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kandi(Le maire et un entrepreneur accusés, réagissent)
A la Mairie de Kandi, la première autorité est citée dans une affaire de fraude en matière de passation de marchés publics. A travers un courrier adressé au président de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp), le Chef d’arrondissement de Kandi 1, membre d’un collectif de conseillers communaux opposés à la gestion du maire, détaille la fraude et invite les autorités compétentes à prendre leurs responsabilités au plus tôt.  
La lettre de l’élu communal fait cas de la passation de deux marchés passés sans aucun respect des textes en vigueur. Issa Sèwa, conseiller et chef du premier arrondissement de Kandi, cite les marchés : 030/Mkdi/Prmp/Cpmp/Ccmp/Sp-Prmp/Sa/2017 du 29 Décembre 2017 relatif aux travaux de réfection d’un module de trois classes plus un bureau et magasin à l’Ecole primaire publique de Tissarou dans l’arrondissement de Donwari et 031/Mkdi/Prmp/Cpmp/Ccmp/Sp-Prmp/Sa/2017 du 29 Décembre 2017 relatif aux travaux de réfection d’un module de trois classes plus un bureau et magasin à l’Ecole primaire publique de Mongo dans l’arrondissement de Donwari.
L’auteur de la lettre de dénonciation indique que « les marchés en cause sont en  réalité le résultat du fractionnement d’un marché qui aurait pu faire l’objet d’un lot unique dont le montant le porterait au-dessus du seuil de passation ». Il poursuit en disant que l’allotissement opéré vise à soustraire le marché en question des règles applicables aux marchés publics pour les attribuer à une même entreprise en l’absence de concurrence des soumissionnaires. Issa Sèwa dénonce donc cette pratique du maire qui a consisté à fractionner un marché en deux, en violation des articles 27, 146 et 147 du Code des marchés publics et à désigner un établissement pour exécuter les travaux sans appel ou concurrence ou même demande de cotation.
Pour lui, « aucune urgence ou nécessité absolue de service ne saurait justifier cette grave violation dont l’intention se perçoit déjà par la longue période qui sépare la date de signature des contrats (29 décembre 2017) et la date de transmission pour approbation (08 février 2018) ». Il a insisté dans son courrier en disant que l’Autorité de régulation des marchés publics doit constater que les deux marchés sont entachés de graves irrégularités, tant dans leur passation que l’exécution, et appliquer les sanctions requises, conformément aux textes en vigueur en République du Bénin.
Le maire jette le tort sur l’entrepreneur
Joint au téléphone, le maire Alidou Démolé Moko nous répond qu’il ne se reproche rien dans cette situation. Il a dit n’avoir jamais notifié un marché à l’entrepreneur et ne lui a non plus remis aucun site pour qu’il démarre les travaux. « Nous avons lancé une procédure qui suit son cours, l’entrepreneur n’a pas attendu l’approbation du Préfet avant de commencer les travaux à ma grande surprise », a indiqué le Maire de Kandi. Pour lui, la Mairie, encore moins, la 1ère autorité n’a rien à se reprocher. « Ce sont mes adversaires politiques qui pensent ternir mon image à travers ce dossier. Mais ils n’auront pas ma peau », a ajouté le Maire avant de préciser qu’au Bénin, les textes définissent la procédure à suivre pour passer un marché public et qu’il n’est pas à sa première expérience pour se méprendre à cet effet. « C’est l’entrepreneur qui s’est empressé de démarrer les travaux sans nous tenir informé», a-t-il complété.
Selon ses explications, l’appel d’offre a été effectivement lancé et l’entrepreneur en question a postulé et a été retenu. Une notification provisoire lui a été faite, mais il fallait encore l’approbation du Préfet et la remise de site avant qu’il n’aille sur le terrain. Ce qu’il n’a pas fait. Le Maire a dit avoir été informé plus tard et n’a rien pu faire avant que les adversaires politiques, les réseaux sociaux et la presse ne se saisissent du dossier.
Le promoteur de l’entreprise ‘’Nouvelle entreprise du Tropic″, Gérard Covi Goudjanou Bogle, contacté, a reconnu avoir démarré les travaux sans l’approbation du marché par l’autorité de tutelle, comme le recommandent les textes. « Je ne l’ai pas fait de mon propre gré. J’ai reçu la notification provisoire du marché en plus d’un contrat signé entre la Mairie et mon entreprise. Nous sommes en pleine année scolaire. Les écoliers souffrent. Le chef de l’arrondissement dans lequel se trouve lesdites écoles et des parents sont allés me voir pour me demander de les aider en commençant les travaux. Ayant déjà reçu notification de ce que j’en suis l’adjudicataire, j’ai estimé qu’il faut répondre favorablement à leurs doléances surtout à cause des écoliers qui sont menacés par l’imminence des grandes pluies. Je ne savais pas que les politiciens vont s’en servir ». C’est ainsi que l’entrepreneur s’est expliqué. Et à la question de savoir s’il sait qu’il court des risques, il a répondu qu’il n’a rien fait de mauvais si ce n’est pas d’aider les élus et les élèves. Gérard Bogle a insisté sur le fait que la faute n’est pas au Maire. La suite dans nos prochaines parutions.

FF