Spread the love
Ange-N'koué
Le ministre de la culture, Ange N’koué préoccupé…..

Elle est fermée depuis environ quatre ans. La bibliothèque départementale du Mono-Couffo, principal centre d’études et de loisirs des populations, est devenue la chasse-gardée des mauvaises herbes et animaux sauvages. La situation interpelle les autorités qui ne comptent pas croiser les bras.

Portes et fenêtres hermétiquement fermées, toitures perforées par endroits, enseigne complètement lacéré par les intempéries. Telle est l’image désastreuse que présente ce lieu du savoir qui désole par son caractère insalubre. Les populations ont peur de fréquenter les abords car, cette bibliothèque abrite de nombreux reptiles. Qu’est-ce qui peut bien expliquer ce dédain prononcé pour ce haut lieu de culture ? Pour les autorités départementales en charge de la culture, tout a commencé depuis que le responsable du centre est admis à la retraite en 2012. « Le centre fonctionnait normalement lorsqu’il était là. Après son admission à la retraite, il a encore passé quelques mois sans trouver de remplaçant. Face à ce défaut, il a dû quitter les lieux», ont renchéri les autorités départementales en charge de la culture et de l’artisanat du Mono-Couffo. Elles confient qu’elles ne savent pas pourquoi l’autorité de tutelle n’a pas encore envoyé un remplaçant jusqu’à ce jour. L’argument parait tout de même difficile à avaler, puisqu’il leur revient de le solliciter. En réponse à cette préoccupation, l’autorité départementale a déclaré que la gestion de cette bibliothèque ne dépend pas directement de sa direction et qu’il ne lui revient pas de plaider pour le remplacement du fonctionnaire retraité. La plupart des autorités, y compris l’ancien patron du centre, s’accordent à justifier  l’état délabré du centre par la négligence et l’inaction des autorités nationales de la culture. D’autres facteurs sont à l’origine de cette fermeture.
Un désintérêt
 Selon les informations, on note un désintérêt pour ce centre. Cela se justifie surtout par la création par l’Organisation internationale de la francophonie, des Centres de lecture et d’animation culturelle (Clac) dans des départements du sud dont le Mono-Couffo pour promouvoir la lecture dans ces deux régions du sud. Ici, les ouvrages ne traitent pas des programmes des apprenants. Interrogé, le chef service des affaires culturelles de la direction départementale de la culture du Mono-Couffo, Dévotchi Accrombessi, a également abondé dans le même sens. « Tous les enfants se ruent vers les Clacs. Ils y vont, parce que c’est un lieu de distraction où l’on peut se procurer certains ouvrages sur la culture. Ceci grâce

bibliothèque-délabrée
.. par l’état de délabrement de la bibliothèque départementale du Mono-Couffo

à l’appui  financier de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif). Ce sont actuellement des lieux de culture qui répondent plus ou moins aux exigences du monde moderne en matière de lecture et de culture  dans les deux départements», a-t-il fait remarquer.

 Les impacts du délaissement de ce centre..
 La fermeture de la bibliothèque n’est pas sans conséquences sur les usagers. Ecoliers, élèves et enseignants des départements du Mono-Couffo n’ont pas tous accès aux Clacs. La fermeture de la bibliothèque leur complique la tâche  et du coup ils sont pénalisés en voulant se documenter. Ils sont privés de centres de lecture et de documentation. Ils n’arrivent plus à faire leurs recherches. «Il n’y a plus de centre de lecture et de loisirs  dans les deux départements. Avant, j’allais dans ce centre de lecture et de culture pour me documenter. C’est d’ailleurs cette bibliothèque  qui m’a permis d’évoluer dans mon cursus  scolaire», a confié le premier responsable départemental en charge de la culture, Wilfrid Anato. Comme lui, beaucoup de cadres regrettent la fermeture de ce centre qui les a pourtant aidés. En dehors de ces personnalités politiques qui ont réussi leur cursus scolaire grâce à cette bibliothèque, beaucoup d’élèves et d’écoliers souffrent du fait de sa fermeture. Abéni, un élève en classe de troisième au Ceg 1 de Lokossa, se plaint tous les jours, de cette situation. Il indique qu’il n’arrive pas à faire certains exercices à cause de cela. « La fermeture de ce centre agit beaucoup sur nous qui voulons réussir. Je n’arrive plus à faire les recherches et cer-tains exercices donnés par les professeurs. Il y a beaucoup de livres qu’on pouvait consulter pour réussir nos exercices. Mais hélas », a-t-il regretté. La situation est beaucoup plus dramatique pour les candidats au Bac littéraire. « A l’approche des examens, ils se plaignent chaque fois de la fermeture de ce centre de documentation », a fait savoir un professeur de français de Lokossa.
 La réhabilitation du centre : une urgence
 Face à la situation, les autorités nationales et  départementales en charge  de la culture du Mono-Couffo ne sont pas restées insensibles. Elles déploient depuis quelques mois des efforts pour la réhabilitation de cette  infrastructure. En effet, frustré par l’état de délabrement de ce lieu de documentation, le ministère en charge de la culture a initié un projet de réhabilitation. Les autorités en charge de la culture du Mono-Couffo confient que l’actuel mi-nistre de la culture a mis en place deux commissions qui se chargent de la mise œuvre du projet de réhabilitation. Il a même délégué, confie le directeur départemental en charge de la culture, des techniciens et cadres pour inspecter les lieux. « Ils sont venus au moins deux fois  déjà en espace de deux mois pour inspecter les lieux. Ils sont venus ranger les livres et arranger la bibliothèque de peur que tout ne disparaisse. A ce sujet, le Secrétaire adjoint du ministère était, deux fois déjà, dans la Commune», a précisé le chef service en charge de la direction de la culture et de l’artisanat du Mono-Couffo, Dévotchi Accrombessi. Une décision  salutaire, confient les autorités. « Quelque chose se fait déjà pour la réhabilitation du centre. Il faut saluer le courage  du  gouvernement. Tout cela se fait suivant le Pta de l’année 2016 du Ministère de la culture.  Un crédit a été alloué à ce projet dans le budget de 2016. Le ministre de la Culture et du tourisme, Ange N’koué, a envoyé des techniciens pour évaluer  avec précision les besoins. L’objectif est de rendre ce centre plus attractif et moderne en tenant compte de l’évolution du monde moderne. Tout l’espace sera aménagé. Les documents et livres seront aménagés et rangés pour le divertissement des usagers. On va contraindre les enfants à lire. Vu l’état du centre, il fallait le réhabiliter », a rassuré le directeur départemental en charge de la culture, Wilfrid Anato.
Claude Ahovè
(Br Mono-Couffo)