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Yayi s'est fait huer par les populations de Comé
Le chef de l’Etat inquiété de plus en plus par la fin de son mandat

L’homme qui, après Dieu était lui au Bénin, s’aperçoit la fin inexorable de ses deux mandats constitutionnels. Partagé entre nostalgie, la mélancolie et les affabulations, le chef de l’Etat, Yayi Boni, laisse libre cours à ses instincts qui révèlent le caractère d’un homme en déséquilibre.

Yayi Boni amorce l’atterrissage forcé en avril 2016 avec des propos cruels. A 7 mois de la fin du régime, le président de la République pique de vaines colères qui le déroutent au point de l’amener à commettre de parjure. Or, selon la Constitution du 11 décembre 1990 en son article 53, en cas de parjure, il doit subir les rigueurs de la loi. La sortie médiatique, le lundi 17 août 2015, de son ennemi n°1, Patrice Talon qui, selon ses révélations, s’est opposé à la révision opportuniste de la Constitution, le propulse au-devant de l’actualité politique nationale. Les intentions de Patrice Talon de briguer la magistrature suprême au Bénin, ont été clairement reprécisées au cours de l’interview que l’homme d’affaires a accordée à Christophe Boisbouvier de Rfi. Dans l’hypothèse, que le successeur du locataire de la Marina soit Patrice Talon, en raison du boum qui accompagne ses dernières déclarations depuis son exil à Paris, on peut entrevoir que, non seulement Yayi Boni aura le profil bas, mais aussi descendra du perron de la présidence de la République, tout furieux et révolté. Les propos va-t-en guerre tenus samedi 22 août 2015 à Djougou, par le chef de l’Exécutif béninois, en stigmatisant une des ethnies béninoises, sont les prémices et les signes avant-coureurs d’un pouvoir agonisant.Ces propos violent d’ailleurs l’alinéa premier du deuxième article de la loi fondamentale qui affirme fortement que « la République du Bénin est une et indivisible ». Les mêmes propos font perdre au chef de l’Etat l’incarnation de l’unité nationale énoncée à l’article 41 de la Constitution.

 Des raisons intimes des déclarations incontrôlées

 Les parjures notés désormais à chaque sortie du chef de l’Etat, il peut craindre d’être jugé par la Haute Cour de justice. Au cas où la passation de charges entre Yayi Boni et son probable successeur Patrice Talon se réalisait, il y aura de quoi donner du tournis à l’actuel président de la République. En effet, les fondamentaux de la République reposent sur une justice indépendante. Dans ces conditions, comme l’affirme souvent le président Nicéphore Soglo, on peut bien s’attendre à ce que Yayi Boni puisse rendre gorge. Dès lors, la panique peut s’emparer du chef masochiste qui a effondré les valeurs républicaines à travers une gouvernance calamiteuse. Les indicateurs de développement depuis 2006, n’ont pas atteint le niveau souhaité. La croissance à deux chiffres promise continue de tourner autour de 6%. La grande masse des Béninois peinent à atteindre le seuil de la pauvreté. Les scandales politico-économiques accablent et révoltent le chef de la magistrature suprême. Formulées sous forme d’infractions, les récriminations peuvent priver celui qui prendra le titre d’ancien président de la République à partir du 06 avril 2016. C’est une raison suffisante pour provoquer le déséquilibre chez l’inculpé, d’où l’absence de la maîtrise de ses nerfs. De plus, Yayi Boni, est sans nul doute le président qui a sucé l’os du pouvoir jusqu’à la moelle. Si c’était possible, Yayi Boni n’hésiterait pas à utiliser un aéronef pour aller d’une pièce à une autre dans sa maison. De Cadjèhoun à Fidjrossè, le président prend le vol. Se souvenir que dans 7 mois, il sera privé des avantages du pouvoir, peut provoquer un véritable choc.

 La descente aux enfers terrestres

 Obnubilé par la quête permanente de révision de la Constitution pour s’éterniser au Pouvoir, le président Yayi Boni, en fin de deux mandats consécutifs, n’a pas préparé de dauphin. Il s’est plutôt livré à la chasse aux sorcières contre toutes les personnalités de tous domaines qui s’opposaient à ses velléités de révision opportuniste de la loi fondamentale. Ces actes ont eu, entre autres pour conséquences, de métamorphoser l’homme d’affaires Patrice Talon qui ambitionne de lui succéder. Yayi Boni n’en croit pas avec l’ascension fulgurante de Patrice Talon, dont le discours force désormais l’admiration des intellectuels. C’est la pire des successions que le bientôt ex-président de la République n’ait envisagé. L’homme entrevoit son futur prochain en gros éléphant aux pieds d’argile. Il passe du statut de chef d’Etat au statut de simple citoyen. Les lois de la République lui sont facilement opposables. Les anciens présidents français, Jacques Chirac et feu François Mitterrand connaissent bien cette triste réalité qui les a conduits devant des tribunaux ordinaires de justice. C’est la descente aux enfers terrestres après avoir goûté aux délices du pouvoir faites d’avantages de toutes sortes et d’honneurs grandiloquents. L’aventure de chef d’Etat, fut-elle ambiguë, s’effondre en un seul instant et le tout puissant devient presque vulgaire. C’est un nouvel état qu’il faut apprendre à vivre avec courage. Ce statut est plus difficile à supporter que de vivre toute sa vie modestement, pourvu qu’on parvienne à satisfaire les besoins fondamentaux. Yayi Boni en aurait appris à ses dépens en ne préparant pas très tôt un dauphin et en se gardant de jouer à la chasse à l’homme. Bien triste, c’est trop tard. C’est peut-être aussi le destin du président qui aspire aux fonctions de pasteur.

 Jean-Claude Kouagou