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hostie..Conspiration ou plaisanterie ?

 Ite missa est ! Ainsi la messe de Djeffa a été dite samedi 14 avril 2018 dans l’un des poulaillers climatisés de Sébastien Ajavon. De grandes figures du pays ont pris part à cette eucharistie sous les yeux larmoyants de l’ancien président Yayi Boni. Il est encore temps de s’attarder sur les motivations réelles d’un tel conclave. Si pour les hôtes de Sébastien Ajavon, le pays va mal, il faut se poser la question de savoir pourquoi il va mal et si mal ? Quelle a été la responsabilité personnelle et collective de ceux qu’il convient d’appeler désormais les « Djeffamen ? » L’histoire encore récente du pays renseigne que les Djeffamen tentent de sceller un gentlemen’s agreement. Pour quelle fin ? Pour déstabiliser le pays des Béhanzin, de Kaba, de Toffa ? Ou bien s’agit-il d’une simple partie de récréation ?

D’après le président Nicéphore Soglo, ancien maire de la municipalité de Cotonou, Yayi Boni, son coéquipier d’aujourd’hui, était à l’origine du ma-laise qui l’a amené à conclure que la démocratie béninoise était en danger. Voici le réquisitoire prononcé à cet effet sur Rfi en mars 2008. « Depuis quelques temps, dans notre pays, à notre grande surprise, l’homme que nous avons aidé vraiment à succéder à Mathieu Kérékou ne croit absolument pas à la démocratie. Alors on est stupéfait. Hier un universitaire du Togo a dit sa surprise de voir à quel point les programmes de la télévision nationale du Bénin ressemblaient comme deux gouttes de larmes à ceux de la télévision togolaise au temps béni d’Eyadema Père. C’est un one-man-show permanent sur les quatre chaînes de télévision. On ne nous montre que des soutiens apportés au chef de l’Etat, meetings, marches, messes, création de groupuscules. .. Vous savez que le Togo nouveau du temps d’Eyadema-Père, la nouvelle marche du temps d’Eyadema-Père, le Timonier, le guide, tout ce qui venait du Zaïre, eh bien, on a le sentiment que nous avons repris tout cela à notre compte. Nous n’avons pas un guide, un timonier, mais nous avons un messie. Alors on se frotte les yeux et on se demande « ça se passe ici dans notre pays ? » Eh bien, il a un peu le complexe d’Œdipe : tuer le Père pour exister. »

Les Béninois sont stupéfaits de savoir après ce sévère réquisitoire que Nicéphore Soglo et Yayi Boni, deux hommes d’Etat aux styles opposés, s’associent pour défendre les mêmes causes sur le champ de la démocratie. Il est aussi évident que sous le président Soglo, l’installation de la Cour constitutionnelle, la plus Haute juridiction, n’a été possible que sous pression populaire à partir de 1993. Il lui est opposable sa volonté de ne pas accepter le verdit de la Haute juridiction qui s’apprêtait à rendre public en mars 1996 les résultats de l’élection présidentielle donnant gagnant son adversaire politique Mathieu Kérékou. Maurice Ahanhanzo dont le domicile a été criblé de balles est un monument vivant qui en garde de tristes souvenirs. La nationalité béninoise du premier président de la Cour constitutionnelle, Elisabeth Pognon, a été contestée par Nicéphore Soglo.

Si les prises de position politique du président d’honneur de l’Union sociale libérale, Sébastien Ajavon, sont compréhensibles, celles d’anciens chefs d’Etat qui s’associent à lui, pour des luttes qui ne relèvent plus de leur statut, sont incompréhensibles. De même qu’il est incompréhensible que le frère Melchior soit sorti de son Monastère, lui qui par le passé a rendu la vie dure à Nicéphore Soglo. Le regroupement des Djeffamen ressemble à un panier de crabes, car regorgeant des personnalités aux intérêts divergents. Seulement, ils sont si vertueux qu’on ne saurait penser comme Pierre Péan que des malles arrières aient été chargées de mallettes.

 Jean-Claude Kouagou