Spread the love

WhatsApp Image 2019-05-23 at 17.11.23(1)Buteur et passeur décisif la semaine dernière en club, Désiré Sègbè Azankpo (26 ans) a mené le Fk Senica vers une victoire 3-1 qui valide son maintien en 1ère division slovaque. Auteur de quatre buts cette saison, l’attaquant international béninois nous a accordé un entretien exclusif où il nous parle de sa vie en club, des Ecureuils, de la Can 2019 et de son amitié avec le Sénégalais Sadio Mané. Lisez plutôt…

 

Le Matinal : A une journée de la fin de la saison, vous avez validé votre maintien en 1ère division slovaque. Est-ce une saison compliquée pour vous?

Désiré Sègbè Azankpo : Oui, on a officiellement validé le maintien à deux journées de la fin. C’était une saison très compliquée car il s’agit d’un nouveau projet, de nouveaux joueurs, pas d’effectif, un nouveau coach… C’était très compliqué en première  partie de saison mais en deuxième partie, le club a su remédier à ça et nous avons enchaîné des victoires.

Comment appréciez-vous le championnat slovaque et la vie dans votre ville ?

Le championnat présente un bon niveau de compétition. J’ai joué contre des clubs qui jouent régulièrement la ligue des champions et l’Europa league. Ce sont de bons matchs à jouer pour gagner de l’expérience. La ville est petite et calme. Il n’y a rien à faire ici mais cela me convient pour me concentrer sur mon football.

Vous êtes probablement le seul international béninois qui joue avec un futur adversaire en club, le Bissau-Guinéen Zezinho. Avez-vous parlé du tirage de la Can avec lui ?

Je joue en club avec Zezinho, le capitaine de la Guinée-Bissau. C’est aussi mon pote. Donc forcément, on parle beaucoup de la Can car ils seront nos adversaires en Égypte. On se taquine beaucoup par rapport à ça. Il est persuadé qu’ils vont nous battre et moi je pense le contraire. C’est excitant et nous avons hâte d’y être.

Il y a aussi le Ghana et le Cameroun, champion en titre. De gros morceaux…

Bien sûr. C’est deux  grosses nations de football mais dans un match tout est possible. On a ce qu’il faut pour leur poser des problèmes et nous allons jouer notre chance à fond. C’est excitant de jouer ce genre de matchs.

En septembre 2018, vous êtes revenu en sélection avec le retour de Michel Dussuyer avec quatre entrées en jeu en cinq sélections. Etes-vous resté sur votre faim ?

Quand on est compétiteur, on a toujours envie de jouer, d’aider les copains mais quand je suis en équipe nationale, j’ai un tout autre état d’esprit. Je suis là comme les 22 autres joueurs, prêt à défendre le maillot national et peu importe que je joue ou pas. L’essentiel c’est que mon pays gagne. A partir de là je ne me pose pas trop de questions sur mon temps de jeu. Je travaille dur et je me tiens prêt à tout moment que le sélectionneur aura besoin de moi et il sait que je jouerai de la même façon, avec la même envie, qu’il me fasse commencer le match ou qu’il me fasse jouer une  minute. Il s’agit de l’honneur d’un pays alors l’égo personnels n’a pas sa place.

Votre utilisation fait débat car en club vous êtes plus utilisé dans un rôle axial. Mais chez les Ecureuils, vous êtes systématiquement décalé sur un flanc…

Oui, c’est sûr que j’ai plus de faciliter à jouer dans l’axe mais j’ai évolué sur le côté par le passé. Et en club, on joue avec deux attaquants. Donc, je m’excentre beaucoup quand c’est trop compact dans l’axe. Et de toutes les façons, quand je joue sur le côté je fais beaucoup d’appels dans l’axe car je suis porté vers le but. Le coach sait tout cela et c’est aussi un choix tactique quand il me fait jouer sur le côté avec une pointe comme Steeve (Mounié) capable d’aspirer la défense.

Vous pensez à la liste des 23 ?

Je serai malhonnête si je vous dis que je n’y pense pas. C’est certainement la chose à laquelle je pense le plus en ce moment. Nous avons travaillé dur pour être là, nous avons fait d’énormes sacrifices pour être là. C’est la chance d’une vie d’aller à la Can donc forcément tout le monde a envie d’y être. Mes parents seraient fiers et vous savez l’amour que j’ai pour le maillot national. Quoiqu’il arrive, je serai fier de voir mon pays faire un beau parcours en Égypte.

A 26 ans, vous êtes en fin de contrat et on parle d’un départ de Senica. C’est quoi votre trajectoire maintenant et vos objectifs ?

Oui, je n’ai pas prolongé mon aventure avec le Fk Senica. Je serai libre en juin et j’ai déjà quelques propositions mais j’ai encore un match à jouer avant la fin de la saison. Chaque chose en son temps.

Vous êtes proche de Sadio Mané que vous avez côtoyé à Génération Foot à Dakar. Il est co-meilleur buteur de la Premier League et qualifié pour la finale de la ligue des champions cette saison avec Liverpool. Vpus le voyiez aller aussi loin ?

Sadio est plus qu’un ami, c’est un frère. J’ai toujours parlé en bien de ce mec sous-coté à mon goût. Mais les gens m’ont souvent dit « arrête c’est parce que c’est ton meilleur ami ». Aujourd’hui, tout le monde s’en rend compte et il le mérite. Je savais qu’il avait des qualités et qu’il pouvait aller très loin, je le lui ai souvent dit d’ailleurs. Mais je ne savais pas jusqu’où il pouvait aller. Je ne le sais toujours pas. Je pense qu’il peut faire encore mieux que ce qu’il a fait cette saison. Je lui avais pronostiqué 19 buts cette saison, il en a mis 22. C’est un Gaïndé (lion).

Propos recueillis par Géraud Viwami & EAB