Spread the love

lehady-sogloAilleurs, les hommes politiques soupçonnés de corruption se rendent à la justice pour sauver leur honneur. Ici, ils prennent la clé des champs pour échapper à la Justice. Où est le Maire Léhady Soglo ?

Où se trouve Léhady Soglo ? La question reste sans réponses depuis vendredi.

Il a suffi d’un soupçon de perquisition pour faire détaler le tout puissant maire de la ville de Cotonou. Le geste est à la fois drôle et douloureux. Le caractère drôle réside dans toute son expression. En effet, pendant la période de la résistance, les rois d’Abomey mourraient  ou se rendaient. C’est le symbole de l’audace, de l’affirmation de la personnalité. Il n’y a que quelques rares rois qui ont pu battre en retraite,  mais après avoir versé leur sang en signe de sacrifice. Ce rappel en vaut la peine.  Lorsque le chef de file fuit, la troupe est perdue. Se refuser à assumer, c’est refuser de s’assumer.  Le maire a montré un exemple typique de l’absence de confiance en soi. Ce qui est douloureux dans ce feuilleton,  c’est la machine de l’impunité qui s’est constituée autour de lui. Ayant appris l’information, des politiciens qui pourtant ont tout le temps chanté leur penchant pour les questions de justice débarquent au domicile de celui-ci pour empêcher l’opération de perquisition. En fait, une personnalité et pas des moindres est impliquée dans une affaire de corruption. Une simple perquisition a été initiée à son égard et il prend la clé des champs. Dans un intervalle de temps réduit, des hommes et femmes se réclamant du milieu politique décident de faire obstruction à cette opération de perquisition. Ils ont par ce fait, empêché que la vérité se découvre. En d’autres termes, ils ont lutté pour que jamais on ne sache ce qui s’est passé à la mairie de Cotonou. On a de la peine à comprendre l’intention, mais il s’agit en l’espèce d’une grande conspiration contre la justice et la transparence. Si des gens qui aspirent à diriger un pays se décident à empêcher que des actes de corruption se découvrent, on se demande le cœur saisi d’émoi l’idéal qu’ils prônent. Que feront-ils si jamais les fils et filles de ce pays arrivaient à leur confier leur destinée ? Comment comprendre ce geste d’un maire qui fuit alors qu’il ne se reproche rien. Comment comprendre les intentions des amis politiciens qui empêchent que la vérité se découvre alors même que celui qu’ils protègent dit avoir l’esprit net mais s’enfuit quand même. Tout ceci parait difficile à démêler pour un esprit éclairé. Pour  faire bonne conscience et couvrir  le drame, ces politiciens parlent d’« acharnement ». Le mot en réalité ne surprend pas. En fait Léhady Soglo avait quand même la possibilité de faire face à l’acharnement. Celui qui ne se reproche rien dompte l’acharnement. Quel que soit les fouilles et les perquisitions, il s’en tirera sauf. C’est l’affirmation de la personnalité. Des hommes et femmes victimes d’acharnement dans ce pays ont été mille fois audités mais s’en sont royalement tirés. Léhady Soglo n’avait pas besoin du secours de ses amis politiciens,  si tant est qu’il ne se reprochait rien. Ils n’avaient pas besoin des déclarations de papa et de maman. Ils en ont déjà beaucoup fait pour lui. Il lui fallait juste affronter l’acharnement par l’épée de la transparence si tant qu’il a prôné la transparence à la tête de la mairie de Cotonou. S’il est à supposer que le régime actuel est l’axe du mal et que lui Léhady est l’axe du bien, il n’aura qu’à le prouver en démontrant qu’il n’est nullement impliqué dans les faits de corruption qu’on lui colle. Ce ne sera que sagesse et bienséance.

AT