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Le kpayo résiste à toutes les luttes

Il n’utilisera pas la force pour contrer les acteurs du Kpayo. Le régime de la Rupture compte programmer la mort en douce du secteur à travers une concurrence loyale des acteurs du système formel. L’exercice ne manque pas de pertinence, mais quand on est dans un contexte d’austérité comme celui-ci, oser lancer ce grand chantier d’investissement ne sera-t-il pas risqué ?

Aucun régime n’a gagné la lutte contre l’essence frelatée. Le lobby Kpayo a été sur la durée, suffisamment fort, et assez résistant à toute forme de pression des gouvernements successifs. Le Président défunt, Mathieu Kérékou, n’a pas réussi l’exercice. Yayi Boni, avec sa fougue, n’a pas pu contenir ‘’le cartel’’. Le recours à la force publique n’a été qu’une vaine entreprise. Tirant leçon de tous ces échecs, le régime de la Rupture veut essayer un coup astucieux. Sans bruit, il veut étouffer progressivement les acteurs à travers une concurrence soutenue au niveau du secteur formel. Le résultat attendu est d’avoir un prix qui soit proche de celui proposé par les acteurs du Kpayo. L’idée ne manque pas de réalisme mais dans la pratique, l’exercice ne sera pas facile. Pour arriver à contrer ‘’l’Etat Kpayo’’, le régime de la Rupture aura besoin d’investir assez de ressources dans le secteur formel. Il s’agira, dans un premier temps, d’ouvrir le secteur et d’encourager l’investissement privé. Cet exercice seul implique que l’Etat consente  d’énormes sacrifices. Le second défi se trouve au niveau du prix. Pour réussir à obtenir un prix aussi bas comme celui de l’informel (encore qu’il est fluctuant), il faudra que l’Etat subventionne le secteur en y injectant d’importantes ressources. L’autre casse-tête, c’est  la couverture intégrale du territoire national en stations-services. Le défi à ce niveau n’est pas mince. Si déjà au niveau des grandes villes (Cotonou, Porto-Novo, Parakou),  la possibilité d’avoir des stations-services en nombre raisonnable (face à la pression démographique) est hypothétique, en milieu rural, c’est carrément ‘’le désert’’. L’essence de contrebande trône dans ces zones où les populations n’ont autre choix que de recourir à l’informel. Comment réussir à créer des stations-services dans toutes ces zones ? Le secteur privé sera sans doute appelé à la rescousse, mais une fois encore, le gouvernement devra faire des sacrifices considérables. Dans un contexte d’austérité pareille, le régime de la Rupture pourra-t-il faire cet important investissement ? L’avenir nous en dira.

 Jamais de taxe sur le Kpayo, selon Bio Tchané

 Le Ministre du développement, Abdoulaye Bio Tchané a été clair hier devant la presse. Le gouvernement de la Rupture n’a jamais décidé d’un quelconque prélèvement de taxe sur le kpayo. « Cela n’a jamais été question de prélever des taxes sur le kpayo », a-t-il martelé. L’objectif du gouvernement, affirme-t-il, est d’identifier une politique permettant de rapprocher le prix du marché formel (des stations) à celui de l’informel. Pour y parvenir, ajoute-t-il, il faudra agir sur la fiscalité au niveau de la pompe. La finalité, à travers cette mesure, sera d’alléger le prix à la pompe et le rapprocher de celui proposé par l’informel. L’autre équation sera la  possibilité d’avoir des stations partout sur l’étendue du territoire national. A cette question, le ministre rassure. « Par rapport à la disponibilité des stations, des mesures souterraines sont en train d’être envisagées. On en discute sérieusement à l’interne », a-t-il fait savoir.

 Hospice Alladayè