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Le pain est devenu de l’or dans le Zou

Depuis quelques jours, le pain n’est plus accessible à toutes les bourses sur les marchés du département du Zou.  Le prix du pain a connu  une augmentation due à plusieurs facteurs selon les pâtissiers. Du coup, consommateurs et  revendeuses se plaignent.

Pour avoir du pain dans son assiette dans le département du Zou, il faut désormais  saigner financièrement. Et pour cause, le prix de cet aliment a connu une hausse sensible. Précédemment vendu à 125 francs Cfa, le pain coûte actuellement  150 francs Cfa, voire plus par endroits. Pourtant le poids  demeure toujours de 160 grammes. Le hic,  est que la situation est seulement circonscrite  aux les villes d’Abomey et de Bohicon,  a en croire les déclarations de certains consommateurs. «Je pense que cette augmentation du prix du pain s’observe seulement à Bohicon et à Abomey parce qu’à Cotonou, le pain est toujours vendu  à 125 francs Cfa la baguette. Donc cette décision d’augmenter le prix est unilatérale», dénonce Paul Djissonon, l’un des consommateurs.  Ce point de vue semble confirmé par l’un des boulangers de Bohicon qui a requis l’anonymat. « Le prix de tout a augmenté. On ne sait plus  comment faire. On a tout essayé, ça ne marche pas  avec le prix de 125 FCfa. C’est pourquoi notre association de Bohicon a décidé d’augmenter légèrement le poids (168 grammes) et de le céder à 125 francs Cfa à la boulangerie », confesse-t-il. « Cette augmentation n’est pas de  notre faute.  Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous le faisons », renchérit un autre boulanger.  «Sous le régime Soglo,  le sac de  farine de blé était à 14000 francs Cfa. C’est depuis lors que le pain était  livré  à 125 francs Cfa la baguette sur le marché. A la boulangerie, il coûtait 112 FCfa. Aujourd’hui le prix d’achat de la farine de blé a flambé. Nous sommes obligés de faire le prix qu’on veut », déclare  Jean Vignigbé, boulanger à Bohicon. Selon Maurice Sèhlan, président de l’Association des boulangers du Zou et  Collines, l’augmentation est due  à la hausse du   prix des matières premières que sont la farine de blé et la levure. Cela est dû à l’en croire, à la fois, à la rareté de la farine de blé, au silence du gouvernement et à la conjoncture économique. 
 Plus de 50% du blé importé de la Turquie
 « Le sac de 25 kg de farine de blé qui était à 16.000 francs  Cfa  est passé à 25.000F voire  30.000 francs Cfa. Il en est de même pour la levure. Face à une telle situation,  on n’a pas le choix. A ce prix on n’a pas encore outrepassé le prix imposé par l’Etat », note le président des boulangers du Zou et des Collines. Dans cette crise, les promoteurs de boulangeries sont confus. « Nous   voudrions que le gouvernement  nous écoute,  parce qu’il n’a pu répondre à aucune des correspondances adressées à  notre ministère de tutelle. Normalement,  le prix du pain doit être fixé  en fonction  du prix de la farine. Mais tel n’est malheureusement pas le cas», déplorent Maurice Sèhlan.  Gatien Adjagboni, président de l’Association nationale des propriétaires et exploitants de boulangeries et pâtisseries du Bénin (Anapeb) n’est pas du même d’avis.
 Une baisse de la Tva
 Reçu récemment sur les plateaux de la Télévision nationale, il a expliqué que n’est  la situation n’est due  ni  aux acteurs du secteur boulangerie, ni au pouvoir central, en particulier le ministère de l’industrie et du commerce. A en croire ses déclarations, il s’agirait d’une grève dans un port de transbordement en Europe qui est en la cause. Il suggère  que des voix autorisées interpellent ces compagnies maritimes,  afin d’identifier les mesures prises pour honorer leur engagement en termes de délai de livraison sur le Port de Cotonou. Selon lui, plus de 50% du blé importé au Bénin quitte la Turquie, un pays qui, depuis peu, connaît des mouvements d’instabilité politique. «Nous avions déjà saisi le ministre du Commerce et de l’industrie pour des actions diligentes», déclare le président de l’Anapeb. Gatien Adjagboni a assuré qu’un stock de farine sera disponible d’ici la semaine prochaine. Ce  stock, a-t-il précisé, sera  limité, car  déjà entièrement payé par certains grossistes. « Le pain étant un produit de première nécessité, il faudrait que,  désormais,  le prix à l’importation  soit recadré par le pouvoir central.», préconise le président de l’Anapeb. Il souhaite également que la Tva sur le sac de farine de blé, soit revue à la baisse, pour se conformer à celle de  la sous-région.
 
Zéphirin Toasségnitché