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ERICHOUDETEAprès l’intervention du chef de l’Etat lundi dernier,  les forces de l’opposition ont réagi lors d’un  point de presse  mardi 21 mai 2019.  Loin d’adopter une posture proche de l’accalmie, Eric Houndété et compagnie ont exagérément monté les enchères. Finalement, que veut cette opposition ?  La question s’impose.

La sortie médiatique du chef de l’Etat lundi dernier n’a pas plu à l’opposition. Depuis, de conférences de presse en déclarations publiques tendancieuses, chacun y va de son humeur. Mais, au-delà de la litanie d’exigences hétéroclites  exposées  par  l’opposition, on fera remarquer que tout est dit sauf l’essentiel. Car l’exigence principale de l’opposition, en tout cas d’une opposition constructive,  devrait être la sauvegarde de l’intérêt supérieur du pays. Les uns et les autres, face aux conséquences néfastes  de cette  crise dont on pouvait faire l’économie, devraient aujourd’hui s’élever au-dessus des égos individuels, pour trouver un modus vivendi. De plus, cette  crise électorale est déjà du passé. Le nouveau Parlement étant installé et déjà au travail, les  regards devraient se tourner vers la reconstruction du pays. En tout cas, Patrice Talon, tirant leçons des violences postélectorales, a voulu remettre l’opposition en selle, et lui a offert la possibilité de revenir dans le jeu politique. La possibilité d’une relecture de la Charte des partis politiques et du Code électoral est un signe évident de main tendue. Et si l’opposition est réellement dans une dynamique de détendre l’atmosphère politique  plus que viciée, elle devrait se précipiter pour saisir la balle au bond. En plus, Patrice Talon est allé un peu plus loin, en annonçant un large débat, dès que possible, autour des questions essentielles qui polarisent et cristallisent actuellement l’opinion. Qu’est-ce qu’un chef de l’Etat peut offrir de plus ? La plus belle femme du monde… C’est là que le bât blesse. Car, à chaque fois  que l’Exécutif cède du terrain, l’opposition monte les enchères de manière inconsidérée et disproportionnée. Cette attitude jusqu’auboutiste n’est pas de nature à faire évoluer le débat. Par ailleurs, l’opposition se pose la question de savoir pourquoi le président Talon n’a pas condamné l’usage d’armes à feu contre les populations non armées et pourquoi le domicile de l’ancien président Boni Yayi serait sécurisé.  Fallait-il laisser les jeunes « irresponsables » mettre la ville à feu et à sang ? S’il advenait que l’ex « Prince de Tchaourou » soit touché d’une manière ou une autre, ne dirait-t-on pas  que c’est la responsabilité de Patrice Talon ? En outre,  les leaders de l’opposition  souhaitent savoir pourquoi le chef de l’Etat n’a  fait aucune allusion au faible taux de participation aux dernières législatives. Existe-il un seuil de participation pour valider une élection ? Non.

 Contradictions

 Et de toutes les façons, n’eussent  été la peur et la psychose distillées dans l’opinion par ceux qui se sont laissés dépasser par les évènements, les populations seraient sorties en grand nombre le jour du vote. D’ailleurs, les actes de violences qui ont émaillé le vote, ainsi que les événements postélectoraux démontrent que les populations, en se mettant à l’abri, ont eu raison.  S’embourbant dans ses contradictions, l’opposition déclare qu’aucun dialogue franc n’est possible avec la classe politique s’il n’y a pas de sincérité non seulement dans les actes, mais aussi dans la parole. Elle aurait souhaité par exemple que, pour un retour à la paix, le chef de l’Etat, lors de sa déclaration, déplore les derniers incidents, situe les responsabilités et engage des procédures de sanction. La question qui se pose est,  quelle est la part de responsabilité des leaders de l’opposition dans les événements malheureux de mai dernier ? Pourrait-on clarifier les responsabilités sans demander qui a demandé aux jeunes « drogués » d’aller casser et brûler les biens d’autrui ? Les jeunes qui ont molesté la « mère » du député Adam Bagoudou, incendier sa maison et ses voitures, ont-ils agi spontanément, sans instruction de la part d’hommes politiques ?  Il urge de répondre à ces questions avant d’aller plus loin. D’ailleurs, s’il fallait situer les responsabilités, l’opposition ne va-t-elle pas crier à la chasse aux sorcières ?

 Jean-Paul Mahugnon