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HOUNDEGNON-YAYI
Le chef de l’Etat a demandé des explications au Dgpn

 A peine nommé Contrôleur général, le Directeur de la Police nationale, Louis-Philippe Houndégnon était en froid avec le président de la République qui l’a convoqué hier au Palais de la Marina. Accusé de désobéissance pour n’avoir pas mis en application des instructions du chef de l’Etat, le flic qui filait un parfait amour avec ce dernier a eu droit à des remontrances. Les deux hommes se sont brouillés à propos de la crise qui secoue l’aéroport Cardinal Bernadin Gantin de Cotonou. Depuis hier, tout le personnel de la Police nationale a été finalement balayé de l’espace aéroportuaire. Ceci, après les douaniers, gendarmes, militaires, services des renseignements, personnels civiles.

Le Chef de l’Etat a tapé du poing sur la table après avoir été informé de certaines pratiques peu recommandées qui ont cours sur la plate-forme aéroportuaire. Gendarmes, militaires, douaniers, policiers, agents des renseignements, personnels civiles sont tous sur le banc des accusés et Yayi Boni a instruit leurs différentes hiérarchies à les remplacer. Mais, au niveau du commandement de la Police nationale, le président de la République n’est pas satisfait des mesures prises et s’en est pris au Directeur général Louis-Philippe Houndégnon. Il a convoqué ce dernier au Palais de la Présidence, hier, pour lui demander des explications. Etonnant pour quelqu’un qui vient d’être promu au grade de Contrôleur général. Plus étonnant pour un flic dévoué à la cause du chef et qui, parfois, le sert jusqu’à la servitude. Selon nos informations, le Contrôleur général Louis-Philippe Houndégnon a été convoqué au même titre que les autres Directeurs généraux des corps susmentionnés, mais ceux-ci, à la différence du tonitruant flic, ancien commissaire central de la ville de Cotonou, n’étaient pas dans le viseur de Yayi Boni. Le roi du Palais de la Marina reproche à Louis-Philippe Houndégnon de ne pas avoir fait preuve d’obéissance et de docilité dans la gestion du dossier de l’aéroport. Or, par le passé, la même autorité a bâti une partie de sa réputation en se comportant comme un exécutant zélé sans retenue et parfois au-delà des instructions qu’il reçoit. Aujourd’hui, il joue à la modération. C’est ce qu’il a essayé de démontrer en laissant une partie de ses agents et en retirant quelques-uns jugés trop en contact avec les passagers qui se plaignent des pratiques de corruption et des tracasseries de toutes sortes. Yayi Boni souhaite plutôt un grand coup de balai, lequel emportera les différents commandements et tous les personnels exerçant sur l’espace aéroportuaire. A l’exception presque de Louis-Philippe Houndégnon, tous les autres ont appliqué à la lettre les instructions du président de la République. Lors de la rencontre d’hier au Palais, Yayi Boni a demandé à chacun de lui produire la liste des agents précédemment en fonction à l’aéroport Cardinal Bernadin Gantin de Cotonou et celle de ceux qui viennent d’être mutés. Lors de la confrontation des deux listes, il s’est révélé qu’au niveau de la Police, certains agents sont maintenus. Le président de la République avait déjà eu vent de cela et il en était convaincu depuis hier. Malgré le fait que le Directeur général de la Police a fait observer qu’il sera opportun et judicieux de choisir de nouveaux fonctionnaires après une enquête sur leur moralité, il n’a pas été compris. Le chef de l’Etat, souvent accusé de recourir à l’improvisation, à l’intimidation et aux menaces comme ses axes prioritaires de règlement des problèmes de la Nation, en a encore donné la preuve. Dans un tel contexte, Louis-Philippe Houndégnon n’avait sans doute pas le choix que balayer tout le personnel policier. Aussitôt après la séance du Palais de la présidence, il a nommé de nouveaux agents au Commissariat spécial de l’aéroport de Cotonou. C’est une femme qui prend les commandes de cette unité.

 FN

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Les populations réclament la démission du commissaire central

 Les populations de Banikoara, notamment les jeunes, reprochent au commissaire central de la localité ce qu’ils qualifient « d’arrogance dans les propos du patron des flics». Tout est parti de l’arrestation d’un jeune à qui la police reprochait le piratage des œuvres d’artistes musiciens. Le lundi 03 août 2015, les populations, révoltées, sont descendues dans les rues de Banikoara pour réclamer le limogeage du commissaire Chabi Boni.

Branchages en mains, et scandant des propos hostiles au commissaire central de la ville de Banikoara, les populations de la cité des Banigansés ont manifesté leur mécontentement à l’égard du patron des flics. Jeunes, enfants et adultes, tous sont partis du carrefour de la poste avec comme point de chute le commissariat central de la ville. Les manifestants se sont insurgés contre les dérapages du commissaire Boni Chabi ainsi que certains de ses écarts de langage contre certaines autorités locales. Nos sources indiquent que l’intervention du roi Nansounon Sylvestre et celle du Maire Innocent Sanni Sabi Yô a permis de calmer l’ardeur des manifestants qui étaient prêts à aller au bout de leurs revendications. Selon certaines informations, une médiation pour un apaisement total des populations serait en cours afin de fumer le calumet de la paix avec le commissaire qui est absent de la Commune.

Clément Dognon § Aziz O. Kpandé (Stag)

(Br Borgou-Alibori)