Spread the love
assemblée-benin1La question de la révision de la Constitution a été officiellement évoquée hier au Parlement. Saisi par le gouvernement pour étudier le projet de loi portant révision de la Constitution en session extraordinaire, le Président Adrien Houngbédji a informé ses collègues qui ont dit « oui » à la demande du gouvernement tout en dénonçant la procédure d’urgence.
Les choses se dessinent de plus en plus. Le projet tant attendu est transmis aux députés le mercredi 15 mars 2017. En séance plénière d’hier, le Président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, a informé ses collègues d’une note du gouvernement sollicitant, en session extraordinaire et en procédure d’urgence, la révision de la loi fondamentale. Prenant la parole, les députés Djènontin et Rosine Soglo ont dénoncé le caractère urgent que laisse entrevoir la révision de la loi fondamentale. « C’est le droit du gouvernement de demander une session extraordinaire, mais rien n’urge pour qu’on nous demande de réviser en urgence ledit projet ». Voilà en substance les récriminations des deux députés. Dans leurs réactions, les deux députés, ainsi que plusieurs autres de leurs collègues n’ont pas dénié au Président de la République le droit de demander la convocation d’une session extraordinaire sur le sujet de son choix. La réaction des deux députés est la somme des réactions politiques, entendues çà et là et qui ont tendance à fustiger la révision de la loi fondamentale initiée par le Président Patrice Talon. On parle de révision en catimini, ou de révision précipitée. La réflexion est partagée dans l’opinion de sorte qu’on se demande le moment où le peuple sera prêt pour une révision dite ouverte et exempte de polémiques ?
 
M. A (Coll)
 Que disent les textes ?
 Article 78 du R.I de l’Assemblée nationale : «La discussion immédiate d’un projet de loi, d’une proposition de loi, ou d’une proposition de résolution peut être demandée par le gouvernement ou par dix députés au moins. L’Assemblée nationale statue et se prononce sur l’opportunité de la discussion immédiate à main levée et sans débat.»
Article  88 de la Constitution: «L’Assemblée nationale est convoquée en session extraordinaire par son président, sur un ordre du jour déterminé, à la demande du président de la République ou à la majorité des députés. La durée d’une session extraordinaire ne peut excéder quinze jours. L’Assemblée nationale se sépare sitôt l’ordre du jour épuisé.»