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FcbeLe mal de la dislocation de l’Union pour le Bénin du futur (Ubf) a précocement atteint les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Beaucoup avaient prédit que la durée de vie de l’alliance Fcbe n’excèderait point celle de l’Ubf qui a soutenu les actions de l’ancien président de la République, Mathieu Kérékou à l’occasion de son dernier quinquennat constitutionnel.
La fin du régime en place et la désignation unilatérale de Lionel Zinsou, comme candidat de l’alliance Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), constituent deux facteurs majeurs de la dislocation totale de l’alliance au pouvoir. Le drame, c’est que la mort des Fcbe semble surgir plus tôt que prévu. Alors que l’Ubf avait attendu l’alternance au pouvoir avant de disparaître de la scène politique, les Fcbe entretiennent une déchirure qui les conduira vers l’abîme avant de départ de Yayi Boni. Mercredi dernier, ce sont des ténors, en l’occurrence, Marcel de Souza, beau-frère du chef de l’Etat, Alexandre Hountondji, Karimou Chabi-Sika natif de la même commune que le président Yayi Boni dont il a défendu la cause bec et ongles au cours de la 6ème législature, qui sont montés au créneau pour fustiger la désignation cavalière de Lionel Zinsou qui ne remplit pas, selon eux, les conditions d’éligibilité à l’interne, pour être candidat à la magistrature suprême. Dès lors, les dissenssions se prononcent. La sortie médiatique, le mardi 15 décembre 2015, de la coordination des Fcbe donne davantage de l’eau au moulin de ceux qui, comme Mariama Baba-Moussa, pensent que l’alliance Fcbe est au bord de l’éclatement et risque de connaître le même sort que l’Ufb. Ce qui est évident, pour avoir jeté son dévolu sur le premier ministre Lionel Zinsou, comme candidat des Fcbe à la magistrature suprême, Yayi Boni semble avoir précipité la mort de cette grande alliance. D’un côté, on enregistre ceux qui soutiennent mordicus et applaudissent la décision du leader des Fcbe. Pour la plupart, ils ne représentent que leur propre ombre. De l’autre, il y a ceux qui, dare-dare, estiment à juste titre qu’ils ont été floués. En effet, selon cette tendance, le candidat retenu pour eux par le Chef de l’Etat n’a pas encore qualité à les représenter. Ils estiment que politiquement, Lionel Zinsou est une nouvelle recrue au sein des Fcbe. En conséquence, il n’a ni mandat électif, ni fief électoral. De ce fait et pour ceux-là, c’est un mauvais choix qui ne peut que conduire à l’échec. Pour une troisième catégorie des Fcbe, sans être ni pour, ni contre le choix opéré par Yayi Boni, il aurait fallu des préalables. Le député Rachidi Gbadamassi, dont l’hégémonie dans la 8ème circonscription électorale ne souffre d’aucune contestation, fait partie de ceux-là. Il faut absolument et au préalable discuter de cette candidature. En clair, il faut analyser sur tous les plans l’option en faveur de Lionel Zinsou, homme de pouvoir financier, militant du Parti socialiste français depuis trois décennies. Ces préalables indispensables, en analysant les propos de Rachidi Gbadamassi, doivent permettre de déceler les insuffisances de cette candidature unique au sein des Fcbe, d’envisager les approches de solution et aussi de détecter et de vanter les qualités et mérites de ce joker. En l’absence de ces préliminaires, l’imposition de la candidature de Lionel Zinsou au reste de la famille Fcbe, ressemble à une pilule très amère qu’il serait difficile de faire avaler à tous les militants Fcbe. Avant le tournant décisif, les Fcbe comptent déjà trois tendances. Le risque de radicalisation des positions est très grand, si rien n’est fait pour ramener la cohésion au sein de cette alliance.
Jean-Claude Kouagou