoins et victimes de tous les actes que posent les étudiants. Ils collaborent tous ensemble sur les campus. A partir de cet, instant, il estime que chacun va faire des propositions sur comment il pense que ces organisations doivent fonctionner désormais. Josue Azandegbey a affiché un optimiste dans ses propos en insistant que la promesse est faite de ne rien faire sans les étudiants.

De leur côté, les responsables des étudiants ne sont pas d’accord. …………est le Président de l’union nationales des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb) : « on n’entend pas de bonnes oreilles que ce soit le gouvernement qui veuille organiser notre secteur à nous. Nous sommes entrain de plaider pour que le gouverne nous laisse réfléchir…nous sommes entrain de discuter entre nous. Ils nous ont donné 8 jours ». Pour …… président de l’Union nationale des étudiants du Bénin ( Uneb), « ils nous ont appelé, il y a environ deux semaines, pour nous demander des propositions par rapport à la réorganisation des mouvements estudiantins. On a été très clair avec eux. On leur a dit que les mouvements estudiantins doivent être organisés par les étudiants eux-mêmes. Ce sont les étudiants qui devraient normalement analyser et juger de l’opportunité de la réorganisation u non de notre mouvement». A la fédération  nationale des étudiants du Bénin ( Fneb), la position est la même. « S’ils n’ont pas encore réagit, ça dépend un peu de nous ; car on ne peut pas accepter qu’ils proposent à notre place, ce qu’on doit faire. Ils ne peuvent pas insulter notre intelligence ».

Problème de moyens

 De toutes les façons, les responsables d’étudiants contactés ont dit être ouverts au dialogue et à toutes autres démarches. A leur niveau, aucune position n’est définitive encore. Ce qui est nécessaire, c’est une rencontre d’échanges entre responsables d’associations. Ils projettent un séminaire au centre du pays. « Un séminaire qui va réunir les responsables estudiantins de tout le pays. …si tout va bien, fin de cette semaine….on allait le faire depuis mais les moyens font défaut…on a dit ça au Dac qui nous a dit que le ministère ne peut rien et que les associations sont suspendues », nous a confié, le président de l’Uneb appuyé par son homologue de  la Fneb en ces termes : « pour aller à un séminaire, il faut le minimum. Et c’est le minimum qui nous manque. Pour une rencontre du genre, il faut se regrouper au centre, Bohicon par exemple, pour permettre à ceux qui vont quitter Parakou, Porto-Novo et autres d’y participer aussi. On va se déplacer tous. Tant qu’il n’y aura pas cette rencontre, on ne peut rien, car l’Uac seule ne peut rien. On leur a dit qu’on a un problème de moyen, mais ils ne sont pas prêts pour nous accompagner. Mais on ne veut pas aussi trop leur tendre la main dans ce sens…. ». Le Directeur adjoint de cabinet est vraiment informé de la situation mais estime que Cotonou serait mieux pour cette rencontre. « Ils ont en séminaires à l’issu duquel ils devront proposer un projet de décret qu’on va amender avec ce que les autres acteurs auraient souhaité. La dernière a réuni tous les responsables des 4 universités. Ils sont venus à une réunion de deux heures à Cotonou….si c’est seulement ceux qui vont quitter de Parakou, c’est gérable ».

 Visiblement, les deux parties sont décidées, mais il y a encore des points de désaccord qui pourrait faire trainer les choses. Et le présidfent de l’Uneb n’a pas caché la position des étudiants. « On est d’accord pour une réorganisation ; donner une nouvelle image et orientation à nos organisations. Mais les camarades ne sont pas encore pour l’unification ».

Tout est parti d’une décision du Gouvernement lors de sa réunion hebdomadaire du mercredi 5 Octobre 2016. Le Conseil des ministres a pris connaissance des résultats des enquêtes administratives sur les cas de violence et actes de vandalisme sur le campus d’Abomey-Calavi…Face à la recrudescence des faits de violence, toutes les Fédérations, Unions, Associations ou Organisations faîtières estudiantines sont interdites d’activités dans toutes les 4 universités nationales. Il a été annoncé que les conditions d’exercice, d’activité et/ou de reconnaissance des associations d’étudiants sont définies par décret pris en Conseil des ministres.

Félicien Fangnon