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hostieGratias !

 Il n’est pas de mes habitudes d’utiliser dans mes chroniques et éditoriaux les premières personnes des pronoms personnels. Il est aussi rare que j’emploie les premières personnes des pronoms possessifs. Cependant, l’exception fait la règle. Je me trouve dans l’obligation morale de dialoguer avec les lecteurs. En effet, il survient parfois dans la vie des hommes des événements qui les dépossèdent de leurs forces. Des événements qu’on sait qu’ils doivent survenir, mais dont on ignore totalement l’instant précis d’apparition. C’est bien ce qui a justifié, sans coup férir, depuis le 12 juin 2018, l’interruption momentanée de Hostie.

La veille, le 11 juin, Justine, ma mère, a tiré sa révérence. Evénement certes attendu pour l’octogénaire. Mais, le moment, non. Je fais d’abord amendes honorables pour avoir rompu, durant 6 semaines et sans préambule, le rendez-vous qui était désormais le nôtre. Le décès et l’organisation des obsèques ont mobilisé toutes mes énergies…

Maintenant qu’elle repose dans sa dernière demeure, nous pouvons chanter Deo gratias. La vie reprend son cours normal à mon niveau. Je saisis cette rentrée pour exprimer ma gratitude à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont contribué à l’organisation des obsèques de Maman. Amadou Hampâté Bâ titrait un de ses contes en ces termes : « Il n’y a pas de petite querelle ». Il s’agissait de l’histoire d’une mère de famille grabataire qui réchauffait dans la case un feu en l’absence de son fils, maître des animaux domestiques. Le chien qui avait reçu la mission de sentinelle de la part du maître des lieux attirait l’attention du cheval, du bœuf, du bouc et du coq sur la nécessité de séparer deux lézards qui s’affrontaient sur le toit au-dessus du feu qui réchauffe la case. Chacun des animaux a usé de subterfuge en mettant son ego pour opposer au chien qu’il n’était pas l’animal indiqué qui doit séparer deux lézards qui se bagarrent. Dans la suite de l’histoire, les lézards sont tombés dans le feu provoquant un incendie qui a occasionné la mort de la vieille mère. Et pour diverses raisons, dans le rituel d’inhumation de la vieille mère, chaque animal a perdu sa vie. Le coq en premier, pour son sang qui doit panser les brûlures. Le bouc en deuxième pour le rituel de creusement de la tombe. Le cheval meurt du fait de l’épuisement. Puis, le bœuf pour la restauration des invités quarante jours après l’inhumation. Ils se rappelaient avant de soupirer qu’il n’y a pas de petite querelle. Ils auraient pu séparer les reptiles qui se combattaient et ils ne seraient pas sacrifiés en ce moment-là. Chers lecteurs, il n’y a pas de petite querelle. Mes excuses pour les rendez-vous manqués de façon involontaire.

A brûle pour point, nous n’avons pas pu nous prononcer sur certains sujets de l’actualité entre juin où se déroulait en Russie la Coupe du Monde et aujourd’hui, où l’actualité politique et sociale donne aussi de la matière. Nous reviendrons, avec beaucoup de recul, sur certains sujets qui rythmeront l’actualité les jours à venir.

Jean-Claude Kouagou