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camille-philypeA la Police nationale, les responsables au plus haut niveau semblent banaliser le dossier relatif à la tuerie du jeune élève, Axel Mitchodjèhoun, fils d’un colonel des forces armées à la retraite. Mais du côté de la famille et des forces armées béninoises, la tension monte.

Louis-Philippe Houndégnon, Directeur général de la police nationale et ses hommes sont dans le collimateur des populations. Notamment, la famille du jeune élève tué dans la nuit du 24 au 25 décembre 2014 pour des raisons suspectes. Les parents du garçon ne comprennent pas encore ce qui a pu amener la Police à tuer leur enfant aussi méchamment. La famille Mitchodjèhoun est soutenue par les amis et co-habitants de quartier. En fin de journée du dimanche, on a annoncé une marche populaire contre le Commissariat de police de Tokplégbé, localité dans laquelle la tuerie a eu lieu. Nos informateurs ont expliqué que les amis de la victime entendent manifester leur colère contre les forces de l’ordre qui ont abattu leur ami, désormais mort. Aux dernières nouvelles, on apprend qu’ils sont en train de sensibiliser les populations pour ne pas aller à ce niveau avec leur colère. Mais au niveau de la population cotonoise, en général, personne ne désarme. Une organisation de jeunes s’active pour se mettre dans la rue ce mardi 30 Décembre 2014. Ils entendent manifester leur mécontentement à travers un sit-in devant le ministère de l’intérieur, en face de la Présidence de la République.

Du côté des forces armées béninoises, les nouvelles ne sont pas bonnes pour les flics. Les militaires et gendarmes sont en colère. Jusqu’en fin de soirée hier, les responsables de la police nationale n’auraient pas eu la courtoisie d’appeler ou de rendre visite au colonel dont le fils est abattu. Même si le garçon était un braqueur, la confraternité d’arme veut que les responsables de la police manifestent leur sentiment de soutien envers leur ancien des Fab qui est éploré. La grogne n’est pas seulement au niveau des jeunes soldats, mais surtout au niveau des hauts gradés, amis et anciens camarades du colonel dont le fils est tué. Personne ne sait encore ce qui va se passer ; mais des sources proches des militaires annoncent que la réplique se fera d’une manière ou d’une autre. Les agents des forces armées béninoises, d’après nos informateurs, auraient dit avoir mare des comportements de la police envers eux. Si ce n’est pas eux qui sont traités de braqueurs, ce sont leurs fils. Nul ne sait encore comment l’armée va manifester sa colère. Peut-être que les hauts gradés vont se plaindre au chef de l’Etat ou qu’ils trouveront la formule pour interpeller la Police et ses responsables.

Nécessité pour Yayi de régler la crise

Dans les couloirs de l’armée, tout le monde dénonce le silence du chef de l’Etat. Les agents des Forces armées béninoises estiment que c’est Yayi Boni qui laisse la Police et ses responsables se moquer des agents des Fab. Sinon, les agents de Police et des forces armées ne se ressemblent pas. Les missions sont différentes et le respect devait être mutuel. L’armée ne parle pas, mais elle encaisse, depuis plusieurs années (sous Yayi quand même). Mais leur colère devient forte et il importe que le chef de l’Etat rassemble les deux corps pour, enfin, régler le différend. Il doit expliquer à chacun ses limites et rappeler à la police qu’elle n’a aucun intérêt à livrer une guerre froide aux forces armées béninoises. Quelles que soient les affinités entre Yayi et les actuels responsables de la police, il doit se rappeler que c’est l’armée qui le garde et assure la défense nationale. Les deux corps sont très importants pour la République au point où le Président de la République se doit de les mettre ensemble. Leur division n’arrange rien.

 Félicien Fangnon