Spread the love
JEROME-CHAMPAGNE
Jérôme Champagne veut améliorer l’image de la Fifa

Quelques heures après avoir déposé sa candidature à la présidence de la Fifa, Jérôme Champagne n’a pas rechigné à décrocher notre appel malgré les nombreuses sollicitations de médias du monde… Depuis son domicile suisse, le Français avoue avoir postulé pour apporter sa passion pour le football et sa connaissance de la Fifa. L’ancien secrétaire général adjoint et directeur des relations internationales sous Sepp Blatter reste aussi serein face aux scandales qui éclaboussent l’institution…

Jérôme Champagne : Déjà candidat à la présidence de la Fifa en mai, vous aviez dû renoncer, faute de parrainages. A présent, comment avez-vous procédé pour déposer les cinq lettres de parrainage nécessaires pour se présenter ?

 J’ai déposé ma candidature le lundi 19 octobre à minuit – une semaine avant le délai officiel du 26 – par un courrier au secrétaire général par intérim de la Fifa et au président de la Commission électorale ad hoc de la Fifa mise en place pour l’élection présidentielle. Cette lettre de candidature était accompagnée de huit lettres de parrainage de Fédérations de trois continents différents.

Qu’allez-vous apporter après votre élection à la tête de la Fifa ?

 Je souhaite apporter ma passion pour le football et pour le monde car comme vous le savez j’ai vécu sur quatre continents et largement visité nos pays. Il est important pour le président de la Fifa de comprendre la complexité du monde d’aujourd’hui. Je peux aussi apporter ma connaissance intime de la Fifa où j’ai travaillé onze années. Je sais bien que nous devons poursuivre et amplifier ce qui a bien fonctionné en quarante ans, notamment les programmes de développement, mais aussi ce qu’il faut changer et réformer. J’ai été le premier en janvier 2012 dans mon texte « Quel Fifa pour le 21ème siècle » à dénoncer ce qui ne fonctionnait pas.

La Fifa est actuellement dans la tourmente. Ne craignez-vous pas de prendre la tête d’une institution dont l’image est sérieusement entachée ?

 La tâche sera immense. Il faudra faire face au scepticisme, aux doutes et aux méfiances. Mais quelqu’un doit assumer cette tâche car elle est exaltante et elle est surtout nécessaire. Le football globalisé a besoin d’une Fifa forte pour protéger le sport des dérives mais aussi assurer l’équilibre entre ceux qui ont tout et ceux qui ont besoin d’aide pour jouer la chance à fond et participer à nos compétitions.

Alors, que ferez-vous pour améliorer l’image de l’institution ?

 Plus d’effort de transparence et d’éthique. Un style différent plus accessible. Et des réformes de fond telles que faire rentrer au Comité exécutif des représentants des joueurs, des clubs et des ligues, un rééquilibrage entre les continents.

Vous qui avez été secrétaire général adjoint ou encore directeur des relations internationales sous Sepp Blatter. Quel est votre regard par rapport à ces nombreuses affaires ?

 C’est très triste et très dommageable pour l’image de la Fifa. Mais cela ne doit surprendre personne en tout cas pas ceux qui suivent les controverses depuis le vote du 2 décembre 2010 sur les coupes du monde 2018 et 2022. Mais cette crise cathartique est aussi une chance de remettre le Fifa en ordre et de poursuivre ce qui a été bien fait depuis 111 années.

Ne craignez-vous pas d’être également cité dans ces affaires ?

 (Rires…) Je n’ai aucune inquiétude. Vous savez j’ai été chassé de la Fifa en janvier 2010 par une coalition de personnes qui se sont liguées pour faire des pressions sur le président Blatter et me faire partir. Ces personnes sont aujourd’hui suspendues. J’ai donc quitté la Fifa il y a près de 6 ans et n’ai donc rien à voir avec ces controverses.

Sur quel continent comptez-vous pour réussir à être élu à la tête de la Fifa ?

 Sur tous les continents et pour chacune des 209 Fédérations nationales. Chacune a des problèmes particuliers et il faut s’adapter à chacune d’entre elles.

Pour cette élection, la candidature de Michel Platini a été mise de côté. Qu’en pensez-vous ?

 Je n’en pense rien car je respecte la justice de la Suisse qui procède à une enquête de la même manière que je respecte les procédures conduites par la Commission d’éthique en qui j’ai toute confiance.

 Propos recueillis par E.A.B