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Patrice Talon

Un décor bien explicite, la précision dans le choix des mots, la sérénité de même que la pondération dans la voix et l’assurance pour l’avenir. L’entretien qu’a accordé l’homme d’affaires Patrice Talon à des chaînes de télévision privée du Bénin a révélé le profil d’homme d’Etat du magnat du coton. Pas d’improvisation, ni de l’à peu près ! Les petits plats ont été mis dans les grands pour organiser cet entretien télévisé d’environ 30 mn. Cette prestation très attendue a montré que l’homme d’affaires est façonné par des valeurs qu’on ne lui connaissait pas. Patrice Talon est apparu comme une personnalité incarnant une autorité intellectuelle et morale, capable de se sacrifier pour son pays. Il a démontré le sens du sacrifice en renonçant à des réparations pour les préjudices qu’il a subis sous le régime de Yayi Boni. La justice nationale et supranationale ont eu à condamner l’Etat béninois aux fins de lui payer des dommages et intérêts en guise de réparation des préjudices qu’il a subis de la part du chef de l’Etat qui avait arbitrairement donné un coup d’arrêt à ses affaires en l’occurrence dans les dossiers Pvi et Sodéco. Le chef de l’Etat qui, à chaque fois, s’est rebellé contre les décisions de justice en a encore donné la preuve en s’opposant aux sentences qui lui sont tombées dessus. Beaucoup se demandaient si Patrice Talon va engager un bras de fer avec l’Etat ou préférer renoncer à percevoir les dommages et intérêts. L’homme d’affaires a répondu sans ambages. Il n’est pas question qu’il soumette son pays au paiement d’importantes sommes du fait d’une seule personne. Ce type d’exemple n’est pas le premier du genre chez l’opérateur économique fortuné. Il avait déjà renoncé à se faire payer 4 milliards de Fcfa par le contribuable béninois au titre de dommages et intérêts. Si cet aspect de son entretien a marqué les esprits en bien, il y en a d’autres qui ont fait beaucoup plus effet et resteront dans la mémoire collective. Alors que Yayi Boni, au nom de son pardon du 14 mai 2014, fait un faux-semblant en indiquant qu’il a laissé tomber toutes les poursuites, harcèlements et persécutions contre ceux qu’il a accusés de vouloir l’empoisonner ou de renverser son régime par coup d’Etat, Patrice Talon a décidé de passer un coup d’éponge sur tous les péchés du régime. Affaires coup d’Etat et empoisonnement, il est temps de tourner cette page dont il a beaucoup souffert après avoir été contraint à l’exil, a plaidé l’invité du débat télévisé. Le massage est clair : il faut savoir pardonner. Et puis, là où on l’attendait le moins, il a répondu présent. Patrie Talon a reconnu que le 1er gouvernement de Yayi Boni a été à la hauteur des attentes et que le second mandat était de trop. Dans la foulée, il souligne que dans l’ensemble, tous s’étaient trompés sur Yayi Boni en 2016 et qu’ils avaient opéré un mauvais casting. Tout en reconnaissant que tout n’a pas été mauvais avec l’homme du 6 avril 2006, il a reconnu ses erreurs pour avoir contribué à l’arrivée de Yayi Boni au pouvoir. Quand le chef reconnait ses échecs et tire les conséquences de ses erreurs, il en grandit. Contrairement à Yayi Boni qui fait preuve d’étroitesse d’esprit, Patrice Talon est façonné par la grandeur de son esprit. Son attitude prouve qu’il possède les traits avérés d’un futur grand homme d’Etat.

F. N

 Talon, un bon démocrate

L’opérateur économique Patrice Talon a une connaissance parfaite des sciences et des régimes politiques. A l’occasion de l’entretien avec la presse, il l’a exprimé avec des termes très pointus qui rappellent la définition étymologique de la politique : l’art de gérer la cité. Des penseurs ont révélé que quand « le citoyen ne fait pas la politique, c’est la politique le fait. » C’est certainement dans cette perspective que Patrice Talon fait savoir que « Contribuer au débat politique et exercer une activité économique ne sont pas antinomiques. Le débat politique est d’intérêt général, puisque la politique régit notre vie à tous dans la cité. L’essor ou le déclin d’une nation n’est-il pas toujours tributaire de la bonne ou de la mauvaise gouvernance politique ? C’est bien pour cela qu’à l’occasion des grands débats politiques, toutes les composantes de la nation sont conviées. L’opérateur économique que je suis ne peut s’exclure du débat politique. » Cela dit, l’homme d’affaires a de préférence pour les régimes politiques. C’est un vrai démocrate. En témoigne ses propos. « Je suis profondément attaché à la démocratie. Et j’ai grand plaisir à prendre part à sa consolidation. Le parcours d’opérateur économique qui est le mien n’a pu se faire que dans ce contexte. Je ne peux donc me garder de promouvoir ce vecteur qui m’a permis de me réaliser moi-même », a-t-il déclaré. Les libertés fondamentales faisant partie des principes qui régissent la démocratie, Patrice Talon en donne des résultantes. « La liberté permet l’éclosion et l’épanouissement de chacun en ce qui le caractérise. Mais, la liberté ne peut exister sans la démocratie. Et la démocratie ne peut survivre sans la compétition politique. » Il a démontré au cours de l’entretien que dans un régime démocratique, il faut la tenue régulière des élections et une séparation des pouvoirs.

 Jean-Claude Kouagou

 Une Cour complice des manoeuvres contre Talon

La Cour constitutionnelle est toujours sous ordre du chef de l’Etat. Elle n’a pas cru devoir donner suite au recours formulé par l’avocat du magnat du coton, Patrice Talon, à propos de son passeport renouvelé et saisi. Patrice Talon n’a que la nationalité béninoise. En conséquence, il n’a qu’un seul passeport. Il a demandé un renouvellement qui est intervenu le 7 novembre 2014. Mais, le passeport établi sous le numéro B 046134 a été saisi. L’avocat de Patrice Talon a introduit un recours le 9 décembre 2014 qui est demeuré sans suite jusqu’aujourd’hui. Pendant ce temps, la Haute juridiction a du plaisir à donner, avec empressement, suite à un recours fictif, se fondant sur l’imaginaire pour rendre des décisions aux conséquences incalculables. Cette révélation de Patrice Talon confirme que la Cour constitutionnelle est toujours aux ordres du président de la République, Yayi Boni. Par ailleurs, le fait de saisir le passeport est le témoignage que le président Yayi Boni n’a pas véritablement pardonné. Son message à la Nation en date du 14 mai 2014 était une farce. Sinon, il aurait instruit toutes les institutions de la République à ne plus rendre difficile la vie à Patrice Talon.

JCK