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Les enfants issus des milieux défavorisés ont désormais un soutien pouvant leur permettre de suivre un cursus scolaire normal. Ils pourront compter sur l’association Ifèmi. Une jeune association qui vise à offrir aux jeunes béninois en difficultés, l’opportunité d’aller au bout de leurs études. Elle ambitionne également garantir aux jeunes une meilleure insertion socioprofessionnelle. Un an à peine après sa création, Ifèmi dirigée par des jeunes de la diaspora mène déjà des actions sur le terrain. Dans un entretien qu’il nous a accordé, le vice-secrétaire général parle des ambitions de l’association.

Le Matinal : Bonjour monsieur Habib Sidi !

Habib Sidi : Bonjour monsieur le journaliste !

Pourquoi le nom « Ifèmi » ?

« Ifèmi » c’est l’idée de la présidente de l’association Zouhaérath LIADY. C’est censé symboliser « mon précieux », donc ce qui m’est chère en langue yoruba. L’idée a germé suite à une expérience personnelle qu’elle a eu au Benin, quand elle a rencontré des enfants qui n’étaient pas scolarisés ou qui étaient scolarisés mais doivent parcourir des kilomètres pour aller à l’école. Du coup ça lui a travaillé l’esprit. D’où l’idée, l’envie de pouvoir faire quelque chose afin d’impacter positivement l’éducation des enfants et des jeunes au Bénin. Donc c’est un projet qui a un ordre sentimental mais aussi civique. Parce qu’on appartient à ce pays, on a le droit d’apporter du mieux qu’on peut, nos pierres à l’édifice, ne serait-ce que pour améliorer un petit volet du quotidien des gens dans ce pays.

Depuis quand vous existez ?

L’association a été créée le 10 mars 2017. Après c’est allé très vite. Les statuts ont été écrits et on a déclaré l’association officiellement d’après la loi 1901 en France du code des associations. Et depuis nous existons officiellement. On a commencé une démarche pour être reconnu aussi au Benin, donc auprès des autorités béninoises. Dès lors, nous avons lancé nos projets, nous avons commencé par les annoncer. Le 14 avril dernier, on a fait le lancement officiel de nos activités à la mairie de Nanterre (France).

Qu’avez-vous déjà posé comme acte majeur ?

Lors du lancement des activités, nous avons présenté le projet qui est en cours actuellement, « Réussite Scolaire pour Tous ». Déjà nous avons commencé une collecte de fonds en France pour pouvoir financer ce projet. Le plan d’action qu’on a mis en place consiste à apporter aux enfants un accompagnement personnalisé. Que ça soit dans les matières ou en dehors de l’école sur des questions qui se posent et qui sont liées à leur éducation et à comment est-ce qu’ils se projettent dans la vie. Donc nous avons eu l’idée de solliciter des étudiants pour accompagner un certain groupe d’élèves, en tant que tuteur et en tant que conseiller. Ces étudiants bénévoles vont prendre des groupes de cinq enfants pour les aider dans les matières où ils ont des difficultés. A ce moment ils prendront le relais des parents qui pour la plupart sont analphabètes. Permettre à ces enfants défavorisés d’avoir un complément dans leur éducation. Sur ce projet, on est assez avancé. On a déjà un groupe d’étudiants tuteurs qui est prêt à nous accompagner. Auprès du collège Suru-Léré (Cotonou), on a déjà réalisé un accompagnement qu’on pourra évaluer pour démarrer dès la rentrée 2018-2019. On vise à peu près entre 50 et 300 élèves.

En quoi consiste le second projet ?

Alors le second projet est dénommé « Accueil des jeunes ». C’est un projet qu’on est en train de mûrir encore et qui n’est pas dans la phase d’application. L’idée générale du projet c’est de pouvoir remplir les temps libres des enfants à travers des activités ludiques. Que ça soit la musique, la peinture, un peu de production artistique par exemple, pour aider les enfants à développer les aptitudes dont ils ont besoin à l’école. On veut créer un espace qui va permettre d’accueillir ces enfants, bien sûr avec l’accord des parents et parfois aussi en présence des parents.

Un mot pour conclure cet entretien

Vis à vis des enfants, c’est un message personnel que je pourrais passer. C’est dire qu’ils ont leur part à jouer dans le développement de ce pays. Et si aujourd’hui le modèle de l’école leur donne l’impression qu’ils ne sont pas des citoyens à part entière, il y a des gens dont les membres de l’association « Ifèmi » qui veulent jouer leur rôle civique, de citoyen ; prendre leur responsabilité citoyenne et agir pour que ces enfants qui sont un peu sur le côté, soient réintégrés dans le système afin qu’ils puissent jouer complètement leur partition. J’espère que beaucoup de gens vont entendre cet appel et nous rejoindre.

Habib Sidi merci beaucoup !

Je vous remercie.

Propos recueillis par Derrick Cakpo (Coll)