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bako_idrissou[1]
La mauvaise foi du Dg/Sonapra dénoncée

L’entêtement de l’Etat à ne pas payer à la Sodéco ses créances est source d’inquiétude pour les travailleurs. Face à la presse vendredi 27 février 2015 à la Bourse du travail, ils ont lancé un appel pressant au gouvernement, via le Directeur général de la Sonapra, afin que la société recouvre ses créances sans lesquelles, les salaires et les emplois deviennent de plus en plus hypothétiques.    

A la Société de développement du coton (Sodéco), rien n’est rose. C’est ce qu’a voulu signifier le bureau directeur du Syndicat libre des travailleurs de la Sodéco (Syltra-Sodéco) à l’opinion publique nationale. Ceci, à travers une conférence de presse qui a eu lieu le vendredi 27 février 2015 à la Bourse du travail. A en croire les membres de cette organisation syndicale, le personnel de cette société vit des moments difficiles du fait de l’immixtion du gouvernement dans la gestion de ses usines et de son personnel. Selon les conférenciers, le gouvernement crée d’énormes préjudices aux travailleurs et par ricochet à toute l’entreprise. Le Syltra-Sodéco dénonce surtout la mauvaise foi du gouvernement à ne pas respecter ses propres décisions portant réquisition des usines de la société. En effet, conformément à l’article 4 du décret n° 2014-003 du 10 janvier 2014, portant réquisition des usines de la Sodéco, ‘’la Sonapra, pour le compte de l’Etat béninois, versera à la Sodéco, la somme de soixante mille (60 000) francs Fca, par tonne de coton égrenée, dans un compte séquestre ouvert à cet effet’’. De même, l’article 5 du même décret a pris en compte les différentes rubriques des dépenses à effectuer dans le cadre de la campagne 2013-2014, déductibles des 60 000 F Cfa prévus à l’article 4 ci-dessus cité.

Question au gouvernement

 La question qu’on se pose est de savoir si le gouvernement a respecté les clauses de ce décret. Il fait le contraire de ce qu’il a écrit lui-même dans ce décret. Tout était déjà mal parti car, le compte séquestre, au sens propre du terme, devrait être issu d’une décision de justice sur accord des parties et ne doit être ouvert par aucune des parties jusqu’à la fin des opérations pour lesquelles il a été ouvert. Aussi, ce compte ne doit être fermé que par décision de justice avec l’accord des parties en conflit. « Le compte dont il s’agit ici n’a rien de séquestre, car ayant été ouvert unilatéralement par le gouvernement, sans l’accord de la Sodéco et géré par la Sonapra comme un compte courant personnel, tout simplement », déplore le Syltra-Sodéco. Il poursuit son réquisitoire contre l’Etat. « Quand il y a un compte dans lequel on effectue des dépenses pour une activité donnée, il est normal qu’à l’issue de cette activité que l’on puisse en faire le point. A cet effet, la Direction générale de la Sodéco a adressé plusieurs correspondances à mi-parcours et à la fin de la campagne à l’endroit du Coordonnateur des usines de la Sodéco, en la personne du Directeur Général de la Sonapra, en vue du paiement des factures à lui adressées dans le cadre des prestations d’égrenage. Ce dernier n’a fait que du dilatoire jusqu’à ce jour. Il a fallu que la Direction Générale de la Sodéco, par exploit d’huissier, lui adresse une correspondance datant du 18 novembre 2014, lui notifiant entre autres, qu’à défaut de règlement jusqu’au 28 novembre 2014, ‘’la Sodeco sera contrainte d’utiliser les voies judiciaires de recouvrement prévues par les textes en vigueur en la matière’’, avant qu’il ne reconnaisse enfin la créance de la Sodéco qui correspond à la somme totale de 14 332 194 450 F Cfa Ttc pour l’égrenage des 202 432,125 tonnes égrenées, sous réserve de la déduction des charges engagées dans le cadre de l’exploitation des usines ». Selon les travailleurs, à la date d’aujourd’hui, ni le point financier, ni le paiement de la créance ne sont effectués, du fait du Directeur Général de la Sonapra qui a prétexté dans un courrier du 02 décembre 2014 adressé à la Direction Générale de la Sodéco. Le contenu indique qu’un travail préalable est en cours afin de déterminer le niveau réel des dépenses engagées par la Sonapra. Faudra t-il encore le rappeler ? Le gouvernement, par un nouveau décret N°2014-533 du 25 août 2014, a décidé de la poursuite de la réquisition de l’ensemble des usines et leur personnel dans le cadre de la campagne cotonnière en cours, et ce, dans les mêmes conditions que la campagne précédente. Cela nourrit davantage de craintes dans le monde des travailleurs de la société. « Nos collègues d’autres usines d’égrenage de coton n’ont pas atteint ce niveau avant de voir leurs salaires abattus de moitié et leurs activités suspendues». Comme, on peut s’en rendre, ils ont peur d’être victimes de ce qui est arrivé aux autres. Mieux, pour cette nouvelle campagne, à la date du 10 février 2015, déjà 71 970 tonnes sont égrenées pour un coût de prestation d’égrenage s’élevant à plus de 4 milliards de francs Cfa. Cela prouve que la situation va de mal en pire.

 La preuve de la mauvaise foi

 A vrai dire, ces agissements du Dg Sonapra prouvent à suffisance que l’Etat agit par mauvaise foi, ignorant royalement les conséquences de ses actes. Ces dettes qui demeurent volontairement impayées par la Sonapra, constituent non seulement une grave menace pour l’emploi et le suivi des carrières mais également un frein pour la jouissance de l’ensemble des acquis sociaux des travailleurs de la Sodéco, en l’occurrence, ceux de la Direction Générale à Cotonou. Pour l’essentiel, on retiendra que le personnel de la Direction Générale est presque au chômage parce que contraint à l’inactivité depuis la prise du décret du 10 janvier 2014, portant réquisition de usines de la Sodéco et de leur personnel. Voici donc quatorze (14) mois que les salaires sont régulièrement payés aux travailleurs sans qu’ils aient mené les activités pour lesquelles ils sont payés durant tout ce temps. Pendant combien de temps nos autorités pourront faire preuve de bienfaisance et de philanthropie en continuant à payer les salaires ? « Qu’allons-nous devenir, nous et nos familles, s’il arrivait que nous perdions nos emplois ? », s’interroge le Syltra-Sodéco. Les syndicalistes sont inquiets pour l’avenir. A les en croire, 90% des travailleurs (jeunes) de la Sodéco risquent de perdre leur emploi. C’est cette raison fondamentale qui leur a valu le soutien indéfectible du secrétaire général de la Csa-Bénin, Dieudonné Lokossou. Celui-ci, lors de son intervention, a interpellé la clairvoyance du ministre de l’Agriculture. « Il faut que cette anomalie soit corrigée », lui a-t-il exigé. Le cas échéant, il menace de descendre, dans les tout prochains jours, à Parakou pour un gigantesque mouvement de protestation.

 AT