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Marie-Odile-Attanasso
Marie Odile Attanasso a pesé de son poids pour la suspension de la grève

L’appel de certains syndicats à cesser les débrayages, semble être entendu. Après le Syndicat national des enseignements-chercheurs et des chercheurs du Bénin (Snecc-Bénin), c’est le tour l’Intersyndicale des enseignants du supérieur de suspendre la grève au niveau de l’enseignement supérieur amorçant ainsi le dégel de la crise.

En suspendant les débrayages dans l’enseignement supérieur, les enseignants réunis au sein de l’intersyndicale des enseignants du supérieur ont compris l’enjeu de la main tendue constante de la ministre de l’Enseignement supérieur. C’est pourquoi ils ont priorisé l’intérêt général. Cela, après avoir reconnu certainement les efforts quoi qu’insuffisants du gouvernement. Mais si l’appel de la Cspib et de certains syndicats a pu se renforcer par la suspension du mot d’ordre de grève par l’intersyndicale des enseignants du supérieur, il faut reconnaître que c’est grâce aussi à la disponibilité permanente de la ministre Marie-Odile Attanasso pour la sortie de crise. Son humilité à accepter les différentes médiations a énormément pesé dans ces résultats. C’est le lieu d’exhorter les autres syndicats et centrales syndicales à s’inspirer de ces exemples en vue du dégel général de la crise. A cet effet, le gouvernement doit poursuivre le dialogue afin qu’on parvienne à une normalisation de la situation. Les parents d’élèves et d’étudiants doivent également jouer leur partition en soutenant ce mouvement pour qu’on tourne définitivement dos aux grèves et que l’école et l’université rouvrent leurs portes.

 Odi I. Aïtchédji

Motion de suspension de grève

 Depuis le 30 janvier 2018, les enseignants des Universités nationales Bénin réunis au sein de l’Intersyndicale des Enseignants des Universités nationales du Bénin, ont déclenché un mouvement de grève de 72 heures par semaine avec tacite reconduction après une grève d’avertissement de 72 heures qui a couru du 16 au 18 janvier 2018. Suite à la rétention des salaires du mois de février des enseignants des Unb jusqu’au-delà du 15 mars et aux retenues proportionnelles opérées sur lesdits salaires des Secrétaires généraux et de certains membres de l’intersyndicale, une nouvelle motion de grève a été prise par l’Assemblée Générale du 15 mars 2018 faisant passer le mouvement de débrayage en cours dans nos universités de 72 heures à 96 heures pour compter du lundi 19 mars 2018 à 00 heure au jeudi 22 mars 2018 à 24 heures et ceci par tacite reconduction chaque semaine.

– Considérant les rencontres des 1eret 19 février 2018 entre l’Intersyndicale et le Mesrs d’une part et celle du 22 mars 2018 entre l’Intersyndicale, les Recteurs et le Mesrs d’autres part ;

– Considérant la médiation du Recteur de l’Université d’Abomey-Calavi appuyée par les Recteurs des autres Universités nationales du Bénin ;

– Considérant les timides avancées obtenues sur quelques points contenus dans la plate-forme revendicative de l’Intersyndicale des enseignants des Universités Nationales du Bénin ;

– Considérant l’engagement de l’autorité de tutelle à poursuivre les négociations sur les différents points non satisfaits de la plateforme revendicative jusqu’à satisfaction totale desdits points de revendication à travers la mise en place d’un cadre permanant de dialogue social sectoriel ;

– Considérant le compte rendu signé entre le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et l’Intersyndicale des Unb le jeudi 29 mars 2018 ;

L’Intersyndicale des enseignants des universités nationales du Bénin soucieuse de l’avenir du pays face au spectre d’une année blanche aux effets dévastateurs à court, moyen et long terme, décide en toute responsabilité, dans l’intérêt supérieur de la nation et conformément aux décisions de l’Assemblée générale du vendredi 23 mars 2018, d’une suspension de la motion de grève de l’Intersyndicale du 15 mars 2018 pour compter de ce jour, jeudi 29 mars 2018 à 24 heures. Cette suspension court du vendredi 30 mars 2018 à 00 heure au mercredi 30 mai 2018 à 24 heures, soit un moratoire de deux (02) mois pour exiger :

1°) la rétrocession intégrale des retenues proportionnelles opérées sur les salaires du mois de février des Secrétaires Généraux et de certains membres de l’Intersyndicale

2°) la poursuite du dialogue et des négociations entre le Mesrs et l’Intersyndicale des Unb sur les points non satisfaits de la plateforme revendicative

3°) l’organisation dans les plus brefs délais d’une réunion conjointe entre l’équipe gouvernementale (ministre d’Etat chargé du Plan et du développement, ministre de l’Econome et des Finances, ministre de la Fonction publique et ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique) et l’Intersyndicale sur :

*l’application du coefficient de revalorisation de 1,25 de l’indice de traitement au profit des personnels Ape et Ace sur la base des indices acquis au 31 décembre 2011 (cf. article 3 et 4 du décret n° 2011-505 du 05 août 2011 portant institution d’un coefficient de revalorisation des indices de traitement des Agents de l’Etat) ;

*La prise d’arrêté d’application du point 6 de l’article 72 du décret n° 2010-024 du 15 février 2010 pour le rétablissement de l’allocation d’incitation à la fonction enseignante (25% du salaire brut) à transformer en coefficient de revalorisation de l’indice de traitement actuel ;

*La correction de l’article 2 de l’arrêté interministériel 2015-221/Mesrs/Mefpd/Mtfprai/Dc/Sgm/Drfm/Drh/Sa du 09 avril 2015 portant modalité d’octroi au personnel enseignant des Universités nationales de la prime de publication (soit 20% du salaire brut annuel au lieu des 8% actuellement payés) ;

* La signature du projet de décret modifiant le décret 2016-244 du 04 avril 2016 portant conditions de bénéfice de la promotion professionnelle des enseignants des Unb.

4°) l’organisation sans délai d’une rencontre du Mesrs avec les Recteurs des Unb pour le payement des heures de vacation dues depuis 2015

5°) l’adoption et la signature des statuts des Praticiens hospitalo-universitaires (Phu)

En tout état de cause, l’Intersyndicale prend à témoin l’opinion publique nationale et internationale et promet avec fermeté de revenir à la charge en cas de non-respect des engagements pris par madame la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique et rendra responsable le gouvernement des déconvenues qui en découleraient.

Enfin, l’Intersyndicale des Unb:

remercie ses militantes et militants pour leur fidélité et leur engagement à la lutte syndicale tout en les rassurant que seule la lutte paye !

invite ses militantes et militants à reprendre les activités pédagogiques et scientifiques dans les Universités nationales du Bénin pour compter du vendredi 30 mars 2018 à 00 heure,

félicite, soutient et encourage les responsables des Confédérations et Centrales syndicales du Bénin pour leur engagement dans la défense des intérêts des travailleurs et du peuple.

 Pour l’Intersyndicale, des Universités nationales du Bénin