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Nathalie-Koah
Nathalie Koah, un exemple de réussite pour la jeunesse béninoise

Nathalie Koah, Camerounaise, la trentaine, est une entrepreneure. Elle a été sous les feux de la rampe à l’occasion de ses démêlés avec le célèbre footballeur Samuel Eto’o. Il s’en est suivi un lynchage médiatique. Mais après cette période, elle a voulu consigné ce passage triste de sa vie dans un livre qui a pour titre « Revenge Porn ». Mais malheureusement, ce livre a été interdit de vente en France. Lors de son passage à Cotonou dans le cadre du lancement du livre de l’écrivaine béninoise Eléna Miro dont elle est la marraine, elle a accepté une incursion dans son jardin secret.

Qui est Nathalie Koah ?

 Nathalie Koah, c’est une camerounaise de trente et un an, maman avant tout parce que c’est le plus beau rôle que je suis appelée à jouer. Surtout femme entrepreneure et j’ai à mon actif trois entreprises. Une qui fait des prestations de services divers, une dans la mode et une boite qui a rapport à l’événementiel. En dehors du livre, voilà les activités que je mène. L’année dernière, j’ai créé une application TV pour que les jeunes puissent s’occuper tout en entrant dans l’ère du numérique. Une idée qui m’est venue, compte tenu de l’attitude des jeunes d’aujourd’hui. Une application qui a bien marché. Le fait d’être maman est plus qu’un honneur pour moi. La fille que j’ai m’a donnée un nouvel espoir parce qu’ayant subi beaucoup d’injustices. Je voyais le monde autrement.

 Vous êtes au Bénin dans le cadre du lancement du livre « Le Miroir » d’Elena Miro. Pourquoi avoir choisi d’être la marraine de cet évènement ?

 Quand j’ai été interpellée par Elena et son staff, il a juste fallu qu’on me brosse l’histoire pour que je m’identifie. J’ai aujourd’hui un millier de jeunes filles qui m’admirent pour de bonnes raisons, parce qu’elles se disent qu’en m’imitant elles auraient le même luxe que moi, mais ce n’est pas cette vie qui a fait de moi ce que je suis. C’est pourquoi je tiens à leur montrer ce qui m’épanouit, qui est de recevoir et de donner ce qu’on ne m’a pas donné au paravant. Si moi j’avais eu quelqu’un qui me disait les conséquences des actes que je posais, j’aurais évité certains pièges. Ma démarche à moi aujourd’hui est d’encadrer les jeunes de façon qu’ils puissent éviter les vices de la vie. Le livre traite de la confiance en soi, de l’estime en soi qui est l’essence dont-t-on a besoin pour évoluer. Lorsqu’on n’a pas de confiance en soi, on est amené à subir les autres ; ce qui n’a forcement pas de bons impacts sur soi. Le message est dynamique et a besoin d’être écouté. Je vais contribuer à ce qu’il soit largement écouté.

 Avez-vous pris connaissance du livre ?

  J’ai aimé l’emballage  parce que de telles sortes de livres sont rares en Afrique. L’ensemble qui est mis dans son édition captive et donne envie d’entrer dans le livre. C’est un livre bon à lire et après l’avoir lu, j’ai apprécié le message qui demande de ne laisser aucun handicap prendre le pas sur sa vie. Il faut faire des échecs des réussites et des difficultés des opportuni-tés. J’ai aussi aimé le conseil aux parents parce que c’est dès l’enfance qu’une éducation se forge.

  Votre livre « Revenge Porn » qui raconte votre histoire avec Samuel Eto’o a été interdit de vente en France. Quel a été votre état d’âme ?

 Vous savez, même si vous êtes riche et vous n’avez pas la confiance en vous-même, vous n’êtes pas heureux. Ce qui constitue le déclic de ma vie est que mon père m’a quittée très tôt et c’était mon grand-père qui le remplaçait dans la famille. Lui, il a travaillé dur dans sa vie et à son avis, le travail est égal au salaire et on se sent fier en gagnant à la sueur de son front. Mais, moi je ne menais pas ma vie de la sorte. C’est après avoir reçu le message de la mort de mon grand-père que j’ai commencé à prendre conscience. Je me suis demandée si mon père serait fier de la vie que je menais, et la réponse était non. Parce que je savais que la vie que je menais ne cadrait pas avec mes principes et valeurs. Alors, j’ai tout abandonné et décidé de faire du reste de ma vie quelque chose de concret. J’ai alors commencé par changer mes habi-tudes ; ce qui n’était pas bien vu par mon entourage. C’est ce qui m’a amené à écrire ce livre. Une autobiographie dans laquelle j’ai montré ma vraie face que le monde ne connaissait pas afin de passer à une autre chose.

 N’avez- vous pas le sentiment que la publication du livre était une revanche sur Samuel Eto’o ?

 Je reste quelqu’un de libre dans ma vie et quand je vois mon image tachée, j’ai le droit de dire la vérité. Et le seul canal que j’avais pour le faire est d’écrire même si cela reste mon identité. Aujourd’hui, ça n’a tellement pas d’importance que je n’arrive plus à ressentir les émotions que j’ai malheureusement été connue dans un scandale. Les gens ont tendance à me fermer dans cet univers qui n’est pas le mien parce que j’avais une vie avant le scandale et j’aurais une autre vie après. Nathalie que je suis est celle qui défend les causes justes.

  Comment avez-vous surmonté cette période ?

 Ce que je ressentais à ce moment fait maintenant partie de mon passé et je ne veux plus revenir sur ça. À part tout ça, j’ai eu à mes côtés une famille qui me soutenait et aussi un homme qui a su tout ce qui se passait en moi et m’accompagnait pour mon épanouissement. Etant dans une logique de bataille, j’étais préparée à affronter tout ce qui venait de l’extérieur. Cette force, je crois que je l’ai en moi. 

 Que vous inspire l’estime de soi ?

 Mon estime de moi a été rudement mise à l’épreuve. Si je n’avais suffisamment pas confiance en moi, si je n’étais pas vraiment courageuse, j’aurais fléchi. Fléchir non pas par rapport à l’histoire que je vivais, mais par rapport au jugement externe. Mais je trouvais toujours de façon interne ou externe, le moyen de me dire que ce sont des gens qui ne me connaissent pas et de ce fait, ils ne peuvent pas avoir un jugement sur moi. Moi, j’ai eu la chance d’avoir deux parents qui avaient différentes façons d’éduquer. Ma mère, elle est très carrée, mon père était plus laxiste. Ce qui a fait que j’ai balancé entre le chaud et le froid. Mes parents m’ont donné cette base là, ce qui a fait que j’ai suffisamment foi en moi.

  Aujourd’hui, en tant que femme entrepreneure, quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

 Les difficultés à entrer sur le marché ne m’arrêtent pas, mais j’en rencontre. Par exemple, il y a des promoteurs qui ne souhaitent pas travailler avec moi. Ils estiment que je n’ai pas la bonne image qui ira avec leur événement. J’ai donc parfois des refus.

 Avez-vous en projets d’autres publications de livres ?

 J’ai le projet de me relancer. L’histoire ne sera pas la même. Je me suis enrichie en expérience si bien que je souhaite partager absolument, donc j’essaye de dire aux filles, vous m’avez vu dans un registre un peu noir où je pensais que la vie était grise, mais sachez que même quand on broie du noir, au fond on peut apercevoir le bout du tunnel. Donc, aujourd’hui je suis une femme tellement épanouie, cela ne dépend pas de l’argent, mais tout ce qu’il y a au-tour de moi.

  Comment vivez-vous votre vie de couple aujourd’hui ?

 Je suis en couple avec le père de ma fille et ça se passe très bien. Il y a tout de même des hauts et des bas, mais dans l’ensemble, ça se passe bien. On ne vit pas ensemble pour des raisons professionnelles. Moi, j’ai mes entreprises au Cameroun que je dois gérer parce que je tiens à ma carrière et lui dans son pays aussi ; mais on se voit assez souvent. Je suis la femme au foyer basique, j’essaie de retrouver les valeurs de nos parents. Je ne suis pas soumisse. J’arrive à imposer mes idées.

  Quel est votre plat préféré ?

 Le n’dolai, c’est un plat typiquement Camerounais. Ce sont des feuilles ameres, de l’arachide, ça ressemble un peu à ce que j’ai mangé ici au Bénin qu’on appelle le gbékouin mais c’est fait avec de l’arachide bouillie, on y met de crevettes, du poisson, et de la viande de bœuf.

  Un message à l’endroit des jeunes filles

 Mon message est très simple, quoique vous décidez de faire dans la vie, il faut être heureux, il faut faire ce qu’on a envie de faire. Mais l’éducation est la base est capital. J’encourage toutes ses jeunes filles qui vont à l’école, à la faculté ou qui vont apprendre un métier pour être autonomes.

 Réalisé par Armel Nelson Avadémey