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Le président du Cmt, Dine Bouraïma salue les mesures prises par le gouvernement

Pas une utopie ! Le Bénin peut bel et bien attirer des touristes par millions. C’est la conviction du Consortium touristes par millions (Ctm). Né il y a moins de deux ans, le Ctm œuvre à la révolution du tourisme au Bénin et a déjà entrepris des actions qui ont porté leurs fruits. Son président, Dine Bouraïma, promoteur de Bénin royal hôtel, parle des initiatives de l’association et apprécie la politique de l’actuel gouvernement dans le secteur du tourisme.
Le Matinal : Présentez à nos lecteurs le Ctm-Bénin et ses objectifs !
Dine Bouraïma : Le Ctm-Bénin, entendez Consortium touristes par millions au Bénin, est une organisation faîtière officiellement mise en place le 14 mai 2015 et qui comporte la plupart des acteurs touristiques présents au Bénin. Nous avons en notre sein des compagnies aériennes au Bénin, des représentants des associations de tourisme, de l’Association nationale des guides touristiques, des promoteurs d’hôtels, de restaurants et d’agences de voyage… Notre objectif c’est d’être ensemble pour être plus fort et parler de nos problèmes au pouvoir public. L’association entend lever les goulots d’étranglement qui pèse sur le secteur du tourisme. Ainsi, l’association s’est donnée pour objectifs de faire le lobbying et le plaidoyer auprès des autorités, d’améliorer la qualité des services touristiques, d’œuvrer à fédérer les ressources des différents acteurs touristiques pour rendre la destination Bénin attractive, de sensibiliser au tourisme intérieur, d’assurer la médiation entre les membres de l’association, d’offrir ses bons offices dans le règlement des litiges éventuels entre ses membres et l’administration publique ou toute autre personne physique ou morale, et d’accompagner toutes les actions ou politiques de l’Etat ou de tout autre organisme national ou international de nature à booster le tourisme béninois.
Des associations d’acteurs touristiques existaient avant la vôtre. Dans quel contexte est donc né le Ctm et qu’est-ce-qui fait sa particularité ?
Notre association est née face au constat amer que bien que le tourisme ait été identifié comme une activité créatrice de richesses qui contribue fortement au Pib de notre économie, le secteur est toujours confronté à une série de goulots d’étranglements qui empêchent son plein épanouissement et l’optimisation de ses potentialités. Ce sont entre autres, la qualité défectueuse et le coût très élevé de l’énergie électrique, le caractère très élevé des taxes aéroportuaires, les tracasseries administratives liées à l’obtention des visas qui heureusement sont réglées, les difficultés d’accès aux sites touristiques, la non-codification et l’absence d’une tarification harmonisée des circuits touristiques, le manque d’actions concertées pour accompagner l’Etat à atteindre ses objectifs en vue de mettre sur orbite la destination Bénin. C’est pourquoi, certains acteurs ont décidé de se mettre ensemble pour d’une part, lever, ces goulots d’étranglements et d’autre part, rendre visible et attractive la destination Bénin. La particularité du Ctm réside dans le fait qu’elle est une association fédératrice, transversale du secteur touristique au Bénin. Et à ce titre, elle entend se pencher sur toutes les préoccupations des principaux domaines du secteur touristique. Pendant longtemps, nous avons dispersé nos énergies, chacun dans son coin. Avec le Ctm, les acteurs s’unissent pour poser leurs préoccupations à l’autorité compétente et aux partenaires.
Des objectifs impliquent des actions. Pouvez-vous nous faire connaître quelques actions à l’actif du Ctm ?
Je peux dire, sans risque de me tromper et sans fausse modestie, que le Ctm travaille et œuvre déjà à atteindre ses objectifs. Dès sa création, le Ctm a fait de la question du visa, son premier cheval de bataille. Tant que cette affaire n’est pas réglée, le tourisme ne peut pas prospérer. Le touriste préfère toujours aller dans un pays où il y a moins de protocoles administratives. Aujourd’hui, la plupart des gens vont se soigner en Afrique du Sud parce qu’on y va sans visa. Et l’homme recherche la facilité. Nous avons donc voulu que le visa soit accessible et nous avons rencontré le président Yayi Boni. Malheureusement, ça n’a pas abouti. Nous remercions Dieu que le Président Patrice Talon, une fois élue, a fait du tourisme un domaine privilégié. Grâce à nos plaidoyers, à la facilitation de M. José Pliya et à la volonté du chef de l’Etat, le visa a été supprimé. Le chef de l’Etat l’a annoncé lors de sa visite au Rwanda. Beaucoup de personnes pensent que la suppression a été pensée au Rwanda, mais c’est faux. La chose a été élaborée bien avant et c’est pour lui donner un écho international que le président l’a annoncé au Rwanda. Outre ce plaidoyer, l’une des grandes initiatives du Ctm est l’identification des sites et événements touristiques dans 7 communes dont Kétou, Adja-Ouèrè, Sakété, Pobè sur fonds propres. En outre, le Ctm a donné la possibilité à ses communes d’identifier des événements fédérateurs aux fins de les aider à élaborer un « Business plan » et à rechercher des financements…
Vos impressions sur la politique du gouvernement dans le secteur du tourisme.
J’ai été sidéré par les projets énumérés lors de la présentation du Programme d’actions du gouvernement en ce qui concerne le secteur du tourisme. La mise en place de l’Agence nationale de promotion des patrimoines et de développement du tourisme (Anpt) est d’ailleurs la preuve de la volonté manifeste du chef de l’Etat de booster le secteur. Lors de la rencontre des acteurs du secteur avec l’équipe de l’Anpt, le directeur général José Pliya a présenté les objectifs de cette agence qui mise sur le partenariat avec les acteurs du secteur privé, ainsi que les projets phares. Il s’agit entre autres, de la transformation du parc W Pendjari en parc de référence de l’Afrique de l’Ouest, la réinvention de la cité lacustre de Ganvié, la création d’un pôle touristique des arts et de la culture à Abomey, l’édification du premier musée international des arts, culture et civilisation vodoun à Porto-Novo, la reconstitution de la cité historique de Ouidah avec la recréation à l’identique de la route de l’esclave, et l’aménagement de stations balnéaires et éco-lodges à Avlékété, Djègbadji, Bouche du Roy… Des projets denses qui changeront l’aspect du tourisme au Bénin. On a un gouvernement en place qui a pris pour cheval de bataille, la révolution du tourisme. Nous avons donc à accompagner ce gouvernement. Car la réussite du gouvernement nous profite à nous tous.

Propos recueillis par Anselme PascalAguéhoundé