Spread the love
aurelien
Agbénonci insuffle une nouvelle dynamique à la diplomatie béninoise

Lors de sa session du 19 juillet 2017, le Conseil des ministres a pris un décret portant définition des fonctions et rationalisation de la gestion des effectifs et des affectations des diplomates dans les postes diplomatiques et consulaires du Bénin à l’étranger. Cette réforme a pour finalité une gestion efficace à moindre coût.

L’efficacité au ministère des affaires étrangères est l’objectif que poursuit le gouvernement à travers la prise d’un décret portant définition des fonctions et rationalisation de la gestion des effectifs et des affectations des diplomates dans les postes diplomatiques et consulaires du Bénin à l’étranger. Ce décret révise les textes législatifs et réglementaires organisant la carrière des diplomates entre les postes diplomatiques et consulaires à l’étranger et ce qu’ils appellent « la Centrale » ou le « Département ». Cette réforme va bousculer les mauvaises habitudes et accroître le rendement au travail, au regard de la nouvelle vision de la diplomatie béninoise qui se veut proactive suivant la vision du Nouveau départ. Deux objectifs majeurs sont prescrits au Maec dans le Programme d’actions du gouvernement. Il s’agit de : « faire de la diplomatie béninoise un véritable instrument de rayonnement » et « mobiliser des ressources au service du développement ». La réalisation de ces objectifs exige des réformes dans le comportement des agents et les méthodes de travail, afin d’optimiser les ressources humaines affectées dans les postes diplomatiques et consulaires. Désormais, les Ambassades du Bénin à l’étranger ne doivent plus être des vestiaires pour des agents affectés et qui bénéficient de salaires indexés, leur permettant de vivre décemment dans le pays de résidence, payés quoiqu’il en coûte à la fin de chaque mois, sans se soucier de leur propre rendement au travail et des résultats concrets à atteindre. Au regard des nouvelles missions assignées aux postes diplomatiques contenues dans la lettre de mission du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération à tous les chefs de Missions diplomatiques et consulaires du Bénin à l’étranger, la diplomatie envisage une nouvelle politique axée sur les résultats.
 De nouveaux défis pour le Maec
 La mise en œuvre de la lettre de mission du ministre impose aux cadres du ministère et aux Ambassadeurs en poste, une gestion plus rationnelle et plus efficace des effectifs pour des rendements meilleurs, au regard des ressources financières et matérielles mises à leur disposition. Avec le nouveau décret du Conseil des ministres, fini le carriérisme savamment entretenu par la plupart des agents du ministère des Affaires étrangères, qui sont assurés de leur affectation en poste juste pour des fins matérielles, quelques fois sans qu’ils ne maîtrisent les notions premières de la pratique diplomatique ou qu’ils bafouent littéralement les règles de la déontologie administrative pendant leur séjour à l’étranger ; soit enfin qu’ils brillent par une absence au poste soutenue par des raisons imaginaires, le salaire et les autres émoluments au profit de leurs familles étant dans tous les cas assurés par le budget de l’Etat. Pour compter de la mise en application du nouveau décret, l’administration et la conduite des affaires diplomatiques changent de manière. Car, la réforme vise une organisation plus pragmatique des affectations et des rappels de poste, basée sur les besoins réels des représentations diplomatiques et le mérite des agents à bien conduire la politique extérieure du Bénin. Le décret portant rationalisation de la gestion des effectifs dans les postes diplomatiques et consulaires pris par le gouvernement exige désormais du ministre de n’affecter dans les postes que des agents aptes à s’acquitter efficacement de leurs responsabilités aux côtés des Ambassadeurs, qui sont tenus par une obligation de gestion axée sur les résultats. Ce décret ne vise rien d’autre qu’à prescrire la culture du travail bien fait pour mériter son affectation et pour représenter le Bénin, sa vision et ses valeurs à l’étranger. Les affectations dans les postes dits juteux ou intéressants engorgés d’agents peu productifs ou les affectations dans une Ambassade d’un agent du simple fait qu’il travaille au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération sont bannies de la gestion des ressources humaines, tout comme le séjour en poste systématiquement pendant une durée réglementaire quand bien même son rendement au travail laisse à désirer. La vision et le sens pratique du gouvernement à travers cette réforme, veut d’une diplomatique plus efficace et moins coûteuse.
 Jean-Claude Kouagou