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Dans quelques heures Yayi va convoquer le corps électoral
Le chef de l’Etat surprend avec les décisions du dernier Conseil des ministres

Tous savent que le gouvernement de Yayi Boni est couvert de scandales et que les incessantes promesses du chef de l’Etat de punir les auteurs des crimes et des délits économiques n’ont jamais connu l’ampleur qu’on observe aujourd’hui dans le dossier Ppea2. Mieux, dans cette affaire de détournement des milliards hollandais, alors qu’il a déjà demandé des sanctions et des poursuites judiciaires à l’encontre des mis en cause, le gouvernement se propose de faire des enquêtes supplémentaires pour vérifier si l’argent décaissé a effectivement servi à réaliser des forages. Cette mission de vérification composée des inspecteurs du Bureau de l’auditeur général et du Génie militaire se rendra sur le terrain dès ce jour, lundi 03 août, pour constater l’effectivité des puits forés et du matériel acheté dans le cadre du Ppea2. L’idée de faire des enquêtes supplémentaires provient du fait que le Trésor public aurait transmis à l’auditeur général, des documents faisant le point des décaissements destinés à l’achat de matériel et au forage des puits. Si les résultats de cette Commission attestent qu’il n’y a pas eu de dépenses fictives, cela pourrait amener le gouvernement à revoir les mesures prises à l’encontre des personnes épinglées dans le dossier. A partir du moment où cette hypothèse est envisagée, on est en droit de se demander si le cabinet Kroll de renommée internationale n’avait pas exploré ce champ au cours de ces investigations. Comment peut-on établir qu’il y a détournements sans indiquer la destination de l’argent supposé être soutiré des caisses de l’Etat avec des complicités que ce rapport n’a pas évoqué, à moins que le gouvernement nous le cache. Il y a problème. Ceci , dans la mesure où, la Commission de vérification que le gouvernement vient de mettre sur pied est chargée de confronter les informations transmises par le Trésor public aux réalités sur le terrain.

 L’éventualité d’un nouveau rapport d’enquête

 Après avoir servi aux populations tous les péchés que les uns et les autres auraient commis dans ce dossier, le même gouvernement prépare l’opinion publique à l’éventualité d’un nouveau rapport d’enquête qui indique qu’il n’y a pas eu de dépenses fictives. De là, toutes les accusations ou presque qui pèsent sur les intéressés pourraient tomber d’elles-mêmes. Alors, on se demande si le gouvernement n’avait pas la possibilité d’entreprendre cette démarche avant de venir montrer au public les « voleurs » de la République. Il y a des zones d’ombre à éclairer. Dans un premier temps, il faut trouver des arguments pour expliquer pourquoi le cabinet Kroll n’avait pas eu droit aux informations venues du Trésor public, alors qu’il est censé faire toute la lumière sur cette affaire. Y-a-t-il des documents qui ont été cachés à l’équipe des enquêteurs étrangers ? Ensuite, beaucoup cherchent à savoir ce que recherche le gouvernement en allant confier l’enquête à deux missions de vérification. Le cabinet Kroll était, sans doute, chargé de retrouver les mis en cause et les montants qui ont été détournés. La Commission de vérification composée des enquêteurs nationaux s’évertuera de comparer les sommes révélées par le cabinet Kroll aux réalisations sur le terrain. On parle d’environ 2,5 milliards Fcfa que la chaîne de corruption s’est appropriée. Et s’il se révèlait qu’il y a eu des réalisations de forage et d’achat de matériels dans cette même somme supposée détournée, on conclura que le cabinet Kroll a fait un travail bâclé. Quant au chef de l’Etat, Yayi Boni, et son équipe, ils auraient démontré, dans un tel contexte, qu’ils cafouillent, utilisent des méthodes peu recommandées pour gérer des dossiers sensibles, et s’emploient à couvrir les autres de leurs propres incuries. On se rend compte que le gouvernement met la charrue devant les bœufs. Peu étonnant pour une équipe qui a déjà habitué le peuple à toutes sortes de scénarii. Personne n’est contre les poursuites pénales encore moins au remboursement des deniers publics en cas d’actions illégales dont les mis en cause se rendraient coupables. Mais beaucoup auraient souhaité que ce soit lorsque les faits seraient avérés que les poursuites devront être engagées. Or, en cherchant à savoir si les décaissements de fonds ont servi à faire des forages ou acheter des matériels, le gouvernement démontre qu’il n’avait pas encore tous les éléments d’appréciation. Une chose qui illustre les incohérences des actions de l’Exécutif et sa légendaire réputation d’embrouiller les pistes pour détourner tout le monde de l’objectif principal. Et puis, il faut envisager le problème d’une éventuelle complicité des personnes chargées de mener l’enquête. N’oubliez pas que cette nouvelle commission est composée du génie militaire aux ordres de Yayi Boni et des enquêteurs du Bureau de l’auditeur général dirigé par un collaborateur du chef de l’Etat en la personne de Michel Dognon. Il a travaillé avec le cabinet Kroll dont le rapport toujours caché fait l’objet d’un traitement sélectif, voire d’un règlement déguisé par ce régime.

 Fidèle Nanga

 Extrait du communiqué du Conseil des ministres du 30 juillet

 Le Conseil des ministres s’est réuni jeudi 30 juillet 2015 en séance extraordinaire sous la présidence du Président de la République, Chef de l’Etat, chef du gouvernement.

Au cours de la séance le Conseil des ministres a successivement examiné les questions relatives à l’organisation du Régime d’assurance maladie universelle (Ramu), aux diligences de mise en œuvre du Guichet unique des opérations du commerce extérieur, aux préparatifs du 55ème anniversaire de l’indépendance du Bénin, à la Haute cour de justice et à l’organisation du contrôle du forage des puits dans le cadre du Ppea II.

La ministre Garde des sceaux a rendu compte des diligences menées pour des sanctions dans le cadre du Ppea II. La Ministre a mis en exergue les limites de la Haute cour de justice indépendamment de la qualité et du professionnalisme de sa Présidente. En effet, dans son souci de manifestation de la vérité, le Gouvernement a envoyé au moins cinq (05) dossiers depuis des années devant cette Institution afin que les Ministres mis en cause puissent s’expliquer et éclairer notre peuple. Force est de constater que ces dossiers sont encore en souffrance devant la Haute cour. Il s’ensuit que pour une lutte conséquente contre la corruption et l’impunité dans notre pays, il est indispensable que cette Institution devienne opérationnelle. A cet effet, le Gouvernement attire l’attention de toutes les Institutions, Assemblée nationale, Cour Constitutionnelle, Cour suprême ainsi que la justice, qu’il y a lieu de mutualiser les efforts autour d’une réflexion globale pour permettre à la Haute Cour de Justice d’être fonctionnelle afin de pouvoir jouer son rôle constitutionnel, faute de quoi, la lutte pour la transparence en souffrirait et ce serait une prime à l’impunité malgré les efforts du Gouvernement.

Enfin en ce qui concerne la question du contrôle du forage des puits dans le cadre du Ppea II :

L’Auditeur Général a rendu compte de la réception du document transmis par le Trésor Public faisant état des puits forés et du matériel acheté dans le cadre du Ppea II. A l’analyse du document, le Conseil des ministres a décidé de procéder à une vérification systématique de l’effectivité des dépenses réalisées en termes de forage de puits et d’achat de matériels. A cet effet, une commission de vérification comprenant le Génie militaire et les inspecteurs du Bureau de l’auditeur général se rendra sur le terrain dès le lundi 03 août 2015. Cette vérification permettra de mieux appréhender la situation des agents mis en cause dans le cadre du Ppea II. Ainsi, la suspension prononcée deviendra définitive au cas où la commission révèlerait le caractère fictif des dépenses de forages des puits et d’achat de matériels. La révocation de ces agents se confirmera également après le verdict de la Justice. Rappelons qu’il s’agit :

Dans le cadre de l’administration, des agents dont les noms suivent :

Au Ministère de l’Energie et de l’Eau

Kombiéni Emmanuel, Dpp/Merpmeder

Ahératoulaye Bouraïma Mama Orou, Drfm

Issa Imorou Mouhamadou, Dcf

Kpoviessi Ulrich, Assistant, Dcf

 Au niveau de la Dg Eau

Bouraima Mama Soulemane, Régisseur Eau

El Hadj Tidjani A. T., Daf

Crecel Primael, Sml

Souradjou Nouhoum Touré, Dg Eau

Victor Yede Yoxi, Dga Eau et Coordonnateur Ppea II

 Fonctionnaires

Tchaou D. Polycarpe, Ministère de la Santé

Gbaguidi Félix, Ministère de l’Agriculture

Adjibade Abdoul, Chargé de mission Ccib

Tolukpe B. Assani, Notaire Chambre des notaires

Ganyé Constantin, Chef d’antenne Sbee

Mafongou David, Cnss Bénin

Dans le cadre du secteur privé, nos concitoyens trempés dans cette affaire sont frappés de l’interdiction de participer aux compétitions d’obtention des marchés publics et sont traduits en justice aux fins de sanctions judiciaires et remboursement des deniers publics détournés. Il s’agit notamment de :

Secteur privé

ROCK Nieri

Adjibekoun Hugues

Bodé Maurille

Adjaho Yelian Tranquilin

Adjaho Pacodias

Hoffer Koffi

Agongbonon Lambert

Djimenou M. S. Bossou

Vodounou Albéric Youss

Kèdoté Silvie

Remy Kodo

Vodounou Roland

Tchogbé Mathias

Vodounou Comlan

Aboumon Osseni

Kodo Innocent

Lègba Romuald

Habis Eric Didier

Djossa Stanislas

Monradewou Y. S.

Mounirou Soumaila

Otchéré Donald

Vodounou Faustin

Lassoukpo Helianthe

Imorou A. Mouhamed

Ahouangbo Ebénézer Afouabi

Djossouvi Virgile

Djokotan Kotchegni

Gbandanhoun N. Hervé

Edon A. Enoc

N’Kouei Clarisse N’ya

Salifou Ibrahim

Tovidé Lucien

Montcho Laurette

Djotan Owoni

Hountchémé Olivier

Le Conseil des ministres réitère sa détermination à tenir informé l’opinion publique nationale et internationale de l’évolution de ce dossier dans le cadre de la nécessaire réédition des comptes.

 Fait à Cotonou, le 30 juillet 2015

 Le Secrétaire général du gouvernement,

 Alassani Tigri