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djogbenou-agbenonci4 ministres du Gouvernement étaient face au corps diplomatique accrédité au Bénin, vendredi 22 juillet à la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères, pour faire le point des réformes opérées et en cours depuis l’avènement du « Nouveau Départ ». Exposés et questions-réponses, toutes les explications ont été fournies aux ambassadeurs pour mieux comprendre ce qui est fait et les grandes décisions prises au sommet de l’Etat.

 Joseph Djogbénou du ministère de la justice, Marie-Odile Atanasso de l’enseignement supérieur, Romuald Wadagni de l’économie et des finances et Aurélien Agbénonci des affaires étrangères ont planché devant le corps diplomatique. Chacun, en ce qui le concerne, a expliqué ce qui se fait au niveau de son département ministériel pour un réel Nouveau Départ. L’objectif de cet exercice est de faire en sorte « que la nouvelle gouvernance soit connue du monde et que la confiance des partenaires soit en place », selon Aurelien Agbénonci, à l’ouverture des échanges. Il a précisé que « pour faire cette diplomatie de développement, qui est une pièce maîtresse du Nouveau départ », le gouvernement a commencé par réaménager la carte diplomatique du pays afin qu’il soit à la mesure des moyens disponibles et surtout des ambitions du régime. Mais avant d’arriver à cette étape, selon le ministre des affaires étrangères, une étude a été faite pour comprendre les réalités, identifier les forces et faiblesses du gouvernement avant de prendre la décision de fermer certaines ambassades et transformer d’autres en consulats. A la suite de cela, poursuit le ministre, les effectifs ont été rationalisés afin que l’homme qu’il faut soit à la place qu’il faut. Au même moment, la relation entre le Gouvernement et le corps diplomatique s’est améliorée. Pour ceux qui sont en place, il est retenu un briefing tous les deux mois, une disponibilité lorsqu’ils expriment le besoin d’un échange important et surtout la ponctualité. Le Ministre Agbénonci a également fait le point des divers voyages officiels du chef de l’Etat et comment son ministère travaille pour faciliter les contacts entre les autres départements ministériels et les partenaires étrangers.

La fermeture des ambassades…

Sur la question de la fermeture des ambassades du Bénin à l’étranger, l’Inde était inquiète. Le consul honoraire de l’Inde à Cotonou n’a pas caché sa position. « Moi, j’étais un peu inquiet puisque dans la liste, j’ai vu que l’Inde est l’une des ambassades à fermer. Je ne comprenais pas… Il me l’a expliqué, et je pense que c’est bon. La seule chose, c’est qu’au lieu de fermer, il faut la transformer en consulat avec un chargé des affaires», a déclaré Ashok R. Mirchandani,  le consul honoraire. Car, a-t-il dit, « depuis que l’Ambassade a été ouverte, le nombre de visiteurs entre le Bénin et l’Inde a été multiplié par cinq (05). Avant, il n’y en avait pas autant. Le chiffre d’affaires entre le Bénin et l’Inde a aussi augmenté. Je ne peux pas donner de chiffres ici, mais je sais que c’est énorme».

Le secteur judiciaire

Dans le domaine de la justice, Joseph Djogbénou, Garde des sceaux, ministre de la justice, de la législation et des Droits de l’Homme, a d’abord fait l’état des lieux avant de parler des réformes. Pour lui, l’état des lieux est « proche de la  catastrophe ». Il a dit avoir trouvé « une justice sans ressources humaines de qualité ». « Pour 10 millions et quelque de Béninois, nous avons trouvé 250 Magistrats dont 188 en exercice, 41 huissiers de justice, une quarantaine de notaires et 250 Avocats », a dit le Ministre face au corps diplomatique avant de reconnaître que le Bénin a de bonnes dispositions juridiques, mais l’accès à la justice reste un problème à résoudre.  A tout cela, s’ajoute le manque de moyens matériels et financiers. Joseph Djogbénou a déploré devant les ambassadeurs la surpopulation carcérale du Bénin dont 75 à 80% n’est pas encore jugée.

38 Magistrats et 5 Notaires ont prêté serment et des discussions ont été engagées pour préparer le recrutement de nouveaux Magistrats d’après le Professeur Djogbénou qui a aussi énuméré quelques projets de loi sur la table des députés à adopter avec la création en vue de la Cour des comptes. Avant de finir son exposé, le Garde des sceaux a mentionné aussi la grande avancée enregistrée au niveau des réformes politiques et institutionnelles. Il a rassuré les Ambassadeurs de ce que d’ici la fin de l’année, tout rentrerait dans l’ordre pour doter le pays d’un modèle politique.

Fermeture en vue d’universités publiques et privées

La Ministre Marie-Odile Atanasso a présenté l’état des lieux peu reluisant de son département ministériel. On retient de son intervention que très prochainement, des universités aussi bien publiques que privées seront fermées. Elle a expliqué, en ce qui concerne le public, que selon le rapport issu du travail fait par une commission qu’elle a mise en place, la carte universitaire du Bénin n’est pas adaptée aux moyens actuels du pays. Pour elle, beaucoup d’universités publiques créées ne répondent pas aux normes en matière d’infrastructures et de ressources humaines. A cet effet, « nous allons vers un resserrement de la carte universitaire du pays afin que les ressources humaines soient utilisées efficacement et que les universités remplissent leurs missions de formation de cadres de qualité », a-t-elle annoncé. « Il y a une pléthore d’Instituts, d’établissements privés », a-t-elle fait remarquer avant de dire que les acteurs ont été rencontrés et imprégnés de la vision du président de la République en matière de formation. « A ce jour, il y a 150 universités privées dont 50 ont reçu l’agrément…nous allons procéder à la vérification du respect des textes et si possible, fermer celles qui ne répondent pas aux normes d’existence….Un Décret a été déjà pris en conseil des ministres pour fermer les établissements privés qui interviennent dans le domaine de la santé ; parce que nous estimons que c’est un secteur sensible », a indiqué la ministre Atanasso.  Pour ce qui est du système Licence-Master-Doctorat (Lmd), elle a annoncé l’organisation d’un atelier national pour son évaluation.

Vers un taux de croissance de 5%

Le Ministre de l’économie et des finances a déclaré devant les ambassadeurs que le gouvernement actuel entend atteindre un taux de croissance de 5% cette année. Au vu de l’état désastreux de l’économie nationale trois mesures ont été prises à savoir : des mesures d’urgence (pour arrêter la dégradation de l’état de l’économie) ; mesures conjoncturelles (pour sauver les performances de l’année budgétaire) et enfin, des mesures structurelles. Romuald Wadagni a cité l’arrêt des paiements, l’annulation de certains contrats et un collectif budgétaire pour faire le point des ressources et faire des options tenant compte de la crise au Nigeria. Par ailleurs, le Ministre a indiqué l’économie de 5 milliards Fcfa sur les frais d’organisation des examens de fin d’année, la suspension des contrats de location de véhicule au profit de l’Etat et la réorganisation des dépenses liées aux voyages officiels qui sont de 7 milliards Fcfa en 2013 et 2014 à plus de 17 milliards fcfa en 2015. Un emprunt obligataire de  150 milliards Fcfa a été fait pour donner du souffle aux caisses publiques afin de poursuivre les chantiers en cours ou ralentis pour défaut d’argent.

Félicien Fangnon