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hostie..Chenapans au pilori

 Les pharmaciens béninois étaient les pires chenapans que le pays ait connus. La cupidité avait gangrené leur système génétique au point qu’ils se sont fichus de leur serment. Des citoyens assermentés qui opèrent allègrement,  frauduleusement et courageusement sur des matières censées guérir leurs semblables ont atteint un niveau d’immortalité inqualifiable.

Des grossistes répartiteurs de produits pharmaceutiques, qui savent, du fait de leur formation initiale, qu’un médicament est une combinaison de molécules diverses associées à des doses convenables pour agir efficacement sur l’organisme, ont commis pendant de longues années le péché originel. Autant les crimes odieux qui se commettent en ce moment par des individus sans foi ni loi sous la bannière de la divinité Kinninsi, sont condamnables, autant le crime de la bande structurée des pharmaciens, mérite châtiment en raison de ce qu’ils sont légalement commis à la tâche. Les pharmaciens  sont condamnables parce qu’ils ont fait l’option de charrier une population qui ignore tout de leur magouille. Les pharmaciens sont plus condamnables que les cybercriminels qui font tomber crapuleusement une à une des vies humaines, parce qu’ils ont choisi de tuer un peuple sans tambour ni trompette. Ils sont condamnables devant le tribunal divin parce qu’ils jouent avec le niveau de pauvreté des citoyens.

Si certains patients, compte tenu de leur pouvoir économique, ont confié leur santé à des pharmacies de contrebandiers dont la figure emblématique a nom Mohamed Atao Hinnouho, d’autres par contre faisaient naïvement confiance aux pharmacies formelles croyant s’assurer de la qualité des produits qu’ils achetaient. Tout le monde est aujourd’hui convaincu que la quasi-totalité des produits vendus dans les pharmacies légales dont les enseignes, outre le nom commercial portent la signature d’un docteur-pharmacien, est douteuse. Le leurre longtemps entretenu s’est révélé à la face du monde. N’eut été la vigilance du gouvernement du président Patrice Talon, qui a fait de la lutte contre les faux médicaments l’un de ses chevaux de bataille, le pot aux roses ne serait pas encore découvert. Pendant encore de longues années, ces Chenapans auraient décimé tout un peuple. A la rencontre avec le président Patrice Talon vendredi 30 mars 2018, les Chenapans sont passés aux aveux. Ils ont fait leur mea-culpa et utilisé le pathos pour toucher la sensibilité du chef de l’Etat. L’objectif a été atteint puisque le président Talon a aussitôt déclaré être ému.

Cependant, s’il est vrai que Dieu ne veut pas la mort du pécheur, il est aussi vrai qu’à défaut de sanctionner avec la dernière rigueur, le père de la Nation doit, tout au moins, demander réparation de préjudice. En cela, Talon doit faire rendre gorge. Dans cette optique, après avoir traduit les réformes de ce secteur en réalité, un mécanisme doit contraindre tous les pharmaciens à honorer pendant un mois, à la place des patients, leurs ordonnances. Ils n’ont que trop fait fortune dans l’illégalité totale. Faire rendre gorge est aussi justice.

 Jean-Claude Kouagou