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La sortie de Yayi à Parakou fait polémique

Yayi Boni à l’aéroport de Tourou à Parakou. Se prenant pour un chef de l’Etat encore en exercice, il aurait laissé entendre que c’est « son aéroport » indiquant au passage qu’il reprendra le pouvoir dans cinq ans. Le journal Le Matinal en a fait écho dans sa parution d’hier. Il ne fallait pas plus pour pousser à la réaction la famille politique de Yayi Boni qui s’est réunie hier afin de répondre à l’organe de presse. Leur démarche, au demeurant ridicule, ne repose sur aucun fondement.   

C’est sans une autre forme de procès que certains cerveaux gelés et gesticulateurs impénitents de l’ancien régime ont trouvé à répondre à un article du journal « Le Matinal » qui a donné écho des foutaises d’un président accidentellement élu à la tête du pays, qui au lieu d’aller se reposer après le pouvoir, se pavane. Et pourtant, cet article qui leur a donné du grain à moudre n’est pas sans fondement. La question qu’il convient de leur poser expressément est la suivante : «Yayi est-il allé ou non à Tourou »? Tout le débat est là. Le reste, c’est-à-dire ses déclarations ne doivent surprendre personne. Car, Yayi Boni est coutumier des déclarations fracassantes, toujours empreintes de désirs machiavéliques et d’obsessions à jouer au demi dieu, au tout-puissant dont le règne n’aura pas de fin. Tout a une fin, et Yayi Boni n’a pas compris qu’il est fini et que son pouvoir a pris fin depuis le 06 avril 2016.

 En tant que qui il est allé à l’aéroport de Tourou ? Qu’est-ce qu’il y est allé faire? Que ses boucliers humains répondent à ces interrogations afin de permettre au peuple de juger leur sens de responsabilité et l’étroitesse de leur esprit. Qu’on soit pro-Yayi ou pro-Talon, tout le monde est d’accord que l’aéroport n’est pas un espace ouvert à tout le monde. Or, depuis le 06 avril 2016, Yayi Boni est devenu «monsieur tout le monde» et ne devrait en aucun cas et sous aucun prétexte se conférer les attributions d’un chef d’Etat, encore moins d’un ministre, et même d’un simple conseiller de quartier. C’est un citoyen lambda. Un Béninois comme tous les Béninois. Alors, de quelles prérogatives se prévaut-il pour se comporter comme un homme au-dessus de la Constitution ? Il n’est plus président et à partir de ce moment, tout acte qu’il pose en se substituant au chef de l’Etat ou en prenant une telle posture est un crime de « lèse-majesté » et sans doute grave aux yeux de l’opinion publique. C’en est trop ! S’exclame une bonne partie de l’opinion qui trouve laxistes, au mieux complices, certaines autorités. Au temps fort du yayisme, quel ancien chef de l’Etat pouvait oser se comporter comme un  » voyou » de la République et ne pas attirer la foudre du roi du Palais de la Marina. Nicéphore Soglo était maire de Cotonou, donc avait une parcelle de pouvoir qu’il pouvait exercer librement conformément aux textes de la République, mais ce Yayi lui a rendu la vie difficile, obligeant l’ancien chef de l’Etat à lui lancer  cette phrase à titre de conseil « Après la présidence, il y a une vie ». Yayi Boni doit alors rester tranquille, comme  le feu président Mathieu Kérékou, un homme doublement libre. Mais ce dernier ne s’est pas permis le vilain luxe de se promener de pays en pays, de chantier en chantier.

Yayi, pas plus qu’un citoyen lambda !

Combien de fois a-t-on vu Abdoulaye Wade dans le même environnement que Maky Sall lors des rencontres internationales ? Combien d’anciens présidents se permettent de s’aligner sur le même podium que leurs successeurs sur la scène internationale ? On ne le verra nulle part. C’est pourtant ce que Yayi Boni fait. S’il veut que les gens lui collent la paix, alors qu’il se mette hors des regards et qu’il se range. Au mieux, qu’il retourne à sa mission pastorale. Après dix ans de culte de personnalité  et le règne du fascisme dans un Etat de droit, Yayi Boni ne réalise pas encore qu’il a quitté le pouvoir. Au lieu de monter au créneau pour prétendre répondre à un journal, que ses « mendiants », à qui il continue de nourrir avec l’argent de la corruption, aillent lui dire qu’il n’est plus Yayi, le président, mais un citoyen ordinaire.

En réalité, en prétendant qu’ils veulent remettre en cause les informations livrées par le journal sur cette sortie intolérable de leur ancien chef, leur intention n’a qu’un seul but : tordre le cou à la vérité et détourner l’attention du peuple des actions encours pour demander des comptes à ceux qui sont cités dans des scandales, des affaires de corruption et de détournement de deniers publics. Mais ce but ne sera pas atteint, puisqu’ils ne pourront plus mentir à longueur de journaux télévisés et de propagandes médiatiques. Dans un passé récent, ils auraient déjà réquisitionné presque toute la presse, pour déverser leurs mensonges dans l’opinion publique. Cette époque est révolue et par les temps qui courent, c’est le moment de fouiller dans leur passé. Où sont passés les 350 milliards des Turcs? Où sont les assassins et le vrai corps de Pierre Urbain Dangnivo ?  Les autres scandales …..,la liste est longue. Ce sont à ces interrogations qu’ils doivent répondre. On ne peut pas leur reprocher de réagir, mais le mieux, c’est  qu’ils se tournent vers leur « chef » pour lui demander d’arrêter. S’ils ne peuvent pas le faire, qu’il répare son tort en s’inspirant de cet adage « Lorsqu’on a un fou qui cause des dommages aux autres, il faut savoir se taire et réparer ». Yayi Boni fait du tort à Parakou en particulier et au Bénin en général.  Par ailleurs, les participants à la réunion d’hier convoquée pour « riposter » devraient s’inquiéter pour les militaires en faction et qui ont toléré une telle visite de chantier. Car, ceux-ci ont failli dans leur mission pour avoir laissé entrer à l’aéroport la délégation et son chef. S’ils devraient écoper de sanctions, ce ne sont pas les Fcbe qui seront touchées. Il se pose toujours un problème de justesse de leur conclave de Parakou d’hier.

F. N.