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hostie..Talon, l’Opj

 Qu’importe la tendance politique à laquelle on appartient : mouvance, opposition ou centre. Qu’importe qu’on lui voue une admiration ou qu’on le déteste farouchement. Qu’importe qu’on le porte dans son cœur ou qu’on lui exprime une antipathie légendaire et inexplicable. Qu’importe qu’on soit en concordance ou en discordance avec ses méthodes d’action que les artisans de son avènement et autres thuriféraires de son système qualifient de courageuses et que les opposants trouvent malveillantes et brutales. Il faut reconnaître à Patrice Talon sa qualité d’Officier de police judiciaire.

L’Officier de police judiciaire est en effet, l’agent investi de pouvoir public pour fouiner et renseigner le parquet sur un crime de sang ou économique. L’Opj fait ce qui est couramment désigné par « enquête préliminaire. » Dans la ténébreuse affaire de vente de médicaments d’origine douteuse dans les pharmacies officielles, le chef de l’Etat a parfaitement confondu les acteurs de la filière des médicaments. Organisés en bande de gangsters, les pharmaciens et leurs partenaires que sont les grossistes répartiteurs ont introduit dans le système un cancer. Ce cancer n’est rien d’autre que la fraude. Pêle-mêle, des pays tels que le Congo, l’Inde, le Togo, la Côte d’Ivoire ont été cités comme fournisseurs de médicaments au Bénin. New Cesamex a été présentée comme une entreprise de droit congolais. L’ensemble du dossier était plus qu’un écheveau qu’il fallait démêler. Pour ce faire, il fallait un homme de la trempe de Patrice Talon. En effet, le président a d’abord réussi à réunir les acteurs autour de sa personne. Il ne s’est pas présenté devant ses interlocuteurs en total profane. Il avait des informations irréfutables sur le secteur qui favorisaient une excellente enquête préliminaire.

Le rapport administratif de la séance de travail très édifiante qu’il a eue avec les pharmaciens devrait être versé au dossier judiciaire, tant la séance favorisait la manifestation de la vérité. Très tôt, le chef de l’Etat a évité de se faire rouler dans la farine. A son avis, il ne fallait pas se fier au discours apprêté pour être délivré. En connaisseur, Patrice Talon a mis ses interlocuteurs dans le décor en exigeant d’eux d’être naturels. Ce fut une injonction qui a mis en déroute les professionnels du médicament. « Passez-vous de la lecture des documents. Exprimez-vous librement. Laissez parler votre cœur. Ainsi on est plus sincère », a ordonné le président de la République. Certains, pris de panique, ont perdu leur latin. Mais le plus important, c’est les contradictions déconcertantes auxquelles se sont livrés les pharmaciens. Cela provoquait le sourire du premier magistrat. Ceux d’entre la fripouille qui se croyait trop intelligents pour entretenir les contrevérités ont très tôt pris conscience de leur supercherie. Les pharmaciens qui se sont fait des couilles en or sur le dos de braves citoyens ont été poussés dans leur dernier retranchement au point d’avouer qu’ils étaient des assassins qui tuaient dans le silence une population dont la confiance a été abusée.

Pour en arriver à cet aveu, c’est avec finesse que le président de la République a conduit les débats. Il distribue la parole aux acteurs, relève les insuffisances et les contradictions, les relance, et leur oppose des preuves. Hébétée, toute la clique censée approvisionner les pharmacies en produits de normes internationalement admises, a eu la queue entre les jambes. Et de façon placide, ils ont demandé pardon. Ils ont même demandé au chef de l’Etat, au mépris des principes de séparation de pouvoirs, d’interférer dans la procédure judiciaire pour « accélérer l’aboutissement du dossier » scabreux. Cela n’est nullement du ressort du président de la République, quand bien même ils ont touché sa sensibilité. Talon a été lucide en le leur faisant savoir.

 Jean-Claude Kouagou