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ESSENCE-FRELATEMalgré l’uniformisation décrétée, on note quelques différences de prix du litre de l’essence frelatée d’un point de vente à un autre. Depuis quelques jours dans le département du Littoral, la guerre autour du prix de l’essence frelatée communément appelée « Kpayo » fait rage. L’Association des commerçants d’essence frelatée est en difficulté, car il n’est pas facile de mettre de l’ordre dans le secteur informel.

375/L ! C’est l’inscription que portent les bidons d’essence disposés aux abords des différents axes du département du Littoral. Du carrefour Abattoir au carrefour Sobébra, du carrefour de l’église Sacré-Cœur à Saint Michel, de la station Lègba à la Place de l’Etoile rouge, sur l’axe du rond point Toyota à la lisière de l’échangeur, le constat est le même. Le secteur semble ne plus être livré à l’anarchie. « Ils nous ont dit de vendre désormais l’essence à 375 francs Cfa le litre. Et c’est ainsi partout à Cotonou. Moi, je ne fais que suivre la tendance  », soutient gaiement dame Clémentine, installée sur le tronçon Abattoir – Sobébra, apparemment satisfaite de l’uniformisation. A côté, un conducteur de taxi-moto dans l’attente d’être servi, commente : « C’est du profit pour celles qui s’étaient suffisamment approvisionnées à moindre coût avant l’uniformisation ». Il faut croire que la mesure avantage tous les vendeurs d’essence frelatée. Tant le mot d’ordre est suivi ! Mais dame Léa fait croire qu’elle s’y conforme bon gré mal gré : « Que pouvait-on faire d’autre ? Les gens vous surveillent et sont prêts à vous créer des problèmes », lance-t-elle. On est alors en droit de nous demander comment un ordre illégal peut rendre ses décisions exécutoires. Si certains dérogent à cette harmonisation en toute discrétion, d’autres le font à visage découvert. Un tour sur le tronçon qui mène de la place de l’Etoile rouge à Okpè Oluwa et vous constaterez que l’essence y est vendue à moins de 375 FCfa. C’est bien affiché sur des pancartes. Plus loin, vers Gbédjromèdé, il est écrit souvent le chiffre 3… sur les étalages. Lorsque vous vous approchez d’eux, ils vous communiquent le prix réel qui est 325 ou 350 FCfa, selon le vendeur.

Gbèdjromédé : la résistance

A propos, si le quartier Gbèdjromèdé semble échapper à la réglementation, cela a une explication. « 350/L », c’est le prix observé aux points de vente du carrefour « Vodaphone » et alentours immédiats. Approchés, les commerçants de ces zones éludent toute interrogation. A en croire certains initiés du commerce du Kpayo, ce serait dû à la proximité de ces points de vente avec le lac Nokoué, circuit de transaction du Kpayo. La résistance de ces revendeurs est, sans doute, le signe d’une mésentente ou peut-être de ce que le prix fixé est trop élevé. Dans le département de l’Atlantique, le constat est le même : disparité du prix par endroit. A Godomey sur le long de l’échangeur, le prix de cession du litre est de 350 FCfa. Outre cette irrégularité, l’uniformisation de l’essence frelatée cache une autre réalité. Une réalité qui existait mais qui s’est dernièrement accentuée : l’authenticité des unités de mesure. Il n’est pas rare de trouver sur le long du tronçon Abattoir – Sobébra et partout ailleurs, des bouteilles à formes atypiques. « C’est vraiment un litre ça ? Change-moi cette bouteille », exige un conducteur taxi-moto dépité devant l’étalage de Dame Clémentine. A cœur ouvert, elle confie : « Il y a des clients qui exigent la bouteille de Saint James ou qui rejettent la bouteille de 5L et préfèrent qu’on leur serve l’essence litre par litre avec une bouteille normale».

Anselme Pascal Aguéhoundé