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On vous l’avait bien dit, et on vous le redit encore une fois :  » La vie est une maladie dont on ne sort jamais vivant ». Donc, mieux vaut faire comme votre oncle AGBAYA, et ne jamais être sérieux. Mon bon vieux cousin, ex-compagnon de virées nocturnes à moto rouge, et de tournées des cabarets de Tchoukoutou, ex-grand camarade de lutte des années braise et de baise (du peuple) de la Révolution, s’en est allé mercredi. A pas de caméléon (nul n’est pressé pour cette destination), il a réussi à éteindre, si on doit en croire son acte officiel de naissance, 82 harmattans.

         Cependant, nous ses vieux compagnons, savons qu’il en a bien plus, depuis ce temps où il a vu, sidéré, un homme Blanc se mettre à l’aise dans la brousse une première fois. Il avait témoigné plus tard qu’il ne pensait pas que les peaux Blanches aussi pouvaient faire caca ! En tout cas, nous ses amis, avons fini par croire que lui, Mathieu KEREKOU, était devenu immortel; tant il a traversé le temps et changé de couleurs ! Mais, il est vrai que depuis quelques temps, il ne suivait plus notre bonne et vieille thérapie du fond de la bouteille, qui continue de me maintenir moi, votre oncle, et j’espère encore pour quelques temps jusqu’au départ de votre YINWE national. Car, depuis le mercredi dernier, il ne reste que moi pour vous protéger de notre Yayi contre lui-même…

           Mon vieux cousin le caméléon, à quelques quatre petits mois et demi de la fin, n’a apparemment pas pu tenir, surtout quand il a appris que YAYI s’est tapé un nouvel hélicoptère, il a préféré aller continuer de se marrer au Ciel. Et déjà depuis mercredi, le soir de son départ, il doit être dans une franche rigolade, en voyant YAYI au journal de 20H en veste bleue claire (il n’y avait personne pour lui dire qu’au Bénin, c’est un costume sombre qui sied), annoncer le deuil. Pire, c’est un faux deuil illégal d’une semaine qu’il a décrété, parce que c’est en Conseil des ministres que cela devrait être fait. C’était ainsi de temps jadis si lointain où mon cousin de KOUARFA était aux affaires. YAYI n’a tenu aucun conseil, mais tout comme Louis XIX, l’Etat c’est lui !

           Et puis, adorant squatter ou vampiriser l’émotion des Béninois, il va essayer, à l’occasion de l’inhumation du vieux Kaméléon, de frapper encore un grand coup à la Cardinal Bernardin GANTIN. Tout comme le prélat, le prestigieux de cujus, père de notre démocratie, mérite bien d’être immortalisé à travers un lieu ou une infrastructure importante. Mais, tout le monde croise les doigts. YAYI est capable pour juste le plaisir de surprendre, baptiser notre port : « PORT AUTONOME MATHIEU KEREKOU » ! On entend déjà d’ici, les protestations de mon neveu NOUDJENOUME et compagnie; mais c’est du Philippe aboie la caravane des hommages vrais, hypocrites, opportunistes ou sincères passe… En attendant la surprise du chef YAYI, trinquons pour souhaiter bonne route au caméléon pour atteindre Dieu qu’il a cherché les dernières décennies de sa vie dans la Bible et en compagnie de pasteurs quelquefois pharisiens comme il y en a aujourd’hui abondamment au domicile et autour de l’autre.

       Je vous l’avais bien dit, il n’y a pas que les femmes de DASSA à MALANVILLE qui soient toutes BEHHH pour YAYI, lui-même, parfois, devant les grands deuils, paraît bien MEUHH…

 Ne pleurez pas les enfants …A la prochaine !

 Votre Oncle AGBAYA