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bio tchane 2On s’attendait à ce que la première session extraordinaire de la Commission nationale permanente de concertation et de négociations collectives gouvernement/Centrales et Confédérations syndicales au titre de l’année 2018, soit l’occasion pour les deux parties de fumer le calumet de la paix. Malheureusement, les centrales et Confédérations syndicales n’ont pas levé le mot d’ordre de grève nonobstant l’ambiance bon enfant qui a prévalu pendant les travaux et la signature des conclusions par les deux parties.
Dans quelle dynamique s’inscrivent réellement les syndicats ? La question mérite d’être posée surtout qu’on sait que le gouvernement joue des pieds et des mains pour offrir un mieux-être à son peuple.La Commission nationale permanente de concertation et de négociations collectives gouvernement/Centrales et Confédérations syndicales s’est réunie lundi 05 février 2018 à l’Infosec à Cotonou. Même si les violons n’ont pas été totalement accordés, plusieurs avancées ont tout de même été notées. De nombreux points d’accord et autres divergences ont été notésau terme de l’examen des sept (07) principaux points de l’ordre du jour.Concernant la coordination entre le Fnrb et la Cnss, les responsables syndicaux ont plaidé la cause des Agents contractuels de l’Etat qui sont passés de la Cnss au Fnrb et dont les pensions sont en souffrance. Pour eux, les deux structures appartiennent à l’Etat et le problème ne devrait pas se poser. La délégation gouvernementale, après les échanges, a fait des concessions et les lignes ont bougé. De même, il a été retenu qu’un comité composé des membres du ministère de la Fonction publiqueet  des Finances soit mis en place pour étudier la question et proposer un décret. Le comité dispose d’au plus 3 mois pour saisir le Conseil des ministres. Pendant ce temps, le gouvernement a pensé à la possibilité de verser une avance sur pension aux retraités concernés pour soulager leurs peines.Par rapport aux réformes du gouvernement, les Centrales et Confédérations syndicales, après avoir fustigé la manière dont ces réformes sont conduites, ont réitéré leur doléance d’être associées à la mise en œuvre des réformes. Le pouvoir a donc pris note de leur volonté d’être associées aux réformes à venir en application de l’article 6 de la charte nationale du dialogue social. Pour montrer la bonne foi du gouvernement, le ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané a confirmé les assurances du président de la République à travers le processus mené actuellement avec le collectif des agents de la santé. Il a d’ailleurs insisté sur l’essence de ces réformes à savoir une réelle volonté de mieux faire pour ne pas hypothéquer durablement les chances de développement du Bénin.
Le plaidoyer du gouvernement
Le défi de développement étant énorme, le gouvernement du président Patrice Talon n’entend pas poser un acte qui puisse porter préjudice au peuple. C’est ainsi qu’il a convoqué, sous quinzaine, une nouvelle session de la commission nationale permanente de concertation et de négociations collectives gouvernement/Centrales et Confédérations syndicales. Ceci, afin qu’ils se réunissent pour prendre connaissance des avancées surtout lorsqu’on sait que beaucoup de secteurs sont en grève ou ont déposé des motions de grève.Après avoir fait d’énormes concessions en vue d’une sortie de crise, le pouvoir a demandé aux organisations Syndicales de lever leur motion de grève afin de permettre à l’administration publique de rouvrir à nouveau ses portes. Ce qui devrait à la fois favoriser la reprise des activités au sein des secteurs concernés et faciliter les dialogues sectoriels. Il faut reconnaître que par ces concessions, le gouvernement a montré sa disponibilité à œuvrer réellement pour une sortie de crise. Pour montrer sa bonne foi, le chef de l’Etat a donné des instructions pour que la participation des ministres soit renforcée au cours de cette séance. Mieux, la preuve de sa bonne foi est d’étudier et de donner suite à l’octroi d’une avance sur pension aux retraités qui sont concernés par la coordination entre le Fnrb et la Cnss. Ce qui est une avancée notable qui va au-delà de la commission chargée de proposer un décret à soumettre au Conseil des ministres. C’est le souci de soulager ces retraités qui est ainsi affirmé. On se pose alors la question de savoir ce qui pourrait bien justifier la suspicion des syndicalistes et leur stratégie jusqu’auboutiste. On s’étonne même du fait que les syndicalistes n’aient pas véritablement réalisé que les concessions doivent être faites de part et d’autre. Ce comportement semble mettre en doutela capacité de négocier des ministres et de porter les concessions de l’exécutif pour ne se fier qu’à l’arbitrage du Chef de l’Etat. C’est le lieu donc d’exhorter les syndicalistesà mettre en jeu leur part de concession pour une sortie de crise et cela devra se manifester ce jourlors de la rencontre avec le Président Talon.

Odi I. Aïtchédji

La rencontre de ce jour pour le dégel
Des avancées toute de même, mais les partenaires sociaux ne sont toujours pas satisfaits. La série de conclaves entre les membres du gouvernement et les syndicats n’a pas fait bouger les lignes. La dernière séance tenue hier lundi 5 février laisse un brin d’insatisfaction. Les regards sont tournés vers la rencontre de ce jour avec le Chef de l’Etat. Beaucoup d’avancées, mais ils ne jubilent toujours pas. Les partenaires sociaux maintiennent toujours la pression. La tension est tombée d’un cran, mais le sourire peine à s’afficher sur les lèvres. Plusieurs points de consensus ont été obtenus. Le premier a trait à l’augmentation du Salaire minimum interprofessionnel garantie (Smig). Les partenaires sociaux ont souhaité que ceci soit porté à 80.000 Fcfa. Le gouvernement, sans ménagement, a concédé et souhaité que la question soit approfondie au sein de la session bipartite Patronat et Partenaires sociaux au plus tard à la fin de ce mois. Le second niveau d’avancée a trait au statut particulier des enseignants. Le gouvernement a pris acte et a souhaité qu’une commission soit mise en place pour proposer les modalités d’application des arrêtés. Ladite commission a jusqu’au 15 février pour déposer ses conclusions. L’autre point qui n’a pas connu d’avancée est celle relative à l’augmentation du point indiciaire. Le gouvernement a fait savoir qu’il ne pourra pas donner son avis favorable au regard de la conjoncture actuelle. Les questions sectorielles ont été également abordées, mais n’ont pas connu de grandes avancées. La rencontre avec le Chef de l’Etat permettra  peut-être de dégel attendu.

Abdourhamane Touré