Spread the love

hostie… Encore plus nationaux

 La pagaille, le favoritisme, le laxisme et la complaisance qui jadis s’observaient dans les établissements privés d’enseignement supérieur n’ont plus cours depuis un an. Le régime des réformes du président Patrice Talon s’est préoccupé de l’organisation, de la gestion et de la délivrance des diplômes de Licence et de Master. Au terme de l’année académique 2016-2017, les étudiants en fin de cycle de la Licence ont confronté leurs connaissances aux épreuves d’évaluation nationale. En raison des difficultés de gestion des épreuves des nombreuses filières professionnelles, les étudiants en fin de cycle du Master n’avaient pas pu composer à la session de 2017.

Mais pour l’année académique 2017-2018, les petits plats semblent avoir été mis dans les grands pour que tous les niveaux composent. Par communiqué radio N°0959/Mesrs/Dc/Sgm/Daf/Ct-Aapds/Dges/Depes/Dec/Sa, du ministre de l’enseignement Supérieur et de la recherche scientifique, Marie-Odile Attanasso, les étudiants en fin de cycle de la Licence et ceux en fin de cycle du Master ont été conviés à s’inscrire du 11 juin au 31 juillet 2018, au registre des candidats pour la session de septembre et d’octobre 2018.

La réforme, au regard des insuffisances certaines qui livraient sur le marché de l’emploi des cadres tarés et totalement incompétents, est salutaire. Seulement, pour des examens véritablement nationaux, il faut que l’Etat fasse encore plus d’efforts. Car, il est indécent que l’on parle d’examens nationaux et qui en réalité sont réservés pour les uns et non pas pour les autres. Autant les établissements privés d’enseignement supérieur se sont illustrés dans la pagaille, autant des établissements publics des universités nationales du Bénin font du favoritisme et produisent les mêmes types de cadres incompétents et tarés. Il est aussi indécent que dans la même République, des examens nationaux soient réservés seulement au secteur privé. Cela tend à friser la discrimination. Et pour corriger le tir, il faut étendre les examens dits nationaux à tous les établissements d’enseignement supérieur, qu’ils soient du secteur public ou du secteur privé. Il en est ainsi d’ailleurs des examens du Cep, du Bepc, du Bac et même du Brevet de technicien supérieur (Bts).

Il est reconnu que le plus prestigieux des diplômes béninois se révèle être celui du Bac, du point de vue du niveau de la sécurité qui entoure l’organisation intégrale, la phase de correction des copies des candidats jusqu’à la délibération finale. Pour rendre encore plus nationaux les examens pour l’obtention des diplômes de la Licence et du Master, il faut soumettre tous les candidats aux tests. Afin de garantir une bonne organisation de ces examens nationaux, il faut, à l’image de l’Office du Baccalauréat, créer deux Offices dont les attributions seraient de capitaliser les expériences en cours et de pérenniser les examens nationaux. En rendant systématiques les examens nationaux pour tous, chaque étudiant et chaque auditeur saurait à l’avance, qu’en fin de cycle, un examen national l’attend et que les notes obtenues en amphiet même la brillance de la soutenance du Mémoire qui précède l’examen, ne sont nullement gages de sa réussite à l’examen au terme duquel le parchemin est délivré.

A défaut de créer deux Offices ayant respectivement à charge l’organisation et la gestion de chaque examen national, il faut alors confier les attributions de tels organismes à la Direction des examens et concours de l’enseignement supérieur avec des moyens humains conséquents et une logistique adéquate. A ces conditions, l’on peut espérer des examens nationaux intégraux,compétitifs et équitables qui comblent les attentes des réformes engagées.

 Jean-Claude Kouagou