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hostieL’iconique Winnie !

 Winnie Mandela, l’ex épouse Nelson Mandela a tiré sa révérence le 02 avril 2018. Née le 26 septembre 1936, elle est une femme politique sud-africaine, membre et militante du Congrès national africain (Anc). De son vrai nom Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela, Winnie Mandela a joué un rôle de sauveteur auprès de son ex époux dans les pages sombres de l’histoire de l’Afrique du Sud. Il faut s’en convaincre avec Mariama Ba, lorsqu’elle soutient que « derrière chaque grand homme se cache une femme méritante ». Elle travaille d’abord dans l’administration du bantoustan du Transkei, puis s’établit à Johannesburg. Elle a été, de 1957 à 1996, la deuxième épouse de Nelson Mandela, président d’Afrique du Sud. Séparée de fait de son mari dès 1992 et bien que mariée à lui jusqu’en 1996, le rôle de Première dame d’Afrique du Sud lui a échappé au profit d’abord de l’une de ses filles puis de Graça Machel.

Sur le plan intellectuel, Winnie a passé un diplôme de travailleur social à l’école de Johannesburg et a obtenu une licence de relations internationales de l’université du Witwatersrand. Sa vie va se confondre à celle de Nelson. En effet, elle rencontre Mandela, figure de proue de l’Anc, et devient sa femme. Elle émerge rapidement comme une icône de la lutte anti-apartheid durant les longues années de prison de son mari (août 1962-février 1990). Durant cette période, elle est assignée à résidence et n’est autorisée à rencontrer son mari que deux fois par an, tous les six mois, à la prison de Robben Island, près du Cap.

Surnommée « la mère de la nation », le discours de Winnie Mandela évolue vers le radicalisme. Sa réputation est endommagée quand elle endosse le slogan « un boer, une balle » mais surtout quand, dans un discours le 13 avril 1985 elle justifie le supplice du pneu enflammé autour du cou des « traîtres » noirs. « Avec nos boîtes d’allumettes et nos pneus enflammés, nous libérerons ce pays ». Durant la période de transition vers une démocratie multiraciale, son discours est nettement moins conciliant que celui de son mari envers la minorité blanche. En avril 1992, Nelson Mandela annonce sa séparation de sa femme et met fin à leurs 38 ans de mariage. Le divorce est prononcé en mars 1996.

Après la séparation, Winnie Mandela prend alors le nom de Madikizela-Mandela. De 1993 à 1997, elle préside la ligue des femmes de l’Anc. En mai 1994, elle prend part au premier gouvernement postapartheid de son mari en tant que Vice-ministre des Arts, de la culture, de la science et des technologies. Elle doit démissionner onze mois plus tard, à la suite d’accusations de corruption. Elle reste populaire auprès de la base radicale de l’Anc, celle qui refuse la collaboration du gouvernement noir avec les colons blancs. En décembre 1997, elle renonce à sa candidature à la Vice-présidence de l’Anc après de nouvelles révélations sur son implication dans le meurtre de Stompie Seipei Moketsi devant la Commission vérité et réconciliation présidée par l’archevêque Desmond Tutu.

En mars 2010, Winnie Mandela fustige la politique menée par son ancien mari lors de sa présidence. Elle lui reproche d’avoir accepté de partager le prix Nobel de la paix avec Frederik de Klerk et l’accuse d’avoir donné son accord à un mauvais arrangement et ainsi « d’avoir laissé tomber les Noirs et d’avoir favorisé l’économie blanche ». Elle critique également la Commission de la vérité et de la réconciliation. En 2013, elle déclare : « L’année prochaine, nous irons aux élections mais je ne sais pas ce que nous, en tant qu’Anc, pourrons dire au peuple. Nous aurons un bilan qui nous enlèvera toute crédibilité. C’est cette femme de caractère qui n’est ni ange ni démon qui est passé dans l’au-delà le 2 avril 2018. Rest in peace and Rise in power, Winnie.

Jean-Claude Kouagou