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L’évaluation de la certification du Fnm ratée

(La Dg DéniseAtioukpè s’explique)

Le Fonds national de la microfinance (Fnm) n’a pas subi l’audit de suivi prévu dans le cadre du contrat qui le lie à Ab Certification. Cet évènement manqué du 22 juillet 2016 fait l’objet de commentaires et de diverses interprétations au sein de l’opinion publique.

Selon les informations reçues et confirmées par les responsables du Fonds national de la Microfinance (Fnm), l’audit de suivi prévu dans le cadre de l’évaluation de la certification Iso-9001 version 2008 a été refusé. L’occasion a été ratée depuis le 22 juillet 2016, une date à laquelle cette évaluation annuelle devait être faite pour voir si la démarche qualité et autres critères remplis par le Fnm et qui lui a valu le renouvellement en 2015 de la certification Iso 9001 version 2008 sont toujours respectés. En effet, le cabinet Ab Certification, structure ayant certifié le Fonds national de la microfinance en 2012, a relancé les responsables de cette institution qui ont marqué leur accord pour une évaluation annuelle, comme prévu dans les clauses. C’est un exercice qui se fait chaque année et facilite le renouvellement chaque trois ans. La date du 22 juillet 2016 a été donc retenue par les deux parties pour les formalités nécessaires. A la grande surprise des cadres du Fnm, Denise Atioukpè, nouvelle Directrice générale de cette structure, a marqué son refus de renouveler cette certification. Elle aurait, selon ses proches,  estimé que cette formalité, bien que nécessaire, n’est pas une priorité. Des cadres et usagers du Fnm qui ont travaillé pour que la certification soit obtenue depuis quatre ans s’inquiètent et se demandent si ce n’est pas une manière de vouloir faire reculer cette structure qui, à travers cette certification, se démarque de plusieurs autres en terme de gestion et de conformité aux normes recommandées.

La Dg Atioukpè a-t-elle reçu une consigne de la part de la ministre MathysAdidjatou pour annuler l’audit de suivi? Nul ne le sait. Mais des personnes proches du cabinet de la ministre des affaires sociales nous ont confié qu’aucune instruction du genre n’a été donnée à la Dg. Le paradoxe est que le Fonds national de promotion de l’entreprise et de l’emploi des jeunes (Fnpeej), une structure sous la tutelle du même ministère, a maintenu sa certification. Pourquoi c’est au Fnm, première initiative publique du genre à avoir été certifiée Iso, qu’on va refuser l’évaluation annuelle ?

La Dg Denise Atioukpè s’explique 

« Je ne suis pas contre la certification Iso et je n’ai pas la prétention de remettre en cause le processus en cours au Fnm. Seulement, je viens d’arriver et les conditions dans lesquelles j’ai trouvé la structure ne me permettent pas d’accepter que des gens viennent faire une évaluation». C’est en ces termes que Denise Atoukpè, directrice générale du Fnm nous a répondu, mardi dans son bureau. Elle a été appuyée par l’auditeur interne et la responsable qualité du Fnm qui ont justifié le refus de cette évaluation annuelle par le fait que la Dg vient de faire à peine un mois et en plus, il y a eu déménagement. Ce qui pourrait compromettre les normes prescrites par le certificateur. « Comment voulez-vous que j’autorise un audit de suivi alors que je suis venue découvrir des impayés évalués à plusieurs milliards de Fcfa au niveau du Mcppclassic ? Ce n’est pas possible. Si j’accepte cet audit et que peut-être, on nous déclare conforme aux normes alors que nous avons des pourritures, ce ne serait pas normal et c’est moi qui répondrais devant le Gouvernement. Je préfère voir clair d’abord, et après ils vont revenir », a ajouté la Dg, d’un ton sincère. La responsable qualité a reconnu qu’en réalité, il n’y a aucun mal à refuser un audit de suivi. « C’est prévu dans les clauses du contrat qui nous lie au certificateur qu’en cas de nécessité, l’une des deux parties peut ne pas accepter l’audit de suivi annuel », a-t-elle expliqué. Elle a ajouté que cela n’aura aucun impact sur la certification, ni sur le Fnm, puisque dans six mois, elle peut leur faire appel pour l’exercice manqué.

A la question de savoir si cela n’aura aucun effet négatif sur les partenariats extérieurs de la structure avec plusieurs autres, l’auditeur interne indique que les partenaires du Fnm qui sont là en ce moment l’étaient avant la certification. « Que ce soit la Boad, la Badea ou la Bid, elles étaient avec nous en 2010 avant la certification en 2012 », a-t-il complété pour dire que le Fnm ne banalise pas la certification et ses impacts positifs, mais que les partenaires actuels étaient là il y a un moment. Le trio de directeurs a expliqué que cette évaluation ratée du 22 juillet 2016 ne signifie pas que le Fnm n’est plus certifié. « La certification se renouvelle chaque trois ans et la dernière fois pour le Fnm c’était en 2015. L’exercice qui a raté n’est que l’évaluation annuelle qui permettra de voir si nous respectons toujours les normes », a rassuré la responsable qualité. Elle a été soutenue par l’auditeur qui a rappelé que les certificateurs avaient affirmé que « le Fnm était déjà hors norme » ; ceci pour dire que cette maison ne manquera pas de respecter les normes recommandées.

Félicien Fangnon

Nécessité de préserver la certification

La Directrice générale et certains de ses cadres se sont expliqués et on lit une volonté de ne pas remettre en cause cette certification. C’est vrai qu’il ne faut pas faire certifier alors que tout ne va pas bien au sein de cette structure. Mais il importe de préserver cette marque qui fait du Fnm un label dans le monde. Qu’on le veuille ou non, la certification a ses impacts positifs et oblige les cadres à se conformer aux normes Iso. D’ici six mois, il faudra travailler pour remettre de  l’ordre dans la maison et subir l’évaluation annuelle. Les impayés dont a parlé la Dg, sont ceux entrainé par un programme déjà vétuste. Ils ne concernent pas la période à partir de laquelle la certification est intervenue, selon d’autres sources.

Aujourd’hui, plusieurs banques étrangères appuient le Fnm. Il y a des programmes entièrement financés par des partenaires. Le renouvellement de cette certification, dès que possible, serait synonyme de la confirmation de la rigueur et la bonne gestion qui caractérisent le Fnm. Ce qui va entrainer le renouvellement de la confiance des partenaires. A ce jour, le Gouvernement met peu de moyens à la disposition du Fnm ; car cette structure a réussi à être autonome. Ceux qui font le Fnm, de nos jours, sont surtout les partenaires. Cet audit de suivi raté qu’ils ne comprendraient, peut-être pas pourrait être repoussant. Et le retrait desdits partenaires pourrait tuer certains programmes dont bénéficient des jeunes dans la réalisation de divers projets. L’autre conséquence est que le Fonds national de la microfinance devra changer toutes ses affiches et autres supports qui comportent la mention « Certifié Iso 9001-2008 Ab Certification », au cas où les évaluations prochaines seraient refusées aussi et peut-être le refus du renouvellement de la certification. C’est systématique et même s’il n’y a pas d’argent dans la maison, la Dg sera contrainte, en son temps, de se plier à cette obligation sous peine d’amendes.

Le Fnm est  créé en 2006 par décret N° 2006-301 du 27 juin 2006 avec pour mission principale la contribution à  la résolution significative et dans la durée, des problèmes liés au développement du secteur de la microfinance au Bénin. Il a été certifié pour la première fois en 2012.

FF