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Michel DussuyerQuelques jours après l’exploit réalisé face à l’Algérie, nous avons croisé le sélectionneur des Ecureuils, Michel Dussuyer. Le technicien français nous a accordé un entretien exclusif dans lequel il parle de son retour au Bénin, son effectif, la suite des qualifications et son plan de travail. Lisez.

Quand l’arbitre a sifflé la fin du match contre l’Algérie, vous vous dites quoi dans votre tête ?

 C’est toujours pareil. Quand on gagne 1-0 contre une équipe potentiellement supérieure, on est très fier et heureux d’avoir fait cette performance. Après, c’est vrai qu’il y a eu beaucoup de tensions en seconde période parce qu’il y a eu cet arbitrage discutable. Il y a avait une telle énergie dans ce stade. Franchement, j’avais confiance en mes joueurs, sur ce qu’ils étaient capables de faire. Sans arrêt, il faut les replacer, les booster, les encourager, ne pas laisser d’espace à cette équipe, protéger notre acquis. Il y a avait de l’énergie. Je ne vais pas dire qu’il ne pouvait rien nous arriver, mais c’était un peu le sentiment que j’avais.

 Face à l’Algérie, entre le comportement des Ecureuils à dix ou à onze et la réaction du public, qu’est-ce qui vous a le plus surpris ?

 Ni l’un ni l’autre. En fait, je sais que ce groupe a de la valeur, des vertus morales, il est prêt à se battre sur le terrain. Ils l’ont largement démontré. Je sais que les Béninois sont en confiance et croient en leur équipe, ils sont prêts à nous pousser. Je connais le public. Je n’ai pas été réellement surpris. J’étais enthousiasmé par la volonté et le courage des uns et des autres.

 On vous a vu demander plusieurs fois au public de pousser les joueurs. Sans son apport, cela aurait été compliqué avec les dix minutes d’arrêt de jeu interminables… ?

 Oui. Quand on s’est retrouvé à dix, j’ai demandé le soutien parce que c’est difficile pour les joueurs. A ce moment-là, le public permet aux joueurs de se sublimer, de faire encore plus d’efforts, de ne pas lâcher, de continuer à courir, se replacer même s’ils sont fatigués. Parce qu’il y a un engouement.

 Le rouge de Stéphane Sessègnon a révélé une autre face de votre équipe, dominatrice en première période, avec maîtrise et beaucoup de solidarité sur la seconde. Ce rouge est-il finalement un mal pour un bien ?

 Non, c’est un mal parce qu’on se retrouve en difficulté, on perd Stéphane (Sessègnon) pour un ou plusieurs matchs. Je ne sais pas encore. C’est préjudiciable. C’est vrai que le groupe a affiché un surcroit de solidarité derrière. Donc, ça c’est positif.

Le Bénin a 7 points en 4 journées dans un groupe où rien n’est joué. La qualification est-elle loin d’être acquise… ?

 Il y a rien de fait. On a fait un pas de plus. C’est vrai qu’on est en bonne position. On a notre destin entre nos mains quoi qu’il arrive, ça c’est positif. Bien sûr qu’il reste du chemin. On a deux matchs très difficile à négocier. Parce que ce match en Gambie qui va arriver vite, on connait un peu le contexte là-bas. Il y a un bon effectif, de bons joueurs, un terrain qui est difficile. On aura fort à faire, à nous d’afficher un bon état d’esprit. Même si ce n’est pas l’Algérie qu’on va rencontrer, il faut qu’on soit très fort aussi mentalement pour aller chercher un résultat à Banjul.

 La déception serait-elle très grande si les Ecureuils n’allaient pas au bout de leur rêve ?

 Oui bien sûr. C’est un groupe qui est difficile parce qu’il est très homogène justement. Notre objectif, c’est d’en sortir, c’est d’aller au Cameroun. Forcément qu’on sera extrêmement déçu si ce n’est pas le cas.

 Propos recueillis par Géraud Viwami

(Coll)