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Le ministre du Cadre de vie Didier Tonato, est appelé à soutenir les forestiers dans la lutte contre les feux de brousses tardifs dans les départements du Mono-Couffo

Les feux de brousse, bien que punis par les lois de la République, certaines populations, dont les agriculteurs et des éleveurs, continuent de s’y adonner, ignorant toutes les conséquences qu’ils engendrent sur la végétation et les habitations. Au regard de ces impacts énormes sur l’environnement et le quotidien des populations, le chef d’inspection forestière du Mono-Couffo, le Colonel Léopold Kanhonou, a mis en garde tous ceux qui s’y adonneraient. 

Les feux de brousse sont causés par le renouvellement des feux de pâturage en vue d’obtenir des fourrages pour les bœufs. C’est aussi des incendies créés par l’homme en vue de la production du charbon de bois. En effet, au Bénin et surtout dans les zones rurales du Mono et du Couffo, les feux de brousse ne cessent de se multiplier chaque année, surtout en saison sèche où ils ravagent automatiquement les pâturages, les champs, les plantations et même les habitations. Au delà de la perte de la biodiversité qu’ils occasionnenent, il résulte de ces incendies, d’autres impacts indirects qui se résument à l’appauvrissement des sols, l’accélération de la désertification et l’aggravation du ruissellement et l’érosion des sols. Ces maux affectent, selon le chef de l’Inspection forestière du Mono-Couffo, le Colonel Léopold Kanhonou, directement les populations locales dont une grande partie se nourrit des produits d’une agriculture vivrière traditionnelle. Pire, à en l’en croire, ces actes annihilent les efforts des braves populations dans les milieux ruraux et engendrent la destruction des milliers d’hectares de forêts, de palmeraies ou de récoltes. Outre ces conséquences, les feux de brousse provoquent parfois la destruction des habitations, des installations électriques et téléphoniques et même des pertes en vies humaines. En visite dans un village du Mono, l’ex- ministre de l’environnement, Justin Adanmayi, a déploré les dégâts que ces actes causent sur l’environnement et sur le quotidien des populations. Il a fait remarquer que les feux de brousse calcinent les produits vivriers dont le maïs, le sorgho et soumettent les populations des zones rurales à la misère. Selon lui, les feux de brousse constituent un fléau social à combattre. Mais, qu’est-ce qui est à l’origine de ces feux de brousse enregistrés dans les zones rurales ? A en croire, le Chef d’Inspection forestière du Mono-Couffo, il y a les causes volontaires et naturelles. Les feux de brousse peuvent être causés par des agriculteurs qui, pour se conformer à leur tradition, provoquent l’incendie dans les brousses. « Dans ce cas, ce sont les agriculteurs qui mettent le feu à la brousse afin de faire la culture sur brûlis. Il pouvait aussi s’agir des feux provoqués par des communautés qui décident de se venger », a-t-il confié. En dehors de ces causes, les feux de brousse peuvent être provoqués naturellement par la foudre ou par une décharge électrique. « Il existe deux grandes catégories de feux. Il y a les feux précoces et les feux tardifs. Les feux précoces sont des feux préventifs qui sécurisent les habitations, les récoltes et les plantations. Les feux tardifs créent de graves préjudices à la végétation, à la biomasse, au microphone au niveau des sols et à l’environnement. Les causes des feux sont multiples et varient selon les acteurs. Les feux de forêts incontrôlés sont source d’aggravation de la pauvreté rurale, notamment pour la catégorie des pauvres et vulnérables »,a-t-il renchéri. Selon les agriculteurs, il existe également des feux de forêts d’origine criminelle. Lesimprudences des usagers des routes peuvent être aussi sources de feux de forêts incontrôlés en saison sèche, et particulièrement en période d’harmattan. Au nombre de ces usagers figurent les camionneurs-transporteurs et les ouvriers chargés de l’entretien des routes et pistes rurales. 
 Les mesures préventives et les sanctions
 Les mesures de prévention mises en œuvre par les cultivateurs et planteurs contre les feux de forêts incontrôlés requièrent, pour être efficaces, une mobilisation importante de main-d’œuvre. Pour ce faire, l’ex Ministre de l’environnement, Justin Adanmayi, avait sollicité l’engagement des leaders d’opinion et des acteurs dans cette lutte. « Je voudrais en appeler à l’appui des chefferies traditionnelles et des autorités religieuses. Au début de cette période particulièrement sensible, j’invite les agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, planteurs, exploitants forestiers et autres usagers des ressources naturelles à nettoyer soigneusement autour de leurs habitations, de leurs plantations, de leurs greniers, et à procéder à l’ouverture de pare-feux ainsi qu’à l’allumage des feux précoces et des feux de renvoi pour protéger leurs biens et propriétés », avait-il précisé. Dans cette bataille, il n’avait pas oublié les élèves et écoliers dont la contribution au succès de cette campagne n’est plus à démontrer. Mais, au regard de ces impacts résultant des feux de brousse, il urge que les pouvoirs publics intensifient la sensibilisation des populations et fassent le suivi-évaluation avec les communes qui doivent organiser avec les divers acteurs locaux et l’appui des agents forestiers, le brûlage contrôlé des espaces préalablement convenus. Au-delà de cette phase de sensibilisation, l’Etat doit appliquer les sanctions à tous ceux qui, au mépris des textes, mettraient le feu aux brousses. C’est dans ce sens que le forestier a confié que conformément à la loi, tout feu allumé après le 15 janvier 2017 est considéré comme feu de brousse tardif et tout acteur ayant été pris subira la rigueur de la loi. « Quiconque aura allumé les feux de brousse pour provoquer des incendies par inattention, par imprudence et négligence sera puni d’une amande de 50 000FCfa à 500 000 FCfa et d’une peine d’emprisonnement allant de 3 mois à 3 ans ou à l’une de ces deux peines », a-t-il mis en garde avant d’inviter les populations du Mono et du Couffo à  prendre soin de leurs habitations qui se trouvent dans la broussaille et à ne pas faire allumer anarchiquement des feux tout autour de leur biens immeubles.
 Claude Ahovè
(Br Mono-Couffo)