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Nazaire Dossa, Sylvain Zohoun et Mathias Gbèdan, trois des personnes interpellées

(Mathias Gbèdan, Nazaire Dossa, Sylvain Zohoun, Robert Yèhouénou…)

 Le scandale de la filière des véhicules d’occasion et l’affaire Segub refont surface avec l’interpellation et la garde à vue de plus d’une vingtaine de mis en cause. Mathias Gbèdan, Nazaire Dossa, Sylvain Zohoun, Omer Apity, Robert Yèhouénou, Madeleine Doko, Pierre Djegui, Adolphe Domingo et autres sont retenus depuis hier mardi dans les locaux de la Police nationale.
Après les investigations de  la sous-direction des affaires économiques et financières de la police judiciaire qui font suite aux résultats des audits diligentés dans le secteur des véhicules d’occasion et à la Segub, c’est l’heure d’établir les responsabilités. Alors qu’on connaissait déjà la liste des sociétés épinglées (Betra Btp, Chayo Sarl, Eps Sarl, Geps Sarl, Alimos et Fils, Gie Parcs accueil Sone Sud, Adéoti Sarl, Fifty fifty Ass Exchange, Gttb, Travco, Ste Otramsa, Laye Login Gie), celle des personnes auditionnées lors des investigations de la sous-direction des affaires économiques et financières ne fait plus l’objet d’un mystère.  Mathias Gbèdan, ancien maire de Sèmè Podji, Sylvain Zohoun, proche des Fcbe, Daniel Kpossoukpè, Adolphe Domingo, Ibouraïma Méré Daouda, Joseph Boco, Omer Apity, Omer Adjé, Ganiou  Olahassa, Pierre Djègui, Nazaire Dossa qu’on ne présente plus,  Robert Yèhouénou, président de Mozebe, Taïrou Soulé,  Appolinaire Hounyèmé. Deux femmes figurent sur cette liste qui n’est pas encore au complet. Il s’agit de Corneli Oké, et Madeleine Doko. Tous ceux-là répartis dans des structures de la Police, sont en garde à vue depuis hier. Il en est de même pour trois responsables de la Segub, Marcel Alapini, Pascal Gener et Nicolas Martin. Ces deux derniers seraient de nationalité française. Dans le dossier Segub, le rapport d’audit commandité par le gouvernement traite de la période allant de mars 2012 à avril 2016. Il a relevé des dysfonctionnements. Il s’agit de l’insuffisance de la fiabilité du système, les écarts entre les statistiques de la douane et de la société, la minoration des frais d’enlèvement avec des moins perçus. La Segub a eu à réfuter ces accusations et estime qu’elles ne sont fondées sur aucun élément ou fait connu d’elle. Elle se défend également des accusations portant sur la minoration des frais d’enlèvement des véhicules d’occasion. En tout cas, la société a décliné toutes ses responsabilités en ce qui concerne les résultats d’audit. Pour rappel, la Segub (Société d’exploitation du guichet unique du Bénin) a été mandatée par l’Etat béninois par contrat de concession en date du 10 novembre 2010 pour encaisser les frais d’enlèvement des véhicules d’occasion. Quant à ce qui concerne les autres sociétés épinglées, elles auraient perçu des fonds sans aucune preuve attestant l’effectivité des prestations pour lesquelles elles ont été payées. Dans le lot des interpellés, certains sont gardés en raison de leur niveau de responsabilité dans lesdites sociétés.  En ce qui concerne  les autres qui n’ont aucun lien avec ces entreprises, ils sont pour le moment privés de liberté pour avoir perçu indûment de l’argent généré par la filière des véhicules d’occasion. La plupart étaient payés pour faire la propagande du régime défunt.
 Probabilité de prorogation de garde à vue
 Les personnes interpellées risquent une prorogation de leur garde à vue jusqu’à vendredi, jour où elles seront sans doute présentées au Procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Cotonou qui donnera une orientation au dossier. Pour l’instant, personne n’est en mesure de deviner l’issue de cette nébuleuse en raison de la variation des charges selon le mis en cause. Les faits reprochés à la Segub n’auront pas les mêmes qualifications que ceux mis à la charge des autres sociétés, de même qu’au niveau des personnes qui ont indûment reçu de l’argent. Le Procureur saura apprécier qui a fait quoi et qui mérite quoi. On pourrait tomber sur le pénal s’il est prouvé que les sociétés ont touché des sommes, mais n’ont pas fourni des prestations. De même, il pourrait s’agir du social, si les sous indûment touchés par des « boucliers » de Yayi Boni ne constituent pas une infraction pénale. L’issue serait le remboursement. Pour Segub, c’est encore plus complexe. Dans un cas comme dans l’autre, tous sont présumés innocents.
 Ce dossier s’annonce palpitant
 Le moins qu’on puisse attendre dans ce dossier, c’est de faire comparaître, si comparution il y a, tout le monde devant le tribunal. Si l’on prétend faire une justice équitable, il faut que les privilégiés du régime défunt répondent aussi de leurs actes. Car, il faut le souligner noir sur blanc, les instructions pour le partage de ces redevances venaient du sommet de l’Etat. Où sont passés les gros pilleurs? On ne peut pas parler des redevances de l’escorte des véhicules d’occasion sans faire venir ceux qui géraient réellement les fonds. C’est ce qui doit être fait avant d’ouvrir les dossiers. Les personnes interpellées ne doivent pas être  les seules à payer les pots cassés.
FN