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Des produits avariés comme ces boissons

Les populations des départements du Borgou et de l’Alibori se préparent activement à célébrer avec gaieté les fêtes de fin d’année 2016. Mais c’est sans compter avec la mauvaise volonté des commerçants véreux qui déversent sur les marchés, des produits impropres à la consommation. Sauf cas de relâchement, les agents du contrôle alimentaire veillent au grain.

Dans les villes et campagnes des départements du Borgou et de l’Alibori, les préparatifs des fêtes de fin d’année 2016vont bon train. Les populations font déjà les achats de produits nécessaires pour la réussite de ces deux manifestations. A Parakou, Kandi, Malanville, Karimama, Nikki, Kalalé, Pèrèrè, N’Dali, Tchaourou, Gogounou, Sègbana et dans bien d’autres villes des deux régions, des stands de vente, boutiques et autres centres commerciaux sont approvisionnés en produits alimentaires et articles pour enfants et des objets de décoration. Depuis quelques jours, la présence des usagers de ces différents points de vente des produits se fait remarquer. Certains d’entre eux repartent les bras chargés. D’autres, par contre, ne parviennent pas à se procurer la moindre marchandise. Ces dernières évoquent le coût élevé des produits. Pour un tenancier de stands de vente de boissons et d’amuse-gueules qui a requis l’anonymat, les gens viennent au compte-gouttes. «Certains achètent nos produits, mais nombreux sont ceux qui repartent dans l’espoir de revenir avant les jours de fêtes», a-t-il fait savoir. Il a fait comprendre que tous ses produits sont de bonne qualité. Néanmoins, il a invité les usagers à vérifier la date de péremption marquée sur ses produits avant tout achat. Car, a-t-il reconnu, plusieurs commerçants mettent en cette période des produits de mauvaise qualité sur le marché. Il a fait la remarque selon laquelle, les prix de certaines boissons telles que les liqueurs ont flambé cette année. Pour Mme Zoumarou retrouvée dans une boutique à Parakou, les prix des différents produits sont presque restés les mêmes comparativement aux jours ordinaires. «On essaie de se débrouiller», a-t-elle confié avant d’ajouter que lorsque la musique change, il faut aussi changer de cadence. Cela, a-t-elle précisé, pour mettre un accent particulier sur  la crise financière qu’elle traverse. Tout en parlant de la morosité économique, Mme Zoumarou, en tant qu’Agent permanent du service de santé, s’est indignée contre le fait qu’elle doit d’abord se faire enrôler le 24 décembre prochain avant de percevoir son salaire du mois en cours. Or, c’est ce salaire qui permettra d’acheter des produits et jouets pour la Noël, la fête des enfants. Jean-Claude Kpénontin, enseignant au Ceg Titirou dans la ville de Parakou, tout en se remettant à Dieu pour la réussite de ces fêtes dans son foyer, a prévu acheter comme d’habitude des jouets pour son petit garçon et un roman pour sa fille afin d’améliorer son niveau en français. « Tous les produits sont trop chers. La décoration des maisons, les jouets pour enfants, les vêtements et les produits alimentaires coûtent chers », a précisé Mme Orou Séko. Selon elle, les prix des produits ont augmenté cette année comparativement à l’année dernière. C’est pourquoi, a-t-elle souhaité, que les commerçants revoient à la baisse les prix de certains produits de première nécessité pour les fêtes. Le même constat de la cherté des produits alimentaires et autres articles entrant dans le cadre de l’organisation des fêtes a été fait par Armelle Fassinou. Selon cette dernière, tout est cher, même les jouets des enfants. « C’est à cause de la cherté que je suis assise-là en train de réfléchir aux jouets que je vais prendre pour mes enfants», a-t-elle affirmé devant un point de vente sis en face du service de la Recette des finances de la localité. Cette mère de famille a avoué avoir prévu pour ces fêtes, l’argent pouvant servir à préparer de bons mets et non de l’argent pour l’habillement. Pour Armelle Fassinou, les vêtements disponibles même déjà utilisés, serviront de tenues de fête. L’essentiel, selon elle, est d’avoir de quoi mettre sous la dent les jours de fête. La vendeuse de friperie, Solange Médédji, a également souligné que son activité en cette période a connu un regain en raison non seulement de la crise économique qui sévit dans le pays, mais aussi et surtout pour cause de la délocalisation en cours.
 Plus de 2 tonnes de produits avariés saisies
 Dans des cargaisons de produits mis en vente sur les marchés, sont dissimilés bien d’autres aliments nuisibles à la santé humaine. Il s’agit des produits alimentaires impropres à la consommation. Le pot aux roses a été découvert par les services de l’Etat du contrôle de la qualité des aliments intervenant dans les départements du Borgou et de l’Alibori. Le Directeur départemental de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Ddica) du Borgou et de l’Alibori interrogé, a indiqué qu’une grande quantité de ces produits alimentaires de diverses sortes et pour la plupart  des boissons sont saisis dans presque toutes les villes de l’Alibori. Issifou Abdoulaye a cité, au nombre des produits saisis, des bouteilles de liqueurs frelatées, des cannettes de bière  ou de sucrerie ainsi que des  sucreries contenues dans des bouteilles en matière plastique, les boîtes de conserves et les pâtes alimentaires, etc. En somme, plus de deux tonnes de produits avariés ont déjà saisis dans ce département du pays. Selon lui, plusieurs équipes ont été constituées pour fouiller de boutique en boutique et dans les centres commerciaux afin de retirer des stocks de marchandises, des produits alimentaires impropres à la consommation. « Après une bonne moisson de saisie de ces produits dangereux à la santé humaine, des équipes de surveillance sont encore sur place dans les villes de l’Alibori », a fait savoir  le Directeur Issifou Abdoulaye. Le même contrôle s’opère chaque jour et ce jusqu’après la fête du nouvel an 2017, dans les villes du département du Borgou. A l’en croire, une mission de contrôle s’effectue déjà dans la cité des Kobourou par des équipes conjointes des agents du service de l’hygiène et de la police sanitaire, de la mairie de Parakou et de la direction de l’industrie, du commerce et de l’artisanat. A l’endroit des opérateurs économiques intervenant dans le commerce, Issifou Abdoulaye interdit la mise en vente sur les marchés de son territoire de compétence, les produits prohibés sous peine d’être poursuivis et punis selon les textes en vigueur. La vente promotionnelle dite liquidation, a-t-il indiqué, se fait après l’obtention d’une autorisation de la Ddica Borgou-Alibori. Cela, a poursuivi le directeur du commerce, permet à sa direction de savoir les produits à liquider, de vérifier leur qualité, les factures d’achat pour savoir à quel prix les produits ont été initialement pris et quelles sont les quantités de ces produits à faire écouler et les raisons de cette initiative. Toute liquidation de produits alimentaires dans une commune est obligatoirement soumise à l’approbation de la direction départementale du commerce et à la mairie administrativement compétente pour des contrôles devant permettre aux populations de consommer des aliments sains et à moindre coût. Il a attiré tout de même l’attention des consommateurs sur la supercherie de certains commerçants qui, selon lui, nettoient les dates de péremption sur les produits avariés. En cas de doute sur la qualité des produits mis en vente, Issifou Abdoulaye a conseillé aux populations de se rapprocher des services de contrôle compétents pour leur retrait pur et simple des rayons de vente afin de sauver des vies humaines du danger.
 La police sanitaire de Parakou mène le contrôle
 Le même combat s’opère depuis deux mois déjà par la brigade de la police sanitaire de Parakou, a fait savoir un responsable de ce service. Pour le commandant de cette unité sanitaire qui parle de produits avariés fait allusion à la qualité des aliments qui, avant d’être consommés par tout individu, devraient être passés au contrôle. Selon Sarè Chabi Kandi, ce n’est pas pour rien qu’à l’approche des fêtes, le service d’hygiène du Ministère de la santé, à travers sa structure pilote de contrôle de qualité des aliments qui est la police sanitaire, procède au contrôle des denrées alimentaires mise en vente. Il a fait comprendre qu’à l’orée des fêtes de fin d’année, les commerçants vendent à vil prix des produits dont les dates de validité sont dépassées à vil prix. Leur mission actuelle, a précisé Sarè, consiste à vérifier les dates d’existence en qualité, en bonne et due forme des produits, les dates d’expiration, les conditions de stockage et de maintenance des produits vis-à-vis de la chaleur et du vent ainsi que des rongeurs. Il a ensuite confié qu’il ne s’agit pas seulement de produits avariés. « Un produit peut ne pas être avarié et lorsqu’il est mal conservé, il peut contribuer à l’intoxication. Si les ras et les insectes nuisibles y visitent et laissent leurs urines et excréments, ces produits peuvent être causes d’intoxication alimentaire », a-t-il expliqué. Pour Sarè Chabi Kandi, les agents de la police sanitaire sillonnent tous les jours les boutiques, magasins et autres centres commerciaux et procèdent à une fouille systématique rayon par rayon, carton par carton pour le retrait des produits qui ne répondent pas aux normes. Le commandant de la police sanitaire a prévenu que les commerçants qui commettraient ces impairs, subiront les sanctions prévues par la loi n°96-015 portant code d’hygiène publique en République du Bénin. Sanctions selon lui, contenues dans la loi cadre sur l’environnement. Car, a-t-il martelé, l’homme ne meurt que de ce qu’il consomme de mauvaise qualité. « Si toutes les conditions adéquates de stockage, d’hygiène et de mise en vente des produits sont respectées, certains médecins auront moins de malades à soigner », a mentionné cet agent qui a soutenu que des maladies provoquant les vomissements, la diarrhée, la fièvre typhoïde, le choléra et autres intoxications alimentaires proviennent du non-respect de l’observance de ces conditions de stockage et d’hygiène. Il a demandé aux populations de prendre garde afin d’éviter l’achat des produits alimentaires posés à même le sol, les aliments qui à vue d’œil ont perdu leur couleur et odeur normal. Egalement, il a conseillé le lavage à grande eau et le séchage des céréales avant leur cuisson ou avant de les faire moudre.  Ces produits sont parfois conservés à l’aide des insecticides, a signalé Sarè Chabi Kandi. Il n’a pas occulté la prudence des populations surtout pour les dates de péremption avant tout achat. Le commandant de la police sanitaire de Parakou a sollicité la bonne collaboration des populations pour démasquer ces commerçants indélicats.
 Hervé Yotto
(Br Borgou-Alibori)