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idrissou-moukailaLes autorités en charge de la sécurité du pays sont sous la pression du chef de l’Etat qui ne cache plus sa colère face l’incapacité des forces de l’ordre à traquer les malfrats, lesquels dépouillent les populations et les tuent. Depuis que Patrice Talon a haussé le ton, elles ont  commencé par identifier  les malfrats, les tuent. Leurs complices seraient arrêtés et pourraient être abattus en guise d’exploit. 

La menace renouvelée du président de la République d’opérer des changements au niveau des postes de commandement, tant à la Gendarmerie  qu’à la Police,  a provoqué une remobilisation des agents de sécurité. Après cinq mois d’insomnie, d’inaction, de faux semblants à traquer braqueurs et malfrats, ou encore d’incapacité à venir à bout des hors la loi et des filous, les policiers et les gendarmes ont repris du poil de la bête. Le mercredi 21 septembre 2016, l’Unité Raid, la plus redoutée de la Police nationale, a frappé un grand coup à  Atrokpodji dans la commune d’Abomey-Calavi. Grâce aux services des renseignements plus discrets que tout, un gang présumé auteur des braquages dans plusieurs centres commerciaux (supermarchés, poissonneries) a été démantelé.  Quatre des éléments  ont été abattus sur-place. Les investigations qui se sont poursuivies ont permis de mettre la main sur des présumés complices, au nombre de trois, dont un charlatan et un fournisseur d’armes. Un exploit de plus en plus rare sur lequel les hauts gradés de l’institution policière, à commencer par le directeur général, Idrissou Moukaïla, se sont jetés pour respirer après cinq mois d’étouffement. Cinq mois au cours desquels, ils ont été éclipsés par les braqueurs qui ont occupé le terrain et imposé leur loi. Ce même mercredi, sans doute que c’était un jour de grâce pour les services de sécurité, les éléments de la compagnie de gendarmerie de Cotonou, ont réussi à déjouer un braquage dans le 13ème arrondissement de Cotonou. Deux éléments à moto, dont les gestes étaient suspects, ont été interpellés par l’équipe de patrouille. Pris ainsi en sandwich, ils auraient ouvert le feu pour sortir de l’étau. Mais, mal leur en a pris. Les  éléments de la gendarmerie, déjà avertis, n’ont pas hésité à riposter. Bilan : deux morts. Les images des gendarmes ragaillardis par cet exploit et de leurs chefs soulagés sont présentées à la télévision. Le commandant de compagnie, Gomina, entouré de ses collaborateurs immédiats, était apparu un peu décontracté. La hiérarchie policière n’était pas non plus restée discrète après l’opération de Atrokpodji. Il est vrai que les malfrats qu’on  arrêtait étaient présentés à presse. Mais force est de constater que les récentes images offertes par la Police et la Gendarmerie étaient plus que jamais utiles et importantes pour convaincre les populations et  le gouvernement que la mission de sécurisation ne dépasse pas les hommes qui en ont la charge. La manière dont les faits ont été présentés montre à quel point, les services de sécurité  avaient soif de résultats probants pour prouver au chef de l’Etat qu’ils maîtrisent la situation.

Des critiques sur les opérations

Cependant, ces exploits s’accompagnent de critiques au sein de l’opinion publique et des professionnels de la sécurité à la retraite. Certains reprochent à la Police de pratiquer des exécutions sommaires et d’agir par manque de professionnalisme. Ils estiment que les opérations menées et les   clichés présentés au public ne se ressemblent pas. Le film des opérations, tel qu’il est présenté, n’est que l’apparence d’une riposte des forces en mission, mais en réalité, derrière cela, se cache de l’amateurisme et le mot d’ordre qui consiste à frapper sans ménagement. Accusations fondées ou pas, l’offensive des forces de sécurité a apporté une bonne dose de quiétude aux populations en attendant la prochaine cible des bandits. Les fouilles des véhicules et des usagers de la route qui se sont accentuées ces derniers jours participent à la veille permanente des hommes chargés de la sécurité des populations. Quelque peu agaçantes, elles débouchent sur des découvertes inespérées. Par ailleurs, l’effectif des agents au niveau des postes de contrôle a presque doublé depuis quelques jours. Mais, les éléments sont toujours sous équipés. Ils n’ont que torche et sifflet. Les armes qu’ils gardent ne peuvent pas tenir devant les malfrats en cas d’un face-à-face.

FN